Tahiti, le 1er mars 2026 - Samedi se déroulait, au parc Aorai Tini Hau de Pirae, la deuxième journée de sélectives en va’a V1 sprint pour les championnats du monde qui auront lieu au mois d’août à Singapour. Trois semaines après la première journée, les meilleurs rameurs et rameuses de Polynésie se sont retrouvés pour tenter de faire partie de la sélection. Même s’il faudra attendre encore un peu pour connaître les heureux élus, certains ont confirmé leur statut de favoris tandis que d’autres ont créé la surprise. De quoi mesurer, une nouvelle fois, le haut niveau présent dans le va’a au Fenua.
Samedi, le parc Aorai Tini Hau de Pirae était une fois de plus en effervescence. Centre névralgique du va’a polynésien, le plan d’eau de Taaone voyait, pour la deuxième fois de l’année, les meilleurs rameurs et rameuses du Fenua s’affronter sur 500 mètres en vue des sélectives pour les championnats du monde de V1 sprint qui se dérouleront au mois d’août. Tout a été mis en place par la Fédération tahitienne de va’a (FTV) pour performer le jour J et ramener un maximum de médailles.
“Cette année, il n’y aura aucune course au mois de juillet pour que les sélectionnés se concentrent totalement sur ces championnats du monde. Nous allons organiser de nombreux entraînements jusque-là, mais sur le dernier mois avant le départ, le focus sera entièrement consacré à cet événement”, explique Aldo Maueau, vice-président de la FTV. Car le V1 sprint demande un effort différent. “Il y a des spécialistes de cette discipline. C’est quelque chose qui demande un effort différent du marathon et il faut donc travailler en conséquence.”
Ce que confirme la capitaine et championne du club Ihilani Va’a, Vaimiti Maoni. “Moi, j’adore le va’a. Dès que je peux être sur l’eau, c’est un plaisir. Mais c’est vrai que j’ai une préférence pour le sprint. C’est de famille. Il faut beaucoup de cardio et être explosif. J’aime vraiment ça.”
En finissant première, il y a trois semaines, avec un très bon temps et seconde lors de cette journée, Vaimiti Maoni fera assurément partie de l’aventure singapourienne. Une chance pour le pays de compter de tels talents.
Elle ne sera pas la seule, puisque douze rameurs seront retenus par catégorie, hommes et femmes, des cadets jusqu’aux seniors. “Aujourd’hui, nous avons mis en place d’autres courses pour permettre à certains d’améliorer leur temps. Nous regarderons les résultats des deux journées et nous nous baserons sur le meilleur chrono. Cela donne une deuxième chance aux participants et garantit une équité importante entre eux. Il y en a aussi qui n’ont pas pu venir lors de la première journée, donc cela leur permet de tenter leur chance”, poursuit Aldo Maueau.
C’est le cas de la légende du va’a féminin, Hinatea Bernardino, absente lors des premières sélectives et qui remporte la finale seniors dames en 2’ 36’’ 55.
Peu de places chez les vétérans
Les temps, samedi, étaient globalement plus élevés, les conditions climatiques étant moins favorables que lors du tour précédent. “Aujourd’hui, c’était plus difficile, c’était lourd, le vent était de face avec une houle de côté, donc c’était plus fatigant”, explique Nanihi Maoni, nièce de Vaimiti et concurrente en cadettes. Pour elle, la journée s’arrêtera après une belle demi-finale. Dans ces catégories, les sélectionnés ne sont pas encore connus : avec douze représentants, les temps réalisés sur les deux courses devront être étudiés avec attention.
Même si certains semblent assurés d’être retenus au vu de leurs performances sur les deux journées, comme la jeune Nateahi Sommer chez les juniors filles ou Kenua Brothers chez les juniors garçons, d’autres devront patienter. C’est le cas des vétérans, qui n’auront qu’un seul représentant par catégorie en Élite aux championnats du monde, même si certains pourront postuler dans la catégorie club.
“C’est vrai que c’est dommage qu’il ne puisse y avoir qu’un seul représentant Élite aux championnats du monde. Après, il y a l’opportunité d’y participer avec les clubs, où il y aura plus de places. On verra qui partira avec la sélection. Aujourd’hui, c’était plus compliqué pour faire un chrono au vu des conditions, mais c’est toujours un plaisir de se retrouver sur le plan d’eau”, assurent Frida Faura et Martine Fan, première et deuxième de la finale dames vétérans 60 ans, bien placées pour la sélection.
Dans la catégorie reine chez les hommes, la concurrence est rude cette année avec la présence de tous les ‘aito du va’a. L’envie de faire partie de la sélection est bien présente et chacun s’est donné les moyens d’y parvenir, à l’image du rameur d’Air Tahiti, Teriitua Tefaatau. “On a envie de faire partie de la sélection, donc on s’est tous entraînés pour cette épreuve différente du marathon. Même s’il y a douze sélectionnés, il y a beaucoup de très bons rameurs. Il faut être dans les temps, entre 2’ 11’’ et 2’ 15’’ maximum. Ça va vite, il faut répondre présent.”
En attendant les résultats finaux et la liste des sélectionnés, les participants ont tout donné. Les heureux élus seront, à coup sûr, tout aussi déterminés à ramener des titres au pays pour honorer ceux qui n’auront pas pu partir.































