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Terrains en zone rouge : des propriétaires s'estiment floués



"Il n'y a plus de terres. Toutes les terres sont en zone rouge", prévient François Raoulx. "Si on n'a plus de terres, les gens vont construire sans permis.
"Il n'y a plus de terres. Toutes les terres sont en zone rouge", prévient François Raoulx. "Si on n'a plus de terres, les gens vont construire sans permis.
PUNAAUIA, le 23 mars 2018. Te Vai Ara dénonce le classement de terrains en zone rouge au détriment des propriétaires terriens. L'association demande que des aides publiques soient mises en place pour rendre ces terrains constructibles.

"Tu vois là-haut, tout ça c'est une zone rouge. C'est une zone non constructible", indique de sa main François Raoulx, président de Te Vai Ara, depuis la plaine de Punaauia. "Pourtant, là on voit que des bâtiments ont été construits. Techniquement c'est donc possible. Aujourd'hui, il ne serait plus possible de construire sur ce terrain." L'association est née en octobre 2017 et regroupe une quarantaine de propriétaires de Punaauia, mais aussi de Paea, de Pirae, des Marquises et de Raiatea.

François Raoulx nous conduit dans la vallée de la Matatia. De la famille Tumahai –il est cousin du tavana Rony Tumahai-, il possède un terrain familial de six hectares en indivision. "Sur ce terrain, on a estimé que 60 lots pouvaient être réalisés", décrit Nelly Tumahai. Sauf que pour le moment ce projet ne peut rester que sur le papier. Le terrain qui borde la route de la vallée de Matatia est en effet en zone rouge donc non constructible. "Depuis le deuxième pont jusqu'à la crête et sur une centaine de mètres, c'est notre terrain", explique Nelly Tumahai.

Pour l'association, il ne s'agit pas de pouvoir construire sans prendre en compte les risques. Te Vai Ara demande que "la puissance publique prenne en charge le coût des études et des protections" pour que les zones passent de rouge à bleu et soient donc de nouveau constructibles. "Nous sommes conscients des risques", souligne François Raoulx. "Mais il n'y a plus de terres. Toutes les terres sont en zone rouge. Si on n'a plus de terres, les gens vont construire sans permis. Il faut que les puissances publiques prennent en charge les travaux de confortement. Les Polynésiens ne peuvent pas prendre en charge ce coût. "


Terrains en zone rouge : des propriétaires s'estiment floués
"Des biens dévalorisés"
Pour l'association, le classement de terrains en zone rouge est aussi un frein à la sortie de l'indivision. François Raoulx cite ainsi le cas d'une famille de Pirae qui a reçu l'aide du Pays pour sortir de l'indivision. Une fois l'accord obtenu de tous, ils se sont rendu compte que deux parcelles étaient en zone rouge et non constructible. L'accord trouvé n'est donc plus d'actualité.

Te Vai Ara dénonce "une règlementation qui dévalorise les biens immobiliers" et demande la création d’une caisse d’indemnisation en faveur de propriétaires terriens lésés par une règlementation défavorable.
Le classement de terrains en zone rouge ne cesse d'inquiéter les propriétaires. En décembre dernier, l'association Punaauia Zone rouge a aussi été créée.

Cette association s'est fixé pour "but de communiquer tous les moyens nécessaires afin que les membres parviennent à voir leurs terrains être déclassés de la zone rouge inconstructible en toute autre zone constructible, nonobstant des travaux prescrits par le service de l'urbanisme."


Nous n'avons pu joindre le maire de Punaauia pour l'interroger sur ce dossier.

La révision du plan de prévention des risques de Punaauia annulée

Le tribunal administratif a annulé en avril 2017 l'arrêté approuvant la révision du plan de prévention des risques naturels de la commune de Punaauia. La commune de Punaauia doit donc revoir son Plan de Prévention des Risques.
La première révision du PPRN passait en zone rouge clair des zones qui jusque-là étaient classées rouge. Par exemple, la zone située derrière la mairie de Punaauia, où est prévue l'implantation de la clinique Mana Ora, fait partie d'une de ces modifications. Auparavant, elle était en zone rouge pour inondation et éboulement, mais le nouveau PPRN permettaient de construire sur cette zone les porteurs du projet réalisaient des travaux pour "sécuriser la zone".

Nelly Tumahai, propriétaire de Punaauia, avait dénoncé cette révision. Lors de l'audience, l'avocate avait souligné : "les faits sont graves et établis. La sécurité des biens et des personnes dépendent de ce PPR. Mais ce PPR a été organisé à la demande d'un promoteur privé, et ça fonctionne! (…) "Cette révision a été faite à la carte, en fonction des clients."
Le tribunal avait estimé que "la révision du PPR de la commune de Punaauia a été engagée en raison d’une accumulation de demandes de pétitionnaires publics ou privés porteurs d’importants projets de constructions sur des terrains partiellement classés en zone rouge inconstructible d’aléa fort de mouvement de terrain".

Par ailleurs, "considérant que la révision approuvée par l’arrêté attaqué a pour objet de permettre, par des aménagements destinés à réduire le risque, de rendre constructibles, à la demande des porteurs de projets, des terrains qui ne le sont pas en raison du risque d’aléa fort auquel ils sont partiellement exposés ; que la création de la zone rouge clair ne repose pas sur une évolution de la connaissance de la nature et de l’intensité du risque ayant conduit à retenir le classement initial".

le Vendredi 23 Mars 2018 à 16:56 | Lu 3094 fois





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