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Thierry Barbion condamné à quatre ans ferme en appel et écroué



Tahiti, le 12 février - La cour d'appel de Papeete a confirmé jeudi matin les peines de prison ferme assorties de mandats de dépôts à l'encontre de l'homme d'affaires, Thierry Barbion, de l'ancien gérant du Ute Ute, Marc Ramel, et de l'ancienne institutrice, Sabine Boiron, dans l'affaire de proxénétisme, atteinte sexuelle et recours à la prostitution de mineures, corruption de mineures et infraction à la législation sur les stupéfiants ouverte depuis 2012.

La cour d'appel de Papeete a rendu jeudi matin sa décision dans l'affaire Boiron-Barbion. Contre l'ancienne institutrice, Sabine Boiron, renvoyée pour proxénétisme aggravé et infractions liées aux stupéfiants, la cour a prononcé sept ans de prison ferme, un mandat de dépôt et un million de Fcfp d'amende. Contre l'entrepreneur, Thierry Barbion, mis en cause pour recours à la prostitution de mineure et corruption de mineures, la cour a prononcé quatre ans de prison ferme, mandat de dépôt et six millions de Fcfp d'amende. Enfin, contre Marc Ramel, renvoyé pour atteinte sexuelle sur mineure de moins de 15 ans et infractions liées aux stupéfiants, les juges ont prononcé une peine de quatre ans de prison ferme, mandat de dépôt et trois millions et demi de Fcfp d'amende.

Placés sous mandats de dépôt, Thierry Barbion et Marc Ramel ont été écroués et transférés dans la foulée à la prison de Nuutania. Sabine Boiron était déjà écrouée. 
 

​“Contradiction dans la démarche intellectuelle”

Me Quinquis, le conseil de Thierry Barbion, a d'ores et déjà annoncé qu'il allait se pourvoir en cassation en exprimant son incompréhension : “Je suis étonné que la cour d’appel ait prononcé à nouveau un mandat de dépôt, ce qui n’est pas autre chose qu’une détention provisoire tant que le pourvoi en cassation n’est pas purgé. Or, cette même cour d’appel, par un arrêt d’il y a trois mois, avait décidé du contraire et avait levé le mandat de dépôt. Il y a là une contradiction dans la démarche intellectuelle de la cour qui ne manque pas de me surprendre”. Au terme de l’énoncé du délibéré, l’autre avocate de Thierry Barbion, Me Eftimie-Spitz, s’est vivement emportée contre l'un des magistrats du parquet général en dénonçant la condamnation de son client.
 
De son côté, le conseil de Sabine Boiron, Me Des Arcis, a exprimé son abattement : “Je suis très déçu, c’est tout. On espère toujours. Surtout que les débats avaient fait bouger les lignes. On ne peut pas s’attendre à une confirmation lorsque l’on se croyait en face de magistrats plus à l’écoute que ceux de première instance. Je ne pense pas me pourvoir en cassation mais plutôt demander un aménagement de peine car ma cliente a de gros problèmes de santé. Elle a eu un AVC et a un carnet de longue maladie.”  
 
Rappelons que l’affaire avait éclaté en octobre 2012 suite à l’arrestation d’un dealer d’ice qui entretenait une relation avec une jeune femme de 17 ans. Entendue, la mineure, qui se trouvait en “grande difficulté sur le plan social” et qui avait fugué du domicile familial depuis plusieurs mois, avait expliqué aux enquêteurs qu’elle avait commencé à se prostituer suite à sa rencontre avec une ancienne institutrice nommée Sabine Boiron. Cette dernière avait proposé à l’adolescente de faire “une partouze” en contrepartie d’argent et les deux femmes avaient donc passé la soirée dans le bureau du promoteur immobilier, Thierry Barbion. Mais la jeune fille, à laquelle Sabine Boiron avait donné “une pilule” et de l’alcool, n’avait rien reçu en échange. Elle avait revu Thierry Barbion à deux reprises et avait eu deux autres rapports sexuels avec lui. 
 

Une convention troublante

A cette époque, Sabine Boiron avait hébergé l’adolescente au domicile de sa mère. Selon la mineure, l’ancienne institutrice avait “abusé” d’elle en la mettant sous son emprise. Tel qu’elle l’avait expliqué aux enquêteurs, elle était nourrie et habillée, ne touchait jamais d’argent mais Sabine Boiron lui fournissait de l’ice en quantité. Les deux femmes sortaient tous les soirs et la mineure, selon ses dires, entretenait des rapports sexuels tarifés à l’issue desquels Sabine Boiron empochait l’argent.
 
Notons que le procès en appel avait été marqué par la révélation de la signature d’une convention entre l’avocat de trois des sept victimes de l’affaire Boiron, Me Jacquet, et l’avocate de Thierry Barbion, Me Eftimie Spitz. Dans ce document, l’avocate de l’homme d’affaires Thierry Barbion avait passé un accord avec Me Jacquet afin que ses trois clientes soient indemnisées à hauteur d’un million de Fcfp chacune. Depuis le 10 décembre, cette convention fait l’objet d’une enquête préliminaire pour “subornation de témoin”. La justice souhaite en effet déterminer si la signature de ce document constitue une infraction.

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 12 Mars 2020 à 09:24 | Lu 11731 fois





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