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‘Ua ‘ite ānei 'oe ?, des podcasts pour se cultiver


TAHITI, le 31 août 2021 - Sais-tu qui était Tupaia, ce qu’est le point Nemo, comment fut introduit le rat noir à Tahiti ou bien encore pourquoi les Polynésiens se tatouaient ? Si tu n’as pas de réponse, écoute les explications de Anapa Geoffroy. Il vient de lancer une série de podcasts de culture générale sur la Polynésie et plus largement sur l’Océanie.

Lancé le 29 août, ‘Ua ‘ite ānei 'oe ? (Le saviez-vous ? en français) est un podcast qui aborde des questions de culture générale en lien avec la Polynésie française et plus globalement avec l’Océanie. Il est l’œuvre de Anapa Geoffroy qui a fait les recherches, écrit les textes et qui lit ces derniers. "L’idée n’est pas de moi, mais de Miriama Bono et Benjamin Brillouet", reconnaît-il. Ce sont les deux concepteurs de Parau Tama. "Mais l’idée m’a vraiment emballé, je l’ai adorée." Le résultat en est une bonne preuve.

Les sujets sont abordés comme des histoires, ils embarquent l’auditeur dans un voyage plein d’anecdotes et riche d’informations. Le vocabulaire choisi rend ces podcasts accessibles à tous.

Trois minutes maximum

Les épisodes de ‘Ua ‘ite ānei 'oe ? sont de format court, entre une à trois minutes maximum. Ils reviennent sur des faits marquants en Polynésie, en Australie, en Nouvelle-Zélande, à l’île de Pâques. Ils traitent d’histoire, de botanique, de faits de société, de rencontres ou initiatives. "Ce qui me plaît le plus, ce sont les sujets liés à l’histoire ancienne, aux premiers peuplements jusqu’aux grands voyages des Européens et ceux liés à la biologie et l’évolution des écosystèmes", précise Anapa Geoffroy.

Il sélectionne les sujets en fonction de sa propre sensibilité. "D’autres me tombent dessus", s’amuse-t-il. "Ce sont eux alors qui me choisissent." Il pense par exemple à Tupaia, dont le nom est apparu au cours de la lecture d’un ouvrage sur les pirogues. "J’ai voulu en savoir plus." Un épisode est né.

Informations vérifiées

Avant de rédiger les textes, Anapa Geoffroy fait des recherches. Il consulte volontiers Tahiti Héritage, "l’une de mes principales sources". Les auteurs de ce site mettent généreusement à disposition leurs savoirs. Il pioche également dans des sites internet de référence, puise dans les innombrables livres de la bibliothèque familiale. "Les livres sont une source fiable", dit celui qui croise les informations récoltées pour les vérifier.

Ensuite, il pose la voix sur ses textes, s’enregistre, effectue un premier montage sélectionnant les passages à retenir. Le montage final est effectué par Benjamin Brillouet. Tout cela s’ajoute à un emploi du temps par ailleurs déjà bien chargé. Âgé de 17 ans, Anapa Geoffroy est en classe de terminal. Il aimerait, à l’issue de sa dernière année de lycée, enchaîner avec une prépa en ingénierie. Mais qu’importe, sa motivation pour ‘Ua ‘ite ānei 'oe ? ne faillit pas devant l’ampleur de la tâche. Il a mis a profit ses vacances pour prendre un peu d’avance.

Une soixantaine d’épisodes sont déjà prêts. Dix ont été mis en ligne le week-end dernier. Ils racontent la pointe Vénus, les oranges de Tahiti, le cyclone de janvier 1903 –l'un des plus meurtriers en Polynésie– ou bien encore le point Nemo ou l’aventurière Jeanne Barret, première femme à avoir fait le tour du monde. Le rythme des sorties sera maintenant de deux podcasts par semaine, le mardi et le samedi.

Pratique

À savourer en ligne.

‘Ua ‘ite ānei 'oe ?

Extrait de l’épisode consacré au point Nemo.

Le point Nemo, nom qui fait référence au personnage du capitaine Nemo, est le point de l’océan le plus éloigné de toute terre émergée. À partir de ce point, situé à l’ouest, rendez-vous compte il faudrait que vous parcouriez au minimum 2 700 km avant de toucher une quelconque terre, vraiment pas l’endroit idéal pour faire naufrage.

Pour mieux percevoir l’extrême isolement de ce point considérez que si vous y étiez les autres êtres humains les plus proches seraient surement ceux occupant la station spatiale internationale qui tourne en orbite à une distance 330 et 410 km. Ce point est utilisé comme décharge spatiale en raison de sa situation.

‘Ua ‘ite ānei 'oe ?

Extrait de l’épisode consacré à la chasse à la baleine

La chasse à la baleine a longtemps fait partie de la culture polynésienne, bien avant l’arrivée des Européens. Dans les années 20 à Rurutu par exemple on pratiquait encore la chasse à la baleine. Faisant presque office de rituel ou de rite d’initiation, la chasse à la baleine en raison de sa dangerosité était assurée par quatre ou cinq bateaux composés pour chacun d’une dizaine d’hommes dont un seul avait la charge de harponner la baleine. (…) La chasse restait difficile et pouvait prendre la journée.

Rédigé par Delphine Barrais le Mardi 31 Août 2021 à 17:32 | Lu 2146 fois