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Tiwanacu, cité des “tiki” boliviens



Le grand ensemble de Tiwanacu : en bas le Templete (vue partielle d'un mur de parement orné de têtes à tenon), à l'arrière-plan, escalier et portique d'accès au Kalasasaya, encadrant le monolithe “Ponce” (en grès).
Le grand ensemble de Tiwanacu : en bas le Templete (vue partielle d'un mur de parement orné de têtes à tenon), à l'arrière-plan, escalier et portique d'accès au Kalasasaya, encadrant le monolithe “Ponce” (en grès).
BOLIVIE, le 13 mars 2020 - L'une des plus énigmatiques civilisations des Andes a laissé un témoignage de sa grandeur non loin du lac Titicaca. L'ancienne capitale d'un peuple inconnu était un port, aujourd'hui perdu sur l'altiplano poussiéreux.

Cette statue (le monolithe Ponce, du nom de l’archéologue bolivien qui l’a découvert en 1957) est l’une des plus connues et des plus célèbres du site de Tiwanacu ; beaucoup ont fait des parallèles souvent hasardeux entre cette représentation anthropomorphique et d’une part les moai de l’île de Pâques, d’autre part les tiki polynésiens.
Cette statue (le monolithe Ponce, du nom de l’archéologue bolivien qui l’a découvert en 1957) est l’une des plus connues et des plus célèbres du site de Tiwanacu ; beaucoup ont fait des parallèles souvent hasardeux entre cette représentation anthropomorphique et d’une part les moai de l’île de Pâques, d’autre part les tiki polynésiens.

C'est plat devant, plat derrière, plat de tous les côtés. L'altiplano n'offre pas plus de relief qu'une crêpe bretonne. Pourtant, là-bas, encore floue, après la voie ferrée, on distingue un semblant de colline avachie, peut-être même des pierres dressées… Ce n'est qu'à proximité immédiate du site que l'on comprend tout d'un coup qu'on est entré dans les ruines d'une ville. Une capitale, longtemps appelée Tiahuanaco, devenue Tiwanacu quand on a “indiannisé” nombre d'appellations anciennes.

Mais était-ce le vrai nom de la ville ? Nul ne sait. Sa splendeur s'est éteinte aux alentours du IXe siècle ap. J.-C. C'est dire que les Incas eux-mêmes, quatre siècles et demi plus tard, ne rencontrèrent ici que des ruines d'autant plus insolites que posées en plein nulle part.

En réalité, la capitale du peuple Aymara était un port, sur les rives du lac Titicaca. Mais celui-ci, au fil des siècles, a vu son niveau considérablement baisser ; en se retirant, la “mer indienne” a laissé la marée de sable et de touffes d'ichu cerner définitivement Tiwanacu.


Ethnologie de bazar

Le monument le plus célèbre de l'altiplano, la Puerta del Sol (porte du soleil), dont on ignore la signification. Elle a été sculptée dans un seul bloc de pierre, de l'andésite, mais un tremplement de terre l’a sans doute fracturée sur le côté gauche.
Le monument le plus célèbre de l'altiplano, la Puerta del Sol (porte du soleil), dont on ignore la signification. Elle a été sculptée dans un seul bloc de pierre, de l'andésite, mais un tremplement de terre l’a sans doute fracturée sur le côté gauche.

Si nous vous parlons aujourd'hui de ces ruines, c'est parce qu'elles ont un lien supposé avec la Polynésie. Les théories fumeuses de certains ethnologues (nous pensons notamment à Thor Heyerdahl), ont expliqué le peuplement de l'île de Pâques et l'édification des moai par le fait qu'un peuple blond apparenté aux Vikings (arrivé là on ne sait trop comment !) avait été chassé de sa capitale andine, Tiwanacu ; rejetés à la mer, ces héros mythiques avaient d'abord édifié une brillante civilisation à Rapa Nui avant d'étendre leurs migrations jusqu'à nos îles.

