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UPF : La recherche au féminin


Tahiti, le 8 mars 2022 - À l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, dont le thème cette année est l'égalité pour un avenir durable, Dominique Sorain est allé mardi à la rencontre des chercheuses de l’université. Un échange qui a mis en lumière les parcours et les projets scientifiques de ces femmes qui luttent au quotidien pour l'environnement.

Afin de saluer les femmes qui se battent quotidiennement pour un avenir durable, le haut-commissaire de la République, Dominique Sorain, est allé mardi à la rencontre des enseignantes et chercheuses de l'unité de recherche de l'Université de Polynésie française (UPF). La professeure Nabila Gaertner-Mazouni, vice-présidente de la commission de recherche à l'université, était à l'initiative de cette rencontre. “L'objectif de cette déambulation est de permettre au haut-commissaire de se rendre compte de l'ensemble des femmes qui travaillent tous les jours en Polynésie française sur des thématiques importantes pour le Pays”, explique Nabila Gaertner-Mazouni. C'est une journée importante, car elle représente un message d'espoir pour toutes les jeunes femmes qui doutent de leurs capacités. Il faut vraiment les encourager à sortir des représentations que l'on peut avoir. Les filles sont tout aussi capables que les hommes dans le domaine de la recherche et des sciences. Il faut montrer que cela est possible et existe déjà dans une très grande diversité de parcours”.
 
La recherche pour le fenua
 
Au sein de l'unité Recherche écosystèmes insulaires océaniens, Dominique Sorain s'est entretenu avec des chercheuses qui lui ont présenté leurs parcours en tant que femmes scientifiques, ainsi que leurs projets portés en faveur du développement durable local.
Lydie Sichoix, géophysisienne et hydrologue au laboratoire GFPASUD de l'UPF, qui étudie notamment les risques hydrologiques qui existent sur les îles de Polynésie française, a partagé son sentiment quant à sa place en tant que femme qui évolue dans un milieu scientifique. “Même si les choses vont dans le bon sens, il faut se battre, car la marge de progrès reste encore grande”, souligne-t-elle. Les recherches de sa collègue Chloé Brahmi, principalement axées sur l'écophysiologie des bénitiers, ont elles aussi été présentées. “Mon travail consiste à comprendre dans quelles mesures la physiologie de cet animal peut changer en fonction des conditions de l'environnement”.  
La délégation a également eu l'occasion de découvrir le nouvel open space de l'unité de recherche qui accueille les jeunes doctorants et post-doctorants. Là encore les nombreux projets associés à la protection du fenua ont été décrits par les chercheuses présentes. Parmi elles, Margaux Crusot, ingénieure en aquaculture, travaille sur la réduction des déchets plastiques associés à l'activité perlicole. “Je travaille dessus car, comme tous les types d'aquacultures, la perliculture utilise majoritairement du plastique pour ses structures d'élevage. Des éléments qui une fois usagés deviennent une pollution environnementale importante et difficile à gérer pour les atolls éloignés de Polynésie qui n'ont quasiment pas de dispositifs en place pour gérer ces déchets. Je cherche à réduire cet impact en testant notamment des matériaux alternatifs”. La jeune ingénieure évoquera elle aussi son point de vue en tant que femme chercheuse qui évolue dans un milieu majoritairement masculin. “En tant que femme, on a parfois un peu de mal à se faire entendre, mais je pense qu'avec suffisamment de motivation et de confiance en soi, on peut tout à fait y arriver.”
 
“Un combat continu”
 
Ces rencontres au sein de l'établissement d'enseignement supérieur, épicentre de la recherche sur le territoire polynésien, ont permis de mettre à l'honneur des chercheuses qui contribuent aux avancées de la science fondamentale et appliquée. “On découvre des parcours extrêmement variés, a souligné le haut-commissaire, ce sont des personnes qui travaillent sur des sujets très pratiques, allant de la collecte de larves d'huître perlière aux travaux de préservation des stocks de bénitiers, en passant par les problèmes de pollution. Ce sont des retours positifs directs pour le fenua.
Cependant, les chiffres évoqués montrent que le chemin vers l'égalité dans le milieu scientifique est encore long, comme n'a pas manqué de le déplorer Dominique Sorain : “Encore aujourd'hui, il n'y a que cinq professeures sur dix-huit. Même si des choix politiques sont faits pour développer la place des femmes dans cet ensemble, c'est insuffisant, et il faut donc s'accrocher car c'est un combat continu”.

Rédigé par Simon Saada le Mardi 8 Mars 2022 à 17:44 | Lu 976 fois