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Un festival pour les jeunes et pluvieux


Malgré un temps pluvieux, les participants, encadrants, référents et intervenants étaient motivés et volontaires.
Malgré un temps pluvieux, les participants, encadrants, référents et intervenants étaient motivés et volontaires.
Tahiti, le 2 novembre 2022 – Le Taure’a festival a débuté ce mercredi à Papeete et se déroulera jusqu’à vendredi. Ce sont 4 310 jeunes, de Tahiti, Moorea et des îles Sous-le-Vent, qui participeront aux 80 ateliers prévus dans les 12 motu d’activités”. Malgré une pluie peu accueillante, ces enfants du fenua ont montré leur enthousiasme et leur motivation dès la cérémonie d’ouverture à To’ata.
 
Ce mercredi à Papeete, le Taure’a festival a rassemblé plus de 4 000 jeunes, inscrits par les communes. Ce sont plus de 30 délégations qui ont fait le déplacement depuis Moorea, Huahine, Raiatea, Taha'a, Bora Bora, Maupiti, les Marquises ainsi que l’ensemble des communes de Tahiti. Celles des îles éloignées logent au lycée Paul-Gauguin depuis lundi, et celles de Tahiti feront la navette pendant trois jours. À l’initiative du ministère de la Jeunesse et de la Prévention de la délinquance en charge des sports, avec le soutien de l’Union polynésienne pour la jeunesse (UPJ), le rendez-vous est programmé jusqu’à vendredi. Il va permettre à ces jeunes – âgés de 15 à 25 ans – de participer aux douze “motu d’activités” mis en place sur cinq sites entre le parc Paofai et le skatepark de Auae, à Papeete. Un total de 80 ateliers leur est proposé, sur plusieurs thématiques : la prévention sur les addictions, la mauvaise alimentation et l’insécurité routière ; l’engagement professionnel ; la culture avec de l’artisanat, de l’art musical ou de la danse ; l’environnement ; le sport et le divertissement.
 
Pour le président du Pays, Édouard Fritch, ce festival vise à lutter contre la sédentarité et les addictions, et à se battre pour l’éducation de “la jeunesse de demain”. “Notre jeunesse est intelligente, elle sait se prendre en charge. Alors prenons-nous en charge pour lutter contre ces maux de société.” Il a aussi évoqué implicitement les prochaines élections territoriales dans son discours : "Qui mieux que vous, pour parler de la jeunesse ? Nous faisons de la politique nous, nous avons une vision des choses mais nous ne savons pas exactement ce qu’il y a au fond de vos cœurs et comment vous concevez la voie, qui va vous conduire à avoir une place au sein de cette société polynésienne."
 
Volontaires et motivés
 
Les jeunes, “demandeurs d’activités”, se sont montrés volontaires et motivés dès le premier jour de festival, malgré les conditions météorologiques peu favorables. “Il peut pleuvoir dehors, mais il y a du soleil dans nos cœurs”, a expliqué Ta’oahere Maono, directeur général des services de l’UPJ. Il a ajouté : “Il en faut un peu plus pour arrêter les gens passionnés. Ce n’est pas la pluie qui va arrêter nos enfants, ils ont crié leur besoin d’être pris en charge, d’avoir des activités et qu’on s’occupe d’eux. Le Taure’a festival est donc une réponse à cet appel”. Une encadrante de la délégation de Teva i Uta s’est également exprimée sur l’intérêt de ce type de manifestation consacrée à la jeunesse : “On va faire la navette tous les jours pour participer au festival. Nos jeunes sont très contents, c’est une opportunité pour eux. Maintenant, il faut que l’on en ressorte riches d’expériences et de connaissances”.
 

Les jeunes sont certes plus intéressés par les activités sportives et culturelles, mais ne ressortent pas indifférents des ateliers socio-éducatifs et de prévention. Pour beaucoup, ce festival est une première expérience de partage et de découverte en dehors de l’école. Certains, venus des îles, y ont également vu une occasion de se rendre à Tahiti pour la première fois.

En raison du festival, la circulation risque d’être perturbée jusqu’à vendredi, entre 9 heures et 16h30 aux alentours du parc Paofai. Un prochain festival a également été annoncé pour avril prochain.
 


Jeune participant des îles, de l’association Arii Heva Rau : “Cela m’a beaucoup intéressé parce que je ne connaissais pas”

”Il y a des événements sportifs organisés dans les îles, mais pas consacrés à la jeunesse uniquement. Cela fait du bien de se rassembler entre jeunes, même si entre délégations, on est concurrents sur certains ateliers, il y a quand même un bel échange. […] Pour ma part, je préfère les activités sportives mais j’ai aimé aussi les ateliers de prévention. Par exemple, là, j’ai découvert le Régiment du service militaire adapté (RSMA). Même si je ne compte pas m’engager, cela m’a beaucoup intéressé parce que je ne connaissais pas.”
 

Encadrantes du Taure’a festival, en service civique : “On a un dialogue plus facile”

Nelly Vaiho (à droite) : “Pour les jeunes, voir des jeunes s’occuper d’eux leur permet de s’ouvrir à nous. Et nous, ça nous permet de les mettre en confiance aussi. On a un dialogue plus facile, on se comprend mutuellement.”

Vaiarii Tohutika (à gauche) : “Être encadrant pour ce festival nous fait prendre des responsabilités. En général, le Taure’a festival évite que les jeunes s’ennuient pendant ces vacances et leur permet d’être plus sociables.”
 

Francis Arai, de l’atelier environnement avec Fenua Ma : “Certains sont sortis avec des idées à proposer à leurs élus”

“De prime abord, c’est compliqué d’atteindre les jeunes car le sujet des déchets n’est pas encore dans les mœurs des gens. Ils sont surtout très excités en sortant des activités sportives, mais j’arrive ensuite à les captiver et à faire en sorte que le sujet sérieux des déchets devienne intéressant pour eux. Ils repartent de cet atelier avec de nouvelles informations et de bonnes informations. Les retours que j’ai eus venaient souvent des délégations des îles, car ils n’ont pas les mêmes consignes qu’ici, à Tahiti. Certains sont sortis avec des idées à proposer à leurs élus, à l’exemple d’un Centre d’enfouissement technique à Huahine.”
 

Programme

Jeudi 3 novembre
 
  • 10 heures, dans les villages (parc Paofai, skatepark de Auae, lycée Paul-Gauguin, complexe sportif Maco-Nena et place To'ata):
Début des activités
 
  • 18 heures, jardins du parc Paofai :
Finale du Taure’a Warrior
Remise des prix
 
Vendredi 4 novembre
 
  • 10 heures, dans les villages :
Début des activités
 
  • 18 heures, place To’ata :
Début de la soirée de concours amateurs ‘Upa Nui
Remise des prix et cérémonie de clôture du festival
 
Un festival pour les jeunes et pluvieux

Rédigé par Meleana CHE FAT le Mercredi 2 Novembre 2022 à 19:07 | Lu 1499 fois