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Trente ans après son indépendance, Vanuatu veut croire à sa « maturité »


PORT-VILA, 2 août 2010 (Flash d'Océanie) – Trente ans après son accession à l’indépendance de ce qui était jusque la le condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides, l’archipel mélanésien de Vanuatu, depuis la fin de la semaine dernière, souligne ce que les dirigeants veulent considérer comme l’accession à « l’âge de raison », voire la « maturité »


Trente ans après son indépendance, Vanuatu veut croire à sa « maturité »
Les célébrations ont début en milieu de semaine dernière, dans la capitale et à travers cet archipel de quatre vingt îles.
Elles ont culminé vendredi dernier 30 juillet, jour anniversaire de l’indépendance, avec la partie officielle des célébrations, à la grande tribune du Parc de l’Indépendance, en présence de chefs d’États et de gouvernements de toute la région, voire au-delà.
Dans son discours officiel, le Premier ministre Edward Natapei, qui s’apprête aussi, dans les jours à venir, à prendre la Présidence tournante du Forum des Îles du Pacifique (FIP, groupement de seize États de la région), a voulu souligner cette notion d’indépendance, tout en reconnaissant les défis à venir, notamment en matière de développement.
Depuis l’indépendance en 1980, Vanuatu a d’abord traversé une première décennie dirigée par le pasteur anglican Walter Lini, considéré comme le père de l’indépendance, qui menait alors d’une main de fer le Vanuaaku Pati qu’il avait créé.
Cette période avait été particulièrement difficile pour les francophones de Vanuatu, souvent alors stigmatisés et assimilés à une communauté réputée opposée à l’indépendance des Nouvelles-Hébrides.
Vint ensuite, à partir de 1991, une période de forte instabilité politique, marquée par la chute de Walter Lini et l’éclatement de son parti.
Pendant une petite dizaine d’années (1991-1998), plusieurs francophones (Maxime Carlot, puis Serge Vohor) ont ainsi pu, pour la première fois, accéder au pouvoir, avant de voir leur camp éclater à son tour, miné par les lutes intestines.
Entre-temps, plusieurs scandales sont venus ébranler la république, dont un quasi-effondrement de la Caisse Nationale de Prévoyance (régime de prélèvement obligatoire en vue des retraites des employés), la vente de passeports ou des opérations financières douteuses (dont une fameuse affaire de lettres de crédit qui tentait alors d’hypothéquer les actifs de l’État pour un montant approchant la totalité des avolirs).
À l’entrée dans les années 2000, le schisme francophones-anglophones s’est peu à peu atténué, avec l’avènement des coalitions, sans pour autant faire disparaître une relative instabilité, cette fois-ci causé par une multitude de partis, de moindre taille et donc incapables de gouverner seuls.
Ces cinq dernières années, Vanuatu a fait figure de bon élève au plan économique, avec un relatif boom immobilier, ainsi qu’un développement soutenu de la fréquentation touristique.
Trente ans après l’indépendance, Vanuatu bénéficie toujours d’une coopération avec la France, de plus en plus mise en œuvre via la collectivité de Nouvelle-Calédonie, plus proche voisin, qui s’inscrit dans une démarche d’intégration régionale.
Lors de ces célébrations de l’indépendance, symbolisant cette approche, c’est à la Nouvelle-Calédonie que Paris avait demandé d’assurer la représentation française, avec une délégation dirigée par le député (Rassemblement-UMP) Pierre Frogier.
Parmi les autres pays représentés : les deux grands voisins et partenaires traditionnels : l’Australie et la Nouvelle-Zélande, mais aussi l’Union Européenne, la Chine ou encore les États-Unis.
Pour marquer apparemment la volonté de poursuivre dans un processus de développement économique, le jour de l’anniversaire de l’indépendance aussi été l’occasion, pour le Premier ministre et son ministre des finances, Sela Molisa, de procéder au lancement officiel d’un nouveau billet de dix mille vatu (75 euros).
Il s’agit aussi du premier billet fabriqué en Australie voisine avec, sur le modèle des billets australiens, une prédominance de la matière plastique dans sa composition.
L’Australie a aussi profité de cet anniversaire pour poser, par la main de sa Gouverneure Générale Quentin Bryce, la première pierre de ce qui seront les nouvelles archives nationales de l’archipel, à un coût affiche de trois millions de dollars australiens (deux millions d’euros).
Quant à la Chine, elle a annoncé le financement de nouveaux projets, dont un complexe de réunions, un agrandissement des locaux du Premier ministre, ainsi que d’autres travaux au bénéfice de l’Université du Pacifique Sud (dont la faculté de droit se trouve à Port-Vila).
Les célébrations, défilés et autres marches, devraient encore se poursuivre tout au long de cette semaine, avec comme nouveau point d’orgue le sommet de dirigeants du FIP.

Exposition « 30 artistes, 30 œuvres durant 30 jours »

Par ailleurs, depuis le 22 juillet 2010, dans la capitale et dans le cadre de ces célébrations du trentième anniversaire de Vanuatu, un collectif d’artistes expose jusqu’au 20 août à l’Espace Culturel Français une exposition tout simplement intitulée « 30 ».
Ce chiffre est ensuite décliné en 30 artistes, pour la plupart nationaux, 30 œuvres (peintures, sculptures, poteries, photographies et textes littéraires) durant 30 jours « pour célébrer à sa façon le 30ème anniversaire de la République de Vanuatu ». Une autre exposition, toujours autour du chiffre trente, se tient également au centre culturel de Port-Vila, mais plus ciblée sur la thématique archéologique en se consacrant aux trois mille ans d’histoire de la poterie lapita, signe distinctif des premières populations ayant colonisé cet archipel, tout comme elles l’ont aussi fait pour la plupart des pays de la Mélanésie (Papouasie-Nouvelle-Guinée, îles Salomon, Nouvelle-Calédonie, Fidji) et même Tonga.
Des archéologues ni-Vanuatu, australiens (l’Université nationale australienne) et français (Département d’archéologie de Nouvelle-Calédonie et CNRS).
Une grande partie de cette exposition s’appuie aussi sur les fouilles, toujours en cours, sur un nouveau site récemment mis à jour, dans la proche banlieue de Port-Vila, à Téouma, où de nouveaux ossements humains et de restes de poteries décorées ont été tout récemment identifiés.
« Cette présentation se situe en amont de l’exposition internationale qui devrait être organisée par le Musée du Quai Branly en novembre 2010 sur la culture et la civilisation Lapita, qui devrait avoir un grand retentissement. Elle serait accompagnée de la diffusion d’un petit ouvrage d’information grand public, publié par le Centre culturel de Vanuatu et le Département d’archéologie de Nouvelle-Calédonie », souligne l’Alliance française.

Rédigé par PaD le Dimanche 1 Août 2010 à 19:02 | Lu 1149 fois




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