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Une campagne de surveillance de la filariose à Bora Bora


Bora Bora, le 22 septembre 2022 – La Direction de la santé déploie actuellement à Bora Bora une enquête de prévalence de la filariose auprès d'élèves de CP et CE1 de l'école élémentaire de Faanui. Des prélèvements seront effectués afin de déceler l'éventuelle présence de la maladie. En parallèle, des professionnels de santé ont tenu une réunion d'information sur cette maladie tropicale. Cette campagne entre dans le cadre du programme santé développé à long terme pour éradiquer la maladie du territoire.
 
L’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Direction de la santé de Polynésie et la Direction générale de l'éducation et des enseignements (DGEE) ont mis en place une enquête scolaire de prévalence, véritable sensibilisation auprès de la population sur les effets de la filariose lymphatique, une maladie devenue rare, plus communément appelée éléphantiasis. Mardi, Émilie, infirmière au dispensaire de Bora Bora, était à l’école élémentaire de Faanui, pour lancer cette campagne auprès des parents des classes de CP et de CE1 de la Perle du Pacifique. Sous le regard bienveillant d’Adèle, directrice de l’établissement, une trentaine de parents d’élèves et quelques enseignants sont venus écouter la professionnelle de santé. Elle a débuté cette réunion en expliquant que “la filariose est une maladie qui se contracte par piqûre de moustiques. Elle peut se déclarer des années après, c'est-à-dire que pendant dix ans, le sujet peut n’avoir aucun symptôme, puis, tout d’un coup, voir apparaître un ganglion sous les aisselles ou dans l’aine."

Contrôle de la présence de la maladie

Émilie précise que cette maladie a vraisemblablement disparu des radars, mais le contrôle est de mise puisque, depuis des années, aucun traitement n’est donné à la population. En effet, afin d’éradiquer ce mal, une campagne de prise de médicaments pour la population polynésienne avait été ordonnée il y a quelques années. Aujourd’hui semble venu le temps du contrôle. Ainsi, le 3 octobre prochain, les enfants, dont les parents ont donné leur accord, seront soumis à un petit test sanguin, une légère piqûre au doigt qui permettra de déterminer la présence éventuelle de cette maladie. Mais afin que le résultat de cette enquête scolaire de prévalence reflète au plus près la réalité, il faut que 80% des enfants de ces classes soient testés. Un véritable défi pour les organisateurs.
 
La Direction de la santé de Polynésie a dépêché des professionnels, dont Sylvana Tiatoa (prévention santé école des îles Sous-le-Vent), pour effectuer cette enquête au sein de toutes les classes de CP et CE1 de Bora Bora : Anau, jeudi 22 septembre, et en interne à Namaha, grâce au dispositif intitulé L’école en santé de Namaha, disponible sur le site de l’établissement. Les résultats sont immédiats et le bilan devrait être dévoilé dans les jours prochains.

La filariose
La filariose lymphatique ou filariose de Bancroft est une maladie provoquée par un ver parasite, wuchereria bancrofti, transmis par des moustiques vecteurs sous la forme de minuscules larves qui circulent dans le sang et atteignent les voies lymphatiques pour se transformer en 4 à 6 mois en filaires adultes (macrofilaires). Les adultes mâles et femelles s’accouplent et donnent naissance à des microfilaires qui passent dans le sang et iront infecter d’autres personnes par l’intermédiaire des moustiques. Elle peut entraîner une augmentation disproportionnée du volume de certaines parties du corps, entraînant des douleurs et un grave handicap.
 
Le programme de lutte contre la filariose en Polynésie s’appuie sur des campagnes de distribution de médicaments dans les zones où le portage subsiste ; des enquêtes de surveillance dans les zones où la distribution systématique est stoppée, les enfants de CP et CE1 sont la population concernée et des enquêtes d’évaluation dans les zones où le portage est supérieur à 1%. 

Rédigé par Nij le Jeudi 22 Septembre 2022 à 15:44 | Lu 788 fois