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Trois trafiquants de paka jugés devant la cour d'appel



PAPEETE, le 11 janvier 2018 - Les trois prévenus qui comparaissaient ce jeudi devant la cour d'appel de Papeete avaient été condamnés, en avril dernier, à des peines de prison ferme pour leur implication dans un réseau de trafic de paka qui avait été, à l'époque, qualifié de "tentaculaire." L'arrêt sera rendu le 8 février prochain.

Le 20 novembre 2013, suite à l'arrestation de deux dealers lors d'un contrôle routier par les gendarmes de Faa'a, un important trafic de paka avait été démantelé. Une vingtaine de personnes avait alors été jugée devant le tribunal correctionnel. Parmi elles, un individu âgé de 32 ans et considéré comme le "boss" du réseau, un autre jeune homme de 22 ans chez lequel on avait trouvé un laboratoire de séchage et un dernier trafiquant qui faisait venir le paka de Huahine. Respectivement condamnés en première instance à des peines de 7, 3 et 6 ans, les trois hommes avaient souhaité faire appel de ces décisions qu'ils jugeaient trop "lourdes".

Les trois hommes ont donc comparu ce jeudi matin. Tous ont reconnu les faits bien que le prévenu considéré comme le "boss" du réseau ait nié avoir été l'instigateur principal du trafic.

Lors de ses réquisitions, l'avocat général a demandé des peines similaires à celles de première instance en indiquant que ce dossier était "emblématique de l'économie parallèle du paka qui se développe car des revendeurs utilisent la misère sociale de certains quartiers défavorisés."


S'appuyant sur la récente dépénalisation du cannabis en Californie, le conseil du prévenu considéré comme le boss s'est invité dans le débat: "aujourd'hui, vous allez condamner des personnes pour des faits qui seront certainement dépénalisés dans dix ans (…) Un magistrat doit appliquer la loi en fonction de l'évolution de la société."

RESEAU ORGANISE

A l'époque, l'affaire avait fait grand bruit. Qu'ils soient en bas de l'échelle, simples revendeurs, ou tout en haut, les prévenus avaient substantiellement arrondi leurs fins de mois. Pendant des années pour certains : quelques dizaines de milliers de francs mensuels pour les petites mains, jusqu'à 500 000 francs par mois après investissement pour l'un des patrons présenté comme le principal grossiste de Faa'a à l'époque. Devenu influent au fil des années, il se fournissait auprès de ses homologues producteurs de la Presqu'île dont il contrôlait les planteurs.

Organisé, il avait recruté plusieurs dealers de confiance. Il les faisait travailler comme des commerciaux. Avec des objectifs à atteindre et des secteurs géographiques bien définis : Pamatai, la Stèle, Tevararo, Oremu, Saint-Hilaire… Sérieux, il avait lui-même décidé d'arrêter de fumer "car cela lui faisait perdre de l'argent". Commerçant, il réinvestissait une partie de ses gains dans l'organisation de jeux de hasard. Des parties de kikiri notamment. Malin, il ne déposait jamais l'argent de la vente de la drogue sur ses comptes bancaires. Il avait lu dans les médias que la justice pouvait les saisir. Interpellé en novembre 2013 sur dénonciation, c'est dans des glacières et même cachés dans un four que les gendarmes saisiront drogue et argent liquide.


Des convoyages avaient été mis en place pour transporter la drogue produite et conditionnée à la Presqu'île jusqu'à la zone urbaine du grand Papeete. Parfois avec des voitures-ouvreuses. Mais jamais plus d'une vingtaine de boîtes à chaque fois selon l'un des prévenus : "Au-delà, c'est compliqué à cacher s'il y a un contrôle". Loin de l'agitation de la capitale, à Toahotu notamment, des fournisseurs privilégiés monopolisaient le marché en relation avec les distributeurs de Faa'a.

Les plus actifs employaient même des planteurs, certains s'occupaient de l'écloserie, des boutures, d'autres prélevaient la récolte pour la conditionner. Les commandes se chiffraient en centaines et en centaines de boîtes vendues entre 3 000 à 5 000 francs. Le trafic continuait alors que des protagonistes avaient déjà été placés en détention provisoire. On soupçonnait même l'un des producteurs d'avoir acheté leur silence contre la promesse de subvenir à leur besoin le temps de la détention. "Des rumeurs…", s'était défendu l'intéressé depuis le box des prévenus. Le président du tribunal lui avait pourtant rappelé les dénonciations circonstanciées des uns et des autres pendant les gardes à vue. Confrontés à l'audience à leurs déclarations pendant l'enquête, les uns et les autres avaient perdu la mémoire à la barre, évitant de charger les associés d'hier, revenant sur leurs accusations, niant jusqu'à se connaître pour certains.

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 11 Janvier 2018 à 15:49 | Lu 1168 fois





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