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Les syndicats boycottent les traditionnelles rencontres du 1er mai



Tea Frogier, ministre du Travail, et Jacques Raynal, ministre des Solidarités, ont reçu les deux seules délégations qui sont venues aux traditionnelles rencontres du 1er mai entre le gouvernement et les syndicats. Les autres organisations de salariés ont boycotté la rencontre… Tout comme le Président du Pays. Il semble bien difficile d'engager le dialogue social en cette période pré-électorale.
Tea Frogier, ministre du Travail, et Jacques Raynal, ministre des Solidarités, ont reçu les deux seules délégations qui sont venues aux traditionnelles rencontres du 1er mai entre le gouvernement et les syndicats. Les autres organisations de salariés ont boycotté la rencontre… Tout comme le Président du Pays. Il semble bien difficile d'engager le dialogue social en cette période pré-électorale.
PAPEETE, le 1er mai 2018 - Six syndicats étaient invités à la Présidence ce matin pour présenter leurs doléances au gouvernement, une tradition du 1er mai. Seuls les syndicats de l'enseignement et l'une des deux directions de la CSTP-FO étaient présentes, les autres organisations de salariés ont boycotté la rencontre.

Deux mois après le retrait du projet de réforme des retraites du gouvernement, les relations entre les syndicats et le pouvoir sortant sont toujours au plus mal. Ce lundi, le Tapura Huiraatira publiait même un communiqué de presse explosif, accusant l'intersyndicale de préparer des émeutes et de manœuvrer pour favoriser Gaston Flosse... Ce que les concernés contestent. Du coup, l'intersyndicale a boycotté les traditionnelles rencontres du 1er mai entre le gouvernement et les organisations syndicales.

Deux délégations ont malgré tout répondu à l'invitation. La première rassemblait les représentants des salariés de l'éducation, UNSA et STIP/AEP, qui ont présenté leurs doléances très précises sur le statut et les conditions de travail des instituteurs, professeurs et agents de l'éducation (voir interview).

La CSTP-FO plus divisée que jamais

L'autre délégation était plus surprenante, puisqu'il s'agissait de l'un des deux bureaux parallèles de la CSTP-FO. Vous le savez, le premier syndicat de salariés de la Polynésie (33 % des voies aux élections professionnelles de 2017) est en plein milieu d'une dévastatrice guerre interne. Le secrétaire général de l'organisation, Angélo Frébault, ayant rejoint la liste du Tahoeraa, des dissidents proches de Mahinui Temarii le considèrent démissionnaire d'office et ont élu Jean-Paul Urima comme secrétaire général par intérim à sa place.

Sauf que les proches d'Angelo Frébault ne reconnaissent pas cette nomination et considèrent que c'est la secrétaire générale adjointe de l'organisation, Mireille Duval, qui assure l'intérim jusqu'au prochain congrès qui élira un nouveau secrétaire général, d'ici trois mois… Chacun justifie sa position avec les statuts de la confédération. C'est la justice qui tranchera dans 15 jours.

En attendant, la confusion règne. Une partie de la CSTP-FO était ce mercredi matin avec le reste de l'intersyndicale à la stèle de Pouvana'a a Oopa, boycottant les rencontres avec le gouvernement. Pendant ce temps, Jean-Paul Urima et Mahinui Temarii rencontraient le gouvernement pour lui assurer que la CSTP-FO était désormais ouverte au dialogue sur la réforme de la protection sociale.

Le gouvernement assure le service minimum

De toute façon, les délégations présentes n'ont même pas pu présenter leurs requêtes au président sortant, Édouard Fritch. Ce dernier a cédé la place à Tea Frogier, sa ministre du Travail, et à Jacques Raynal, ministre des Solidarités. L'explication officielle est que ces deux ministres ne se présentent pas aux élections de dimanche, alors que le reste du gouvernement reste sur son devoir de réserve… Mais on pourrait penser que le boycott de ces rencontres traditionnelles du 1er mai n'était pas à sens unique.

Bizarrement, après les rencontres, les deux ministres présents ont eux-aussi fui les questions de la presse sous le même prétexte pré-électoral. Clairement, le précieux temps de parole officiel ne doit pas être gaspillé à discuter du désastreux état actuel du dialogue social… Alors même que de nouvelles négociations sur la réforme de la PSG devront être engagées dès la fin des élections.


