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Toilettage du statut : le "oui mais" de l'assemblée



Cet avis de l'assemblée sera transmis à Paris, accompagné des deux avis minoritaires du Tavini Huira'tira et du Tahoera'a Huira'atira. Les parlementaires polynésiens pourront encore essayer de convaincre leurs homologues pour faire passer les modifications qu'ils souhaitent.
Cet avis de l'assemblée sera transmis à Paris, accompagné des deux avis minoritaires du Tavini Huira'tira et du Tahoera'a Huira'atira. Les parlementaires polynésiens pourront encore essayer de convaincre leurs homologues pour faire passer les modifications qu'ils souhaitent.
PAPEETE, le 15 novembre 2018. La majorité à l'assemblée a émis un avis nuancé sur le projet de loi organique en donnant son feu vert pour certains articles mais en proposant aussi des ajouts notamment sur la reconnaissance du fait nucléaire. Les parlementaires polynésiens pourront encore agir auprès de leurs homologues au Parlement pour faire intégrer les modifications souhaitées.


Les représentants à l'assemblée ont adopté par 40 voix pour face à 17 contre leur avis sur le projet de loi organique. Cet avis peut se diviser en trois points : les articles sur lesquels la majorité est d'accord, ceux qui méritent d'être complétés et les articles qui méritent d'être ajoutés selon la majorité.

Le représentant du Tavini Huira'atira, Moetai Brotherson, a émis des regrets sur la méthode utilisée pour la préparation de ce projet de loi organique : "le seul initiateur légitime d'une telle réforme de notre statut devrait être le Pays lui-même, ses représentants, son gouvernement", a-t-il insisté avant d'interpeller : "Comment et pourquoi se satisfaire d'une simple demande d'avis aux élus?"

Le parti orange a lui aussi demandé à que ce ne soit pas un simple toilettage du statut qui soit effectué. "Le Tahoera'a s’oppose fermement aux modifications prévues par le projet de loi organique avec la complicité passive du gouvernement. Il propose en lieu et place d'une loi en lambeaux un projet de loi constitutionnel qui représente une nouvelle étape de l'évolution statutaire polynésienne en y apportant des aménagements, des améliorations et des évolutions au service du développement", a ainsi insisté Geffry Salmon pour mettre en avant de nouveau le statut de pays associé.

Le point qui a été le plus longuement discuté, sans surprise, a été celui de la reconnaissance du fait nucléaire. Le projet de loi propose qu'il soit inscrit que "La République reconnaît la contribution de la Polynésie française à la construction de la capacité de dissuasion nucléaire et à la défense de la Nation", que "l’État assure l’entretien et la surveillance des sites concernés des atolls de Mururoa (Moruroa, ndlr) et Fangataufa" et "accompagne la reconversion de l’économie polynésienne consécutivement à la cessation des essais nucléaires". Pour tous les représentants, cela n'est pas suffisant. L'Etat "reconnaît le rôle que la Polynésie a joué dans l'histoire et la sauvegarde de sa liberté. La reconnaissance du fait nucléaire figurera en haut de notre statut", a ainsi commenté le représentant du Tapura Huira'atira, Michel Buillard. "Nous en sommes heureux mais pas totalement satisfaits. Nous appuyons la demande du président du gouvernement pour que ces dispositions revêtent un caractère plus solennel, qu’elles soient plus complètes et plus précises."

Edouard Fritch, président du Pays, a ensuite défendu son travail sur le toilettage du statut : "pendant 30 ans, nous avons menti à la population, (dit) que les essais étaient propres. (…) Je me sens obligé de réparer ce qui a été fait dans ce pays même si c'est l'Etat français qui l'a fait et j'ai besoin de l'Etat français pour réparer ce qui a été fait."

Edouard Fritch, président du Pays

"Je me sens obligé de réparer ce qui a été fait dans ce pays"

" A vous entendre on a l'impression qu'ici même c'est plus Mme Girardin que moi ici, mais ce n'est pas elle qui dirige ici. Ce n'est pas l'Etat qui dirige ce pays. (…) Ce travail n’est pas basé sur la soumission mais sur le respect mutuel
Qu'on me traite moi de menteur ? Alors que pendant 30 ans, nous avons menti à la population, (dit) que les essais étaient propres. Nous avons menti : J'ai fait partie de cette bande. Pour quelles raisons avons-nous menti alors que notre propre leader a vu une bombe péter ? Lorsqu'on voit une bombe atomique péter, je pense qu'on peut se rendre compte que cela ne peut pas ne pas faire de mal. Pendant 30 ans, nous avons dit que la vérité c'est que c'était propre. C'est la raison pour laquelle je m'investis énormément aujourd'hui dans cette affaire de reconnaissance parce que je dois beaucoup à mon peuple. Je le dois à ma population. Le centre de mémoire verra le jour. On ouvrira ses portes le plus rapidement possible. Hier soir, l'amendement est passé à l'Assemblée nationale pour qu'un terrain soit donné au Pays. Nous irons jusqu'au bout. Je vais tout faire pour que les Polynésiens puissent être au plus proche de ces personnes qui sont aujourd'hui capables de défendre leurs cas auprès du Civen (Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires). On ne peut plus attendre effectivement que l'Etat fasse ce travail à notre place. Je considère que ces victimes sont aussi des victimes pour nous. C'est ce qui a changé je crois. (...) Je me sens obligé de réparer ce qui a été fait dans ce pays même si c'est l'Etat français qui l'a fait et j'ai besoin de l'Etat français pour réparer ce qui a été fait. (…) Parler de souveraineté, d'Etat associé. Pensez-vous que la population polynésienne a des avantages à y venir? Avez-vous prévu les crédits nécessaires à l'éducation ? Nous sommes le pays le plus sécurisé dans le Pacifique... grâce à qui ? A l'ONU ? Je ne crois pas.
Il y a quand même beaucoup de problèmes à résoudre avant d'y venir. Je ne dis pas qu'on n'y viendra pas. Mais je pense que ce n'est pas en insultant les autres qu'on se fera respecter."

Moetai Brotherson, représentant Tavini Huira'atira

"Nous demandons la mise en place d'un processus de décolonisation"
"Nous demandons au gouvernement français de favoriser la mise en place d'un processus de décolonisation et de négocier avec toutes les parties prenantes et les forces vives du Pays un agenda et un calendrier de décolonisation au terme duquel sera organisé un référendum d'autodétermination. (…) Nous proposons d'aller vers une évolution à la carte. Le sens de l'histoire nous appelle à travailler ensemble sur une vraie constitution dont le premier pas pourrait être dès le 1er semestre 2019 l'examen par le Parlement d'une loi constitutionnelle plus respectueuse. Au lieu de cela vous nous demandez de cautionner un toilettage de plus pour continuer de faire croire aux Polynésiens qu'ils sont un peuple et la Polynésie un pays alors que la réalité n'est plus que celle d'une collectivité avec une population."


Rédigé par Mélanie Thomas le Jeudi 15 Novembre 2018 à 15:35 | Lu 653 fois






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