Tahiti le 10 Janvier 2026 – Non-inscription à la CPS, aucune fiche de paie, des salaires versés au compte-gouttes, des bus “pourris”. À Moorea, les chauffeurs disent “ça suffit” et demandent la régularisation de leur situation après plus d’un an d’attente. Pour se faire entendre, ils n’assureront pas le transport ce lundi et demandent qu’il y ait des contrôles car certains n’ont pas de carte professionnelle obligatoire pour conduire les bus.
À Moorea, les irrégularités relatives à la situation des chauffeurs de bus scolaire de l’île et l’état délabré du parc de véhicules perdurent sans que les autorités du Pays ou de l’État ne semblent s’émouvoir du sort des usagers, notamment de celui des scolaires de l’île sœur.
En effet en août 2024 Tahiti Infos faisait déjà état de cette situation : "travail au noir" retard de versement des salaires, “défauts mécaniques” des véhicules de transport qui n’étaient pas “aux normes”.
Interrogé à cette époque, sur ces irrégularités, Warren Guilloux, le gérant de la société Warren Transports titulaire du marché du transport scolaire à Moorea reconnaissait avoir enfreint la règlementation applicable et s’attendait à “ramasser”… avouant ainsi volontiers être en non-conformité vis-à-vis de la loi.
Mais un an et demi plus tard, la situation demeure inchangée. Un état de fait qui pousse aujourd’hui les chauffeurs de bus à se lever pour dire “stop (…). On n’a pas arrêté de faire des cadeaux et là on dit ça suffit. On a décidé de s’arrêter pour cette rentrée et il n’y aura pas de ramassage scolaire ce lundi”.
Rappelons que le transport scolaire n’est pas de compétence communale mais relève de celle du Pays.
À Moorea, les irrégularités relatives à la situation des chauffeurs de bus scolaire de l’île et l’état délabré du parc de véhicules perdurent sans que les autorités du Pays ou de l’État ne semblent s’émouvoir du sort des usagers, notamment de celui des scolaires de l’île sœur.
En effet en août 2024 Tahiti Infos faisait déjà état de cette situation : "travail au noir" retard de versement des salaires, “défauts mécaniques” des véhicules de transport qui n’étaient pas “aux normes”.
Interrogé à cette époque, sur ces irrégularités, Warren Guilloux, le gérant de la société Warren Transports titulaire du marché du transport scolaire à Moorea reconnaissait avoir enfreint la règlementation applicable et s’attendait à “ramasser”… avouant ainsi volontiers être en non-conformité vis-à-vis de la loi.
Mais un an et demi plus tard, la situation demeure inchangée. Un état de fait qui pousse aujourd’hui les chauffeurs de bus à se lever pour dire “stop (…). On n’a pas arrêté de faire des cadeaux et là on dit ça suffit. On a décidé de s’arrêter pour cette rentrée et il n’y aura pas de ramassage scolaire ce lundi”.
Rappelons que le transport scolaire n’est pas de compétence communale mais relève de celle du Pays.
“À Noël nous avons mangé des cailloux”
Dans un courrier adressé à Warren Guilloux le 10 janvier 2026, les chauffeurs de bus lui demandent de leur régler ce qu’il doit au niveau de leur salaire, de leur remettre leur fiche de paie depuis décembre 2024, de régulariser la situation des employés qui n’ont pas de contrat de travail, de s’engager à les payer “à temps chaque mois”, et de leur payer les congés de 2024 et 2025 ainsi que “toutes les sorties effectuées”. “Nous demandons que les chauffeurs de bus soient payés et dès que ce sera fait on pourra discuter. C’est à prendre ou à laisser”, insiste l’un des chauffeurs de bus de Moorea que nous avons pu contacter. “À Noël nous avons mangé des cailloux”, dit-il pour bien insister sur le fait qu’ils n’ont pas été payés. Il ajoute même que les messages envoyés à Warren Guilloux ainsi qu’à son adjoint sont restés lettres mortes. “On l’attend de pied ferme”, car, dénonce-t-il, certains convoyeurs et chauffeurs n’ont pas été payés depuis cinq voire six mois.
Le chauffeur dénonce aussi les méthodes de Warren Guilloux qui les payait “de la main à la main à raison de 83 000 ou 90 000 francs le mois. Il ne nous payait jamais la totalité de notre salaire”. Ils sont aujourd’hui déterminés à ne plus laisser passer ces irrégularités. “On ne veut plus de ce système. Lui, il est en Amérique, en train de manger des burgers et nous on est ici à manger des cailloux ? Non ça suffit.”