On rit aujourd'hui de cette ethnologie de bazar, un rien raciste d'ailleurs, puisque, selon ceux qui la soutenaient, seuls des grands géants blonds aux yeux bleus pouvaient créer des civilisations dignes de ce nom dans le Pacifique…

Mais ces références régulières avec les civilisations précolombiennes et avec celle de Tiwanacu en particulier font qu'il est intéressant, venant de Tahiti, de rendre une petite visite à ces ancêtres, qui ne sont assurément pas les nôtres…


Des petits cosmonautes…

Des têtes sculptées à tenon étaient fichées dans les murs du temple le plus ancien, le Templete. On en compte un peu plus de 170 ! Des dieux, des rois, des prisonniers sacrifiés, des guerriers fameux ? Nul ne sait…
Des têtes sculptées à tenon étaient fichées dans les murs du temple le plus ancien, le Templete. On en compte un peu plus de 170 ! Des dieux, des rois, des prisonniers sacrifiés, des guerriers fameux ? Nul ne sait…

Un monument retient tout particulièrement l'attention à Tiwanacu ; il s'agit du plus grand monolithe de la cordillère des Andes, la Puerta del Sol, avec ses bas-reliefs ayant généré d'innombrables théories, certains ayant même vu autour du personnage central des petits… cosmonautes extraterrestres !

Parsemant ce qui ressemble à un terrain vague se dressent, ici et là, d'autres statues de probables divinités aux noms oubliés.

Personne ne sait rien de très probant sur cette civilisation énigmatique qui n'a laissé derrière elle que peu de messages déchiffrables. Mais du moins sait-on qu'entre l’an 500 et l’an 900, à 3850 m d'altitude, a rayonné sur une longueur considérable de la dorsale andine un peuple aujourd'hui disparu, dont les actuels Indiens Aymara sont très certainement les descendants directs.

Pourquoi Tiwanacu a-t-elle été rayée de la carte et par qui ? Le sable de l'altiplano n'a, pour le moment, pas été plus bavard que lamas, vigognes, alpagas et guanacos.

Quant aux Indiens eux-mêmes, depuis Hergé, on sait qu'ils répondent invariablement “no sé” aux visiteurs.


Le lac Titicaca

Avec sa superficie de 8370 km2, le lac Titicaca, à cheval entre Pérou et Bolivie, est une véritable mer intérieure perchée à un peu plus de 3 800 mètres d’altitude. C’est le plus haut lac navigable du monde ; il mesure 190 km de long, 80 de large, sa profondeur maximale étant légèrement supérieure à 320 mètres. Un touriste désireux d’en faire le tour à pied aurait 1 125 km à parcourir en suivant ses berges. Vestige d’une lagune qui s’est retrouvée coincée entre deux pans de la cordillère des Andes, le lac a tendance à se vider plus qu’il ne se remplit, le débit des rivières l’alimentant et les pluies ne compensant pas l’évaporation, considérable et les pertes dues au rio Desaguadero. D’ailleurs, il y a quarante ans, ce rio alimentait en Bolivie le lac Uru Uru et le lac Poopo, aujourd’hui quasiment à sec. Ce recul permanent du Titicaca est ancien (ce qui explique que Tiwanacu ne soit plus un port depuis des siècles), mais il est apparemment accentué par le changement climatique. Les Indiens considèrent qu’il est le berceau du monde andin et le point de départ de la civilisation inca.


Tiwanacu pratique

Certaines statues, de facture relativement grossière, très érodées, semblent être plus anciennes que les plus connues, comme le monolithe Ponce.
Certaines statues, de facture relativement grossière, très érodées, semblent être plus anciennes que les plus connues, comme le monolithe Ponce.

Pour y aller

Vols Papeete/Santiago/La Paz sur Latam (Nuit à Santiago).

Suggestion : un arrêt à Rapa Nui s'impose au retour pour comparer la statuaire.

 

Pour y séjourner

Il n'y a pas d'infrastructures hôtelières bouleversantes à Tiwanacu. Il suffit de consacrer une journée à la balade, à partir de La Paz. Sur place, on vous proposera sûrement des antiquités précolombiennes, fausses bien entendu… (Ne vous amusez pas à chercher à en ramener des vraies, les prisons boliviennes classent Nuutania en 5 étoiles de luxe).

 

Visiter le site

Tiwanaku est située à environ 70 km de la capitale bolivienne La Paz.

Sur place, comptez deux heures pour la visite des sites et des deux petits musées. Attention aux guides ayant tendance à raccourcir l’excursion : il y a  deux complexes, celui formé par le grand temple de Kalasasaya et la (modeste) pyramide d’Akapana et, à un kilomètre de là, le temple de Pumapunku, souvent « oublié » par les guides pressés...

 

Tout savoir

Pour tout savoir plus sur l’histoire deTiwanaku, reportez-vous à la page UNESCO concenant ce site précolombien exceptionnel.

