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Coprah : Le rapport qui veut secouer le cocotier



Tahiti, le 15 décembre 2019 - Tahiti Infos s’est plongé dans le massif et ambitieux rapport sur le dispositif de soutien des prix du coprah qui vient d’être rendu public par l’assemblée de la Polynésie française, à la suite d’une longue mission d’information sur cette filière « structurellement déficitaire » mais jouant le rôle d’un amortisseur social dans les îles. Le rapport préconise de réformer progressivement le secteur avec une réorganisation administrative et surtout une diversification de la filière.
 
Après les évasans internationales et la médecine scolaire, l'assemblée de la Polynésie française (APF) a achevé une nouvelle mission d'information sur le dispositif de soutien des prix du coprah. Le rapport des représentants Antonio Perez et Tepuaraurii Teriitahi examine en profondeur une filière tenaillée entre un objectif social de soutien aux îles éloignées et des problèmes de rentabilité économique. La mission d'information, créée en octobre 2018, s'est intéressée au fonctionnement d'un dispositif de soutien « dédié aujourd’hui au soutien d’une activité économique structurellement déficitaire » faisant l'objet d'un soutien public important d'environ 2,2 milliards de Fcfp de fonds publics par an « au principal motif de garantir aux populations des îles un revenu du travail plus équitable » alors que la filière « peine à s’inscrire dans la pérennité ».
 
Un peu plus d'un an plus tard, le rapport, massif, s'attache à vouloir « développer ce cercle économique plus vertueux » et propose pour ce faire une réforme progressive du dispositif existant, autour de quatre axes principaux, déclinés en 47 préconisations. Les quatre axes ainsi dégagés après un an d'auditions, de visites sur le terrain et d'analyses en tout genre portent sur l'amélioration de l’organisation et la gestion de la filière cocotier, la diversification de la filière cocotier par l’émergence de nouvelles activités à plus forte valeur ajoutée, un soutien garanti aux coprahculteurs et le développement de partenariats communaux, nationaux et internationaux. Difficile de résumer avec exhaustivité les propositions faites qui s'articulent principalement autour d'un plan de valorisation de la filière avec la mise en place d'« une nouvelle et nécessaire organisation administrative » et « l’émergence de nouvelles activités à plus forte valeur ajoutée ».

Caisse fermée, Huilerie changée, service créé

Des constats et de préconisations qui recoupent pour partie celles déjà effectuées par la Chambre territoriale des comptes en 2017, année au cours de laquelle la juridiction financière avait pointé du doigt la nécessité d'une « gestion exigeante et rigoureuse » de l'Huilerie de Tahiti et le besoin de transparence de la Caisse de soutien des prix du coprah (CSPC). Des problèmes de visibilité sur l'activité d'une filière dans laquelle les données sur le nombre de coprahculteurs et leurs production restent une énigme (voir encadré) et ce, alors que le conseil de ministres vient encore de porter secours, la semaine dernière, à l'Huilerie de Tahiti en lui accordant une avance en compte courant de 670 millions de Fcfp.
 
Si le Pays a choisi de dissoudre la CSPC, dissolution qui est également préconisée dans le rapport, le rapport de l'APF recommande le maintien de l'Huilerie compte tenu de son « rôle économique (…) indispensable pour les îles éloignées de Tahiti où la production de coprah constitue une source de revenus essentielle pour de nombreux coprahculteurs lesquels se voient garantir un revenu systématique grâce à leurs productions » même si « la société n'est pas économiquement viable ». Mais deux ans après le rapport sévère de la CTC, la mission d'information en remet une couche sur la nécessité d'« un audit opérationnel de l’Huilerie de Tahiti pour optimiser l’organisation et la performance de la société » et propose de « transformer les statuts de l’Huilerie en société publique locale » alors que des échéances conventionnelles arrivent à terme entre la société et le Pays. Une possibilité désormais offerte par la réforme de la loi organique de 2019 qui résoudrait notamment quelques problèmes juridiques, tout en permettant l'actionnariat par les communes et des contrôles plus poussés par le Pays « qui pourraient être effectuées par un service administratif dédié à la filière cocotier ». Un jeu de suppression-modification-création destiné à secouer le cocotier administratif.

Vers une diversification et une valorisation croissante

Aussi et surtout, la mission d'information développe la nécessité de « diversifier la filière », un axe autour duquel sont formulés de nombreuses recommandations orientées vers l'amélioration de la viabilité économique de la filière. Si une étude sur la diversification des produits du cocotier avait déjà été commandée par la Polynésie française à la société Tahiti Consulting Group en 2018, seul un rapport intermédiaire de cette dernière est brièvement cité, laissant penser que tout reste à faire. D'où la formulation d'une vingtaine de préconisations parfois très larges (« engager la coprahculture dans un processus plus vertueux, écologique et responsable de son environnement »), parfois très ciblées (« veiller au respect des règles d’hygiène, d’étiquetage et d’environnement dans la production de mitihue »), parfois déjà vues (« mettre en place un plan de régénération de la cocoteraie adapté ») mais adaptées aux nouvelles technologies (« mettre en place un dispositif de cartographie aérienne des cocoteraies par digitalisation permettant de mieux analyser leur état »).
 
Les débouchés possibles du bois de cocotier, des coques de noix de coco, des matériaux composites à base de fibre de coco, de l'eau et de la bourre de coco ou dans le mono’i sont entre autres évoqués avec à l'esprit que « l’orientation vers une diversification plus valorisante des activités liées au cocotier, plutôt que la monoculture du coprah, apparaît comme une solution pouvant répondre à (la) problématique de soutenabilité financière ». Un exercice qui conduit notamment à s'intéresser longuement à l'huile de coprah comme biocarburant possible (voir encadré) destiné éventuellement à l'exploitation de centrales électriques dans les iles éloignées. Si dans le jambon, tout est bon, dans le coco, tout est bio.

Rédigé par Sébastien Petit le Dimanche 15 Décembre 2019 à 21:57 | Lu 2987 fois





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