Le chauffeur rappelle que ce problème dure maintenant depuis deux ans : “Tous les habitants de Moorea sont au courant de cette situation. En plus on n’est pas déclarés à la CPS, on a aucune fiche de paie, et pas non plus de contrat.” Il explique qu’en octobre dernier lors d’une rencontre avec Warren Guilloux, ce dernier leur avait promis que ce problème allait être réglé. Rien n’a changé trois mois plus tard.
Le chauffeur dénonce aussi les méthodes de Warren Guilloux qui les payait “de la main à la main à raison de 83 000 ou 90 000 francs le mois. Il ne nous payait jamais la totalité de notre salaire”. Ils sont aujourd’hui déterminés à ne plus laisser passer ces irrégularités. “On ne veut plus de ce système. Lui, il est en Amérique, en train de manger des burgers et nous on est ici à manger des cailloux ? Non ça suffit.”
Le chauffeur rappelle que ce problème dure maintenant depuis deux ans : “Tous les habitants de Moorea sont au courant de cette situation. En plus on n’est pas déclarés à la CPS, on a aucune fiche de paie, et pas non plus de contrat.” Il explique qu’en octobre dernier lors d’une rencontre avec Warren Guilloux, ce dernier leur avait promis que ce problème allait être réglé. Rien n’a changé trois mois plus tard.
“Nos bus sont pourris”
“Les problèmes de bus qu’il y a eu il y a deux ans sont toujours d’actualité, il n’y a pas eu de changements (…). Certains véhicules ont réussi à passer l’étape de la visite [technique] et d’autres non ; mais on est quand même obligés de conduire nos bus.” Il raconte que c’est exactement ce qu’il s’est passé avec l’un de ses collègues après qu’il s’est fait arrêter lors d’un contrôle routier. “La gendarmerie et la police municipale savent qu’on n’est pas en règle et ils nous laissent circuler avec nos bus.” Il ajoute même que l’adjoint de Warren Guilloux a été informé de cette situation mais à ce jour, les chauffeurs attendent toujours une réaction de la part de leur direction.
Rappelons que la délibération du 13 janvier 2000 relative à la modernisation et au développement des transports routiers précise que lorsque les chauffeurs de bus sont contrôlés, ils doivent obligatoirement présenter la carte grise, la carte violette, la carte professionnelle, le permis de conduire et l’attestation d’assurance faute de quoi le véhicule doit être immobilisé.
Aussi, dans un courrier adressé à Warren Guilloux, les chauffeurs demandent-ils à être contrôlés ainsi que les bus au niveau technique. En effet, pour conduire les bus, les chauffeurs doivent disposer de l’attestation de qualification professionnelle pour obtenir la carte professionnelle. Sauf que, parmi l’effectif de chauffeurs, certains n’ont pas de carte professionnelle. “Nous ne sommes que cinq chauffeurs à avoir cette carte professionnelle. Les autres ne l’ont pas. Et quand tu n’as pas de carte professionnelle tu ne peux pas conduire de bus, c’est interdit.”
Rappelons également que depuis deux ans les professionnels du transport scolaire sont toujours en attente d’un appel d’offres “sérieux” pour le transport scolaire de Moorea. Trois appels d’offres ont été lancés et dernièrement un avis public à la concurrence a été publié en septembre avant de subir une rectification, un mois après. Et depuis plus rien.
Rappelons que la délibération du 13 janvier 2000 relative à la modernisation et au développement des transports routiers précise que lorsque les chauffeurs de bus sont contrôlés, ils doivent obligatoirement présenter la carte grise, la carte violette, la carte professionnelle, le permis de conduire et l’attestation d’assurance faute de quoi le véhicule doit être immobilisé.
Aussi, dans un courrier adressé à Warren Guilloux, les chauffeurs demandent-ils à être contrôlés ainsi que les bus au niveau technique. En effet, pour conduire les bus, les chauffeurs doivent disposer de l’attestation de qualification professionnelle pour obtenir la carte professionnelle. Sauf que, parmi l’effectif de chauffeurs, certains n’ont pas de carte professionnelle. “Nous ne sommes que cinq chauffeurs à avoir cette carte professionnelle. Les autres ne l’ont pas. Et quand tu n’as pas de carte professionnelle tu ne peux pas conduire de bus, c’est interdit.”
Rappelons également que depuis deux ans les professionnels du transport scolaire sont toujours en attente d’un appel d’offres “sérieux” pour le transport scolaire de Moorea. Trois appels d’offres ont été lancés et dernièrement un avis public à la concurrence a été publié en septembre avant de subir une rectification, un mois après. Et depuis plus rien.



























