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Vāhi Tuheiava-Richaud, présidente de la Société des études océaniennes



PAPEETE, le 2 août 2019 - Jean Kape a terminé ses trois ans de mandat en tant que président de la Société des études océaniennes (SEO). Il a laissé la place à Vāhi Tuheiava-Richaud qui était depuis peu secrétaire adjointe mais qui est, depuis toujours, une fidèle lectrice des bulletins de cette société (les BSEO).

Ce qui importe à Vāhi Tuheiava-Richaud c’est de transmettre, de puiser dans le passé pour expliquer le présent, c’est de faire le lien entre les générations mais aussi entre les différents peuples du grand océan. Aussi, a-t-elle plusieurs projets pour la Société des études océaniennes (SEO) qu’elle dirige depuis peu.

Elle a, par exemple, la ferme intention de "raviver" les relations de la Société des études océaniennes avec ses cousins : le Journal of the polynesian society de Nouvelle-Zélande et d’Australie, avec le bishop museum à Hawaii, avec l’université chilienne pour l’Île de Pâques. "Les relations existent depuis très longtemps, mais elles ont été moins nourries ces dernières années."

Il faut dire que la société en général (elle compte 300 membres adhérents) et le bureau en particulier sont absorbés par la gestion d’aspects logistiques et financiers. La SEO vit grâce à des subventions qui couvrent le poste d’une secrétaire, elle assure la publication de trois bulletins par an (choix des articles, relecture, impression, distribution).

Logée au Service du patrimoine archivistique et audiovisuel, elle n’a pas de locaux permanents. Ce qui ajoute aux préoccupations.

Toucher les jeunes générations

Toutefois, Vāhi Tuheiava-Richaud espère réussir à atteindre les jeunes générations par l’intermédiaire des bulletins (BSEO) de la société ou tout autre événements fédérateurs (qui restent à mettre en place).

"Parce qu’à part un réseau d’initiés, peu de personnes connaissent et lisent le BSEO", constate-t-elle. "Les moins de 40 ans surtout n’en ont souvent même pas entendu parler. Il nous appartient d’ouvrir les plus jeunes à ce qui fait leur identité pour mieux avancer ensuite."

"J’ai à cœur de relier dans la continuité. Je m’intéresse au passé depuis les temps mythologiques, non pas pour y rester, mais pour éclairer ce qui est maintenant. Et cela passe par la compréhension et le partage d’outils rigoureux, exigeants, déontologiques que sont les sciences : l’archéologie, la botanique, l’étude des oiseaux, voire la génétique... Cela passe aussi par la littérature."

D’après Vāhi Tuheiava-Richaud, la SEO participe à ce mouvement notamment grâce à ses publications. Celles-ci n’ont pas pour prétention de rapporter "l’histoire avec un grand h, mais de pointer les petits détails des vestiges des anciens".

Ce qui permet, d’une certaine manière, de "leur rendre hommage". La présidente de la SEO ajoute : "certes ils étaient de tradition orale, mais si l’on réussit à connecter différents éléments de cette tradition on peut toucher le noyau dur. À nous ensuite de le mettre en lumière".

Connaitre et partager

Tous ces projets ne sont pas liés aux seules fonctions de Vāhi Tuheiava-Richaud. Passionnée de langue, d’histoire, de la vie en société des anciens polynésiens, elle a toujours cherché à mieux connaître puis à partager ses savoirs.

Une fois son baccalauréat en poche, elle s’est lancée dans des études d’anglais. "Parce qu’ils cherchaient des professeurs d’anglais à l’époque sur le territoire et que je voulais enseigner." Vāhi Tuheiava-Richaud est partie à Strasbourg en 1969.

De connaissances en reconnaissances

Par l’intermédiaire de Henri Hiro et Tura Raapoto, elle a découvert l’existence de l’Institut national des langues et civilisations orientales (INACLO) à Paris Dauphine dont elle a suivi les cours à distance. Elle s’est mise à fréquenter la Société des océanistes à l’époque du père O’Reilly.

Elle a fait connaissance avec le peintre Boullaire, Renée Heyum. Elle a lu le bulletin de la Société des études océaniennes.

Une fois ses études terminées, "si tant est qu’on ait un jour fini d’étudier", glisse-t-elle au passage, elle est rentrée à Tahiti. Elle a pris un poste à Pomare qu’elle a conservé deux ans entre 1975 et 1977.

Elle a repris des études à Poitiers entre 1977 et 1979, a enseigné en Nouvelle-Calédonie jusqu’en 1982, a fait une nouvelle escale en France. C’est en 1984 qu’elle a définitivement posé ses valises en Polynésie retrouvant l’établissement Pomare.

Elle a depuis fait une thèse (Les codes de lois missionnaires écrites de Tahiti et des îles : impact bénéfique ou néfaste ?) et obtenu un Capes en tahitien. "J’ai fait partie de la première promotion", précis-t-elle.

Vāhi Tuheiava-Richaud a été lectrice des BSEO, membre cotisante, secrétaire adjointe sans jamais s’imaginer présidente. "Je pensais qu’en toute logique c’était la vice-présidente qui prenait ce poste à la fin de la mandature du président. Cela aurait dû être Josiane Teamotuaitau, mais elle est trop prise par Fafaaite."

Finalement le nom de Vāhi Tuheiava-Richaud est arrivé au-devant de la scène. "J’ai accepté, mais j’ai demandé de l’aide à tous pour remplir ma mission."

En savoir plus

Facebook : Société des Études Océaniennes
Consulter les bulletin sur le site Ana’ite. Les BSEO (jusqu’en 2007) ont tous été mis en ligne.

Rédigé par Delphine Barrais le Vendredi 2 Août 2019 à 17:43 | Lu 4597 fois






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