Diana Yieng Kow, secrétaire générale UNSA Education et STIP/AEP

Quelles étaient vos doléances aujourd'hui ?
Oui, dans le courrier d'invitation le gouvernement nous proposait de déposer notre liste de revendications. Elles sont à tous les niveaux. D'abord dans la filière éducative "fonction publique du Pays", nous demandons la création de la catégorie A, pour l'instant c'est la seule filière qui n'en a pas. Nous avons aussi demandé à revoir le rythme de la journée scolaire. Au moins dans les îles nous voudrions que l'on change le rythme scolaire pour que les enfants commencent plus tôt et n'aient cours que le matin, en équilibrant dans la semaine. Là ils ont cours jusqu'à 15h30, quand il fait très très chaud et que c'est insupportable. Nous voulons juste revenir à un système qui existait avant.

Ensuite, les conditions de travail et d'apprentissages sont loin d'être optimales dans certains établissements. Je pense que le constat est flagrant. Dans notre liste de doléances nous parlons aussi des emplois administratifs, des fermetures à tout va, du manque de remplaçants, de l’absence de CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail)… En fait nous avons tiré la sonnette d'alarme parce que dans certains établissements ça va être chaud à la rentrée prochaine.

Concernant la réforme de la PSG, vous assurez ne pas vouloir devenir affiliés à la CPS. Pourquoi ?
Donc seuls les fonctionnaires d’État sont concernés. En fait nous sommes très biens à la sécurité sociale. Nous avons eu vent qu'il y avait une intention de nous mettre à la CPS, mais nous réaffirmons notre volonté de rester à la sécurité sociale. Nous travaillons déjà plus longtemps comme en métropole, mais pour une meilleure retraite, ça nous convient. Et il ne faut pas oublier que nous payons la CST depuis 2013 pour financer la solidarité, nous avons payé 2,5 milliards.

Pour la fonction publique du Pays, ils sont concernés par la réforme des retraites donc nous voulons discuter avec eux et rester vigilant sur les réformes en cours.

Angelo Frébault répond au Tapura

Le secrétaire général en retrait (ou démissionnaire d'office selon les personnes) de la CSTP-FO nous a fait parvenir un communiqué répondant aux accusations du Tapura. Il y affirme que la rencontre de vendredi dernier n'avait pour seul but que de discuter des suites à donner au mouvement social de mars si le Tapura venait à gagner l'élection de dimanche pour reproposer la même réforme de la PSG que celle qui a levé les syndicats contre elle, soit un départ à la retraite à 62 ans avec 38 annuités de cotisation.

Le syndicaliste devenu homme politique conclut que "Ce parti ne prend pas ses responsabilités et rejette la faute sur les autres ce qui est facile à faire. (…) Voici le vrai visage du Tapura Huiraatira, se cacher derrière des mots et des phrases et rejeter ses responsabilités sur les autres et toujours ne rien faire dans le sens des salariés et encore plus fortement ne rien faire dans le sens du peuple polynésien."

Jean-Paul Urima, secrétaire général par intérim (contesté) de la CSTP-FO

Comment s'est passée cette rencontre ?
Dans un esprit très convivial et cordial, nous avons beaucoup échangé et les discutions ont été très intéressantes. Nous avions un cahier de doléances de 12 points à soumettre au gouvernement aujourd'hui, ce que nous avons fait. Parmi elles figure le dossier de la PSG. Nous avons un peu déblayé le terrain par rapport à ce dossier. Il ne s'agissait pas de dévoiler toutes nos propositions, mais le gouvernement était très attentif à nos souhaits.

Vous souhaitez donc revenir à la table des discutions ?
Nous sommes dans une démarche constructive. Nous allons revenir à des fondamentaux beaucoup plus sains, on va dire, du syndicalisme. Il faut arrêter les contortions inutiles et surtout tous ces enfantillages auxquelles nous participons depuis quelques temps.

Vous vous distancez de l'intersyndicale ?
L'intersyndicale est un non-sens. L'intersyndicale ne s'opère que lorsqu'il y a des sujets communs à défendre par rapport à la situation des salariés, mais parler d'intersyndicale chaque fois qu'il y a du remue-ménage, c'est un non-sens. Il faut quand même savoir que la CSTP-FO est une fédération tout à fait autonome.

Auriez-vous géré différemment qu'Angélo Frébault les négociations et le conflit social de ces trois derniers mois ?
Vous savez, je suis un homme de dialogue. A partir du moment où le dialogue n'est pas rompu, il faut continuer. Nous devons quand même être des personnes responsables.


Rédigé par Jacques Franc de Ferrière le Mardi 1 Mai 2018 à 15:37 | Lu 3320 fois






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