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Évasion ratée pour le mal-aimé de Fakarava


Tahiti, le 26 février 2026 - Sur cet atoll de 900 habitants tout au plus, le prévenu de 34 ans est connu de tous, mais pas pour de bonnes raisons. “Monsieur a fait l’unanimité contre lui, personne n’en veut à Fakarava, même le tāvana”, a requis la procureure de l'audience ce jeudi au tribunal de Papeete, évoquant un comportement qui inquiète la population locale.
Les faits s’inscrivent dans un contexte de séparation conflictuelle entre les parents de cinq enfants âgés de 7 mois à 12 ans. C’est en décembre 2025 que les tensions prennent un autre tournant lorsque la femme du prévenu décide de mettre un terme à leur mariage, de quitter l’île pour rejoindre Tahiti avec leurs deux plus jeunes enfants pour y trouver refuge chez sa grand-mère.

Profitant de l’absence de son conjoint, parti en mer, elle se rend à l’aéroport de Fakarava. Elle demande aussitôt une protection, craignant son mari. Pendant ce temps, ce dernier revient de sa balade en mer, s’inquiète de ne pas la voir et se doute de son départ. Il se rend jusqu’au tarmac pour tenter d’empêcher l’embarquement. Selon le président de l’audience, Marcel Tastevin, “il profère insultes et menaces, bouscule un policier municipal et une hôtesse est violemment projetée contre un conteneur, entraînant huit jours d’incapacité totale de travail (ITT), avant qu’il pénètre dans l’avion où se trouve sa femme”. Les pompiers parviennent finalement à l’escorter jusqu’à la sortie.

À l’audience, le trentenaire a tenté de minimiser les faits, affirmant avoir simplement voulu obtenir des explications de sa femme. “Vous êtes dans un avion, ce n’est pas le bon moment pour discuter de vos problèmes”, a commenté le président d’audience.

Mais, tel un scénario de film, le prévenu ne s’arrête pas là. Après avoir été dirigé vers la sortie de l’avion par les autorités sur place, il prend sa voiture pour partir et adopte une conduite dangereuse sur le parking, où il a “effectué des dérapages avec son véhicule”, c’est alors qu’il est interpellé.

Une évasion ratée

Pour conclure cette grande épopée, lors de sa garde à vue à la brigade de gendarmerie, le prévenu tente de s’évader alors qu’il est sous le contrôle des forces de l’ordre, pour… “rejoindre ses enfants”, rapporte-t-il lorsqu’il est de nouveau interpellé.

Déjà condamné entre 2022 et 2024 pour plusieurs faits, notamment des violences sur conjointe et des infractions commises en état d’ivresse, l’homme est en situation de récidive.

Le ministère public, représenté par Monique Rouzaud, a requis deux ans d’emprisonnement et trois mois supplémentaires pour l’évasion, jugée séparément de l’infraction initiale, une suspension du permis de conduire pendant trois ans ainsi qu’un mandat de dépôt. Des dommages et intérêts ont également été demandés : 150 000 francs pour l’hôtesse blessée et 50 000 francs pour le policier municipal.

Écoutée par le tribunal à la barre, l’épouse, qui demande le divorce, a expliqué jeudi avoir fui pour protéger ses enfants et reconstruire sa vie. Elle affirme vouloir se consacrer à leur avenir et envisage de reprendre progressivement la garde de ses enfants.

Le tribunal a finalement condamné le prévenu à 18 mois d’emprisonnement pour les délits et à six mois supplémentaires pour l’évasion, avec mandat de dépôt. Les parties civiles seront indemnisées.

Rédigé par Violaine Broquet le Jeudi 26 Février 2026 à 20:08 | Lu 1084 fois