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Grève effective mardi dans les quatre Carrefour de Tahiti



Tahiti, le 21 décembre 2020 – A trois jours du réveillon lundi, l'intersyndicale n'a pas trouvé d'accord avec la direction des quatre magasins Carrefour de Tahiti. Une grève illimitée sera donc effective à compter de mardi matin, même si la direction du groupe annonce maintenir l'ouverture des magasins en effectifs réduits.
 
Les négociations ont tourné court dans les quatre magasins Carrefour de Tahiti lundi, même si elles se sont poursuivies plus longtemps à Faa'a. L'intersyndicale CSTP-FO, CSIP, A Ti'a i Mua, O oe to oe Rima et Otahi n'a pas réussi à trouver d'accord avec la direction du premier groupe de grande distribution au fenua. Résultat, la grève illimitée sera effective à compter de mardi matin dans les quatre enseignes à deux jours du réveillon de Noël. Contactée, la direction de Carrefour annonce que les magasins devraient rester ouverts "en effectifs réduits" pendant toute la durée du mouvement.

La DRH au cœur des débats
 
Outre les demandes de revalorisations et consolidations d'avantages, c'est le sujet de la directrice des ressources humaines (DRH) qui pose problème aux syndicats. "C'est primordial, parce qu'elle retire tous les avantages", explique le secrétaire général de O oe to oe Rima, Atonia Teriinohorai. "Avec l'ancienne DRH cela se passait bien, mais la nouvelle veut tout changer. (…) Si on continue comme ça, l'année prochaine, on n'aura plus d'acquis".

Problème, du côté de Carrefour, on estime que les points de revendication concernant le harcèlement et la DRH ne sont pas "licites" et ne feront pas l'objet de discussions. "Sur le harcèlement, c'est un sujet que je ne prends pas à la légère en tant que femme", a réagi lundi soir la directrice générale grande distribution du groupe, Nancy Wane. "Concernant la DRH, la seule chose que je peux vous dire, c'est qu'il s'agit d'une femme polynésienne compétente avec des convictions et qui a un grand respect du droit du travail. Je m'interroge d'ailleurs les motivations réelles des syndicats qui prônent l'océanisation des cadres et qui visent désormais systématiquement cette personne depuis qu'une Polynésienne est à ce poste."
   
Grève chez Océania, préavis au Marina Express
 
Mais il n'y a pas que chez Carrefour que la grogne sociale monte. La confédération O oe to oe Rima est également en grève depuis le 15 décembre chez Océania à Fare Ute. "Chez Océania, c'est surtout un problème de contrat de travail", explique Atonia Teriinohorai. "Les salariés commencent des CDD. Deux CDD plus tard, ils passent en CDI, mais il n'y a pas de contrat signé. On essaie de régulariser ça. Et puis, il y a des questions de primes et de gratification qui sont décidées par la patronne mais sans écrit. Ce n'est que pour régulariser ça." Lundi, les négociations étaient au point mort et les grévistes durcissaient le mouvement en se mobilisant sur la route d'accès à la société. "Le droit de grève est évidemment un droit constitutionnel que nous sommes les premiers à respecter, mais il implique aussi une liberté de travail que l'on a du mal aujourd'hui à assurer pour ceux qui sont déjà en grève comme Oceania", a réagi lundi le Medef de Polynésie (voir ci-après).
 
Un autre préavis a été déposé au magasin Marina Express à Punaauia. Des discussions ont eu lieu lundi après-midi et une nouvelle rencontre devait se tenir mardi. "Marina Taina, il y a eu des accords passés à l'époque. Mais depuis le changement de direction, il n'y a plus de discussion", poursuit Atonia Teriinohorai. "Il y a des questions de polyvalence des employés, de conditions de versement de primes." Ce nouveau préavis arrive à échéance mardi soir.
 

Atonia Teriinohorai, secrétaire général O oe to oe rima : "Si on continue, on n'aura plus d'acquis"

Quels sont les principaux points de revendication chez Carrefour ? Vos relations avec la directrice des ressources humaines (DRH) semblent cristalliser les tensions ?
 
"Tout est important, mais il y a la question de la DRH. C'est primordial, parce qu'elle retire tous les avantages. Avec l'ancienne DRH cela se passait bien, mais la nouvelle veut tout changer. Elle veut retirer les avantages issus de négociations de l'époque. Le treizième mois, au lieu de le payer le 5 de chaque mois, elle l'a fait payer le 15. Et avec un treizième mois brut et des cotisations sociales prises ensuite sur le versement du salaire. C'est un changement qui a été décidé sans consultations. Pour les avances, les salariés ont toujours pu en demander, mais ça a été supprimé. Le dimanche, on avait 200% et là ils ont essayé de passer à 100% comme le prévoit la convention… Si on continue comme ça, l'année prochaine, on n'aura plus d'acquis."
 
Le Medef estime que déposer des préavis en période de Noël ne permet pas d'avoir des discussions sereines et s'apparente à du chantage ?
 
"Pas du tout. Ce ne sont pas des revendications qui datent d'aujourd'hui. Mais à chaque fois, on nous fait poireauter. A chaque fois, le directeur et la DRH nous disent : "C'est Nancy…" (Nancy Wane, NDLR). Ils sous-entendent que si c'était eux, on aurait déjà eux gain de cause... Concernant les propos du Medef, nous n'avons pas mis le couteau sous la gorge des patrons. Ce sont des discussions qui datent depuis deux ans. Aujourd'hui, il y a cinq jours de négociations et ils négocient le dernier jour. Ca démontre une certaine mentalité. S'ils voulaient vraiment s'asseoir pour négocier, ils l'auraient fait dès le dépôt du préavis."
 

Frédéric Dock, président du Medef Polynésie : "Plus proche du chantage que de la négociation"

Le Medef entend dénoncer les dépôts de préavis de grève chez Carrefour, Océania et Marina Express en cette période de l'année ?
 
"En tant que premier représentant des employeurs du Pays, on tient d'abord à passer un message de solidarité vis à vis des entreprises qui viennent de passer une année terrible avec des inquiétudes des chefs d'entreprises mais aussi de leurs salariés. Ensuite, je suis évidemment très surpris de voir que les méthodes qui sont employées n'ont pas beaucoup changé au cours des années. Le droit de grève est évidemment un droit constitutionnel que nous sommes les premiers à respecter, mais il implique aussi une liberté de travail que l'on a du mal aujourd'hui à assurer pour ceux qui sont déjà en grève comme Oceania. C'est difficilement acceptable au XXIe siècle."
 
C'est le timing de ces grèves qui vous interpelle ?
 
"Nous appelons à ce que les discussions se fassent de manière saine et sereine, que l'on respecte la loi de chaque côté et que le dialogue nécessaire se fasse réellement. On voit trop souvent des rendez-vous qui ne sont pas assurés et des discussions qui n'ont pas lieu. C'est quand même dommage de ne pas tout mettre en œuvre pour éviter une grève qui va prendre en otage toute la population. Parce qu'on imagine bien qu'à la veille de Noël, la pression qui est faite par le dépôt d'un préavis de grève s'apparente davantage à un chantage. Donc utiliser aujourd'hui les fêtes de fin d'année pour négocier des points qui, a priori, ne sont pas liés à la période, ça représente une manière de faire qui est plus proche du chantage que de la négociation."
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Lundi 21 Décembre 2020 à 17:45 | Lu 15540 fois





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