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Une mission naturaliste revient de Papouasie avec 1,5 million de spécimens



Muséum national d'Histoire naturelle
Muséum national d'Histoire naturelle
PARIS, 27 fév 2013 (AFP) - Partis en octobre dernier pour une grande expédition naturaliste en Papouasie-Nouvelle-Guinée, des scientifiques du monde entier sont de retour après trois mois d'exploration avec dans leurs bagages 1,5 million de spécimens divers et sans doute quelques milliers d'espèces nouvelles à identifier sur plusieurs décennies.

Plus de 200 personnes de vingt nationalités différentes ont participé à cette mission, qui a passé au peigne fin une zone du nord-est de la Nouvelle-Guinée, des profondeurs de la mer de Bismarck par 1.200 m de fond jusqu'aux pentes du Mont Wilhelm à 3.800 m d'altitude.

Objectif principal: inventorier la biodiversité foisonnante mais négligée de cette région du monde pour mieux la comprendre et la conserver.

"C'est une opération unique au monde par son ampleur, par sa logistique et un savoir-faire de terrain qu'on ne trouve pas dans les manuels", a souligné mercredi le directeur général du Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN), Thomas Grenon.

"On ramène à peu près 1,5 million de spécimens et il y aura de nombreuses espèces nouvelles dans le lot. Mais on sait qu'en moyenne, il faut à peu près vingt ans entre le moment où un spécimen est versé dans nos collections et l'identification d'une nouvelle espèce", a-t-il précisé en présentant à la presse un premier "bilan à chaud" de l'expédition.

Invertébrés marins et terrestres, plantes, champignons, algues: l'expédition a opéré une collecte intensive durant trois mois, n'effectuant qu'un premier tri grossier sur place. L'analyse minutieuse de spécimens mesurant en moyenne seulement quelques millimètres se fera dans les laboratoires du Muséum ou d'autres partenaires scientifiques.

"Une moisson gigantesque" a été faite dans cette forêt très humide (15 mètres de précipitations par an), à huit niveaux d'altitude différents, explique Olivier Pascal (Pro-Natura International), qui a dirigé le volet terrestre de la mission.

"Un demi million de petites bêtes ont été collectées" et comptent sans doute en leur sein une mine d'espèces nouvelles, dit-il.

Lagon bleu et boues rouges

L'équipe de botanistes rapporte quant à elle dans ses valises 1.442 échantillons d'arbres appartenant à 340 espèces, des lianes, fleurs, etc.

Preuve de la richesse de la biodiversité en Papouasie, 33 espèces d'arbres différentes poussaient sur un carré de 20 mètres sur 20, à 1.200 m d'altitude. "A titre de comparaison, dans l'Europe tout entière, il y a une centaine d'arbres autochtones", précise Jean-François Molino, de l'Institut pour la Recherche et le Développement (IRD).

Les naturalistes ont déjà pu mettre en évidence la distribution des espèces selon l'altitude: aucun palmier au-dessus de 2.500 m, aucune fourmi au-dessus de 2.200 m et pas de termites au-delà de 1.200 m.

Sous l'eau aussi, l'expédition a enchaîné les prélèvements (filets, dragage de boue, plongées nocturnes) et remonté 4.500 espèces de mollusques et 1.450 espèces de crustacés décapodes.

Les scientifiques ont aussi constaté que "même la mer de Bismarck, au fin fond de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, subit des impacts environnementaux non négligeables" de la part des activités humaines, dit Philippe Bouchet (MNHN), responsable du volet marin de la mission.

A l'instar des rejets en mer d'une usine chinoise de transformation de nickel, à Basamuk, pourtant officiellement entrée en service seulement huit jours auparavant. "A 600 ou 800 mètres sous l'usine, tous les organismes étaient déjà empêtrés dans des boues rouges de nickel", déclare Philippe Bouchet.

Plus prosaïquement, "on a passé un coup de chalut à 1.000 mètres de profondeur et remonté des plastiques, des canettes, boîtes en alu, etc. Ça a eu un impact énorme quand on a montré ça aux habitants" du Lagon de Madang, qui ne s'en rendaient pas compte, assure-t-il.

Cette mission en Papouasie est le troisième volet de "La Planète revisitée", programme d'expéditions naturalistes débuté en 2006 avec l'île d'Espiritu Santo dans l'archipel de Vanuatu, puis le Mozambique et Madagascar en 2009/2010.

Rédigé par Par Laurent BANGUET le Mercredi 27 Février 2013 à 06:35 | Lu 418 fois




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