 

Dans le secteur

Le lac Titicaca est, évidemment, un aimant pour les touristes. En Bolivie, la petite ville frontière la plus célèbre est Copacabana, qui a donné son nom à la plage de Rio. C'est un lieu de pèlerinage très fréquenté.

Visitez également la station de ski de Chacaltaya, au-dessus de La Paz, ou plutôt ce qu’il en reste, puisque le réchauffement climatique a fait fondre les glaciers du secteur et que la neige y est de plus en plus rare. Les bâtiments sont à 5 200 m d'altitude. La voiture souffrira en montant, votre “corazon” aussi !

 

Pour être en forme

La Paz est située entre 4 100 et 3 300 m d'altitude (plus on est pauvre, plus on vit haut). Le centre-ville est à 3 600 m, le lac et Tiwanacu à un peu plus de 3 800 m. Pour tenir le choc, restez impérativement au lit trois ou quatre heures à votre arrivée à La Paz afin que votre sang ait le temps de fabriquer le surplus de globules rouges dont il a besoin. Sinon, consommez beaucoup de mate coca (infusion de feuilles de coca, c'est légal !) qui maintient réellement en forme (le mate gène le sommeil en fin de journée).

 

Conseil beauté

On ne va pas en vacances pour s'enlaidir et prendre dix ans ! L'altiplano est sec, brûlant et/ou glacial, venté et votre peau ressemblera vite à celle d'une momie si vous n'en prenez pas grand soin. Crème protectrice et hydratante, “stick” à lèvres (obligatoire), voire brumisateur pour les narines (sous peine de saignements de nez tant l'air est sec) obligatoires.

 

Lamas cracheurs

Les lamas, alpagas, guanacos et autres camélidés vous intriguent ? Demandez à votre guide d’effectuer une halte vers un troupeau gardé. Un peu d'argent au berger vous permettra de découvrir ces animaux fascinants. Leur maître vous expliquera même comment ne pas vous faire cracher à la figure, comme le capitaine Haddock. Hilarité générale garantie…


Le monolithe Fraile est sculpté dans un bloc d’andésite, comme le monolithe Ponce. La roche provient d’une carrière située à une centaine de kilomètres, preuve que le lac Titicaca était plus grand à cette époque, le transport des gros blocs ayant pu se faire sur des radeaux.
Le monolithe Fraile est sculpté dans un bloc d’andésite, comme le monolithe Ponce. La roche provient d’une carrière située à une centaine de kilomètres, preuve que le lac Titicaca était plus grand à cette époque, le transport des gros blocs ayant pu se faire sur des radeaux.

Tiwanaku a généré beaucoup d’interrogations et surtout beaucoup de théories fantaisistes, certains voyant dans les statues du site des pièces ayant inspiré par la suite les Polynésiens de l’île de Pâques et des Marquises...
Tiwanaku a généré beaucoup d’interrogations et surtout beaucoup de théories fantaisistes, certains voyant dans les statues du site des pièces ayant inspiré par la suite les Polynésiens de l’île de Pâques et des Marquises...

Pour apprécier l'altiplano et sa poussière, rien ne vaut le bus et ses arrêts imprévisibles, au milieu de nulle part. Si vous aimez nomadiser, c'est le moyen de transport idéal…
Pour apprécier l'altiplano et sa poussière, rien ne vaut le bus et ses arrêts imprévisibles, au milieu de nulle part. Si vous aimez nomadiser, c'est le moyen de transport idéal…

Autour du site de ruines, les villages sont très pauvres. Les Indiens Aymaras vivant sur l'altiplano n'ont apparemment gardé aucun souvenir de ce que fut la grande cité il y a un millier d'années.
Autour du site de ruines, les villages sont très pauvres. Les Indiens Aymaras vivant sur l'altiplano n'ont apparemment gardé aucun souvenir de ce que fut la grande cité il y a un millier d'années.

Les grands monolithes de Tiwanacu, que des pseudo-historiens, un peu vite, ont comparé aux tiki polynésiens et aux moai pascuans, leur donnant une même origine…
Les grands monolithes de Tiwanacu, que des pseudo-historiens, un peu vite, ont comparé aux tiki polynésiens et aux moai pascuans, leur donnant une même origine…

Rédigé par Daniel Pardon le Vendredi 13 Mars 2020 à 10:52 | Lu 1876 fois





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