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Première négociation avortée à l’OPT


Tahiti le 05 mars 2026 – Une première rencontre a eu lieu entre la direction de l’OPT et l’intersyndicale, vite interrompue en raison en raison de tensions entre le Directeur général de la société Onati et la secrétaire du comité d’entreprise. “Je ne peux pas accepter qu'un de mes représentants soit agressé”, explique Cyril Le Gayic qui a quitté la table des négociations avec l’intersyndicale.
 
L’intersyndicale CSIP, CSTP-FO, O oe to oe rima et le Syndicat autonome du personnel de l'office et des télécommunications (Sapot) a été reçue par la P-dg de l’OPT, Hina Delva, qui était accompagnée du directeur général de Onati, Nicolas Weinman, dans le cadre du préavis de grève déposé lundi.

“Des personnes indésirables” lors des négociations

Les négociations ont finalement été de courte durée précise Cyril Le Gayic de la CSIP. “On est obligé de répondre à cette invitation puisque les dispositions réglementaires obligent les parties à négocier durant la période du préavis, des cinq jours. On s'est rendu et on a constaté qu'au niveau de la direction, il y a des personnes indésirables.”
 
Il s’agissait effectivement de Nicolas Weinman qui a eu, selon Cyril Le Gayic, “deux comportements un peu méprisants vis-à-vis du salarié et notamment d'une institution. Moi, je suis très respectueux de la direction, mais à une condition que ce soit réciproque”.
 
Le syndicaliste explique que le directeur général de Onati aurait agressé la secrétaire du comité d’entreprise “qui a été élue démocratiquement par le personnel (…). Les dispositions réglementaires imposent le respect. Or, ce DG-là n'a pas eu de respect (…). Je ne peux pas accepter qu'un de mes représentants soit agressé”. La CSIP ajoute qu’une plainte a été déposée à l’encontre de Nicolas Weinman à la direction de OPT, ainsi qu’à la direction du travail et à la Direction territoriale de la police nationale (DTPN).
 
Le syndicaliste regrette que Hina Delva n’ait pas pris la décision de faire sortir son directeur et avance que cette dernière “se fait influencer un peu trop par ce directeur général”. Il estime qu’il y a une “défaillance” de cette dernière puisque “les mesures conservatoires d’éloignement (…) ne sont toujours pas levées”.

“Des économies sur le dos des salariés”

Le second point, “la cerise sur le gâteau et la goutte d'eau qui a fait déborder le vase”, selon Cyril Le Gayic c’est que lors des évaluations annuelles “les deux tiers du personnel ont eu plus de la moyenne, se situant entre 60 et 80 %”. Mais la mauvaise surprise est que ce personnel s’est vu attribuer, par Nicolas Weinman, une prime allant de 3 à 10 %. “Il a pris le minimum qui doit être attribué en prime pour le personnel qui dépasse les 50 % aux évaluations.”
 
Selon Cyril Le Gayic cette décision de donner moins de 50 % de la prime aux salariés a été prise “unilatéralement” par Nicolas Weinman. Une décision considérée par le syndicaliste comme étant “méprisante vis-à-vis des salariés qui ont bossé toute l'année 2025 pour avoir un bon résultat (…) et pour faire rattraper les pertes financières au groupe. Le syndicaliste considère que le directeur général a fait “des économies sur le dos des salariés et je trouve ça méprisant vis-à-vis des salariés”.

Risque de plan social à l’OPT

Les préavis de grève regroupent “les points essentiels” des préavis de 2022 à 2025 dont les doléances demeurent. Le syndicaliste est clair : “OPT risque d'aller vers un plan social qui va coûter cher aux salariés.” Il pointe du doigt “les dirigeants” du groupe de télécommunications qui ont “des stratégies à la Molière” et regrette qu’il n’y ait “aucun chiffre d'investissement en prévision”.
 
Il dénonce le fait que ces derniers “se contentent de la manne financière du Pays au travers des subventions, alors que le personnel ne demande qu'à travailler pour faire entrer de l'argent dans le groupe”.
 
Il demande à la direction de “présenter un plan stratégique de financement où l'OPT peut au moins commencer à équilibrer les déficits” et estime que ce ne sont pas les subventions du Pays qui vont aider à “équilibrer” le budget de l’OPT. “C'est ça le drame (…). Ce n'est pas une bonne chose donc ça fait peur (…). Cette situation est inquiétante”.
 
Il rappelle que Marara paiement est en déficit de 400 millions de francs, Fare Rata “ne gagne jamais d'argent, mais il fait un service public important” et Onati qui d’habitude fait les bénéfices qui “finance la holding” est aujourd’hui “déficitaire” : “Il n'y a plus de revenus pour distribuer donc on va chercher les subventions et il ne faut pas oublier que ce sont des deniers publics.”
 
Si aucun accord n’est trouvé avant dimanche soir entre la direction et l’intersyndicale, la grève sera effective dès lundi zéro heure. Une situation qui pourrait perturber le bon déroulement des élections municipales, avec un impact sur les envois de plis et es procurations. “Ça, c'est le problème de l'État”, estime Cyril Le Gayic.
 

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Vendredi 6 Mars 2026 à 05:04 | Lu 833 fois