Tahiti, le 24 mars 2026 – Au lendemain de sa défaite aux municipales à Papeete, Tematai Le Gayic a officialisé, ce lundi soir, sa démission du Tavini Huiraatiraa dans une lettre adressée à Oscar Temaru. Une décision attendue mais lourde de sens, qui met en lumière les divisions internes d’un parti fragilisé après un revers électoral massif et des tensions idéologiques persistantes.
Ce n’était plus qu’une question de temps. Au lendemain d’un scrutin municipal douloureux pour le Tavini Huiraatiraa, Tematai Le Gayic a franchi le pas. Dans une lettre rendue publique ce lundi soir, le jeune élu annonce sa démission du parti indépendantiste, actant une rupture politique qui couvait depuis plus d’un an. Dans ce courrier adressé à Oscar Temaru, le ton se veut mesuré, presque précautionneux. Tematai Le Gayic y exprime son "respect" pour le leader historique et pour le combat indépendantiste, tout en justifiant un départ devenu, selon lui, inévitable. Sans attaque frontale, il évoque des "désaccords de fond", une difficulté à se reconnaître dans certaines orientations du mouvement et la nécessité, pour lui, de rester en cohérence avec ses convictions. Une manière de prendre ses distances sans rompre totalement avec l’héritage politique du Tavini.
Un revers qui lui laisse un goût amer, lui qui espérait un soutien plus affirmé de son camp durant la campagne. Sa décision vient aujourd’hui confirmer une fracture profonde, à la fois stratégique et idéologique ; et son constat a trouvé un écho au sommet même du mouvement. Car ce lundi, Moetai Brotherson est lui aussi sorti du bois, appelant à une clarification au sein du Tavini après la "catastrophe" du parti à ces élections municipales. Il faut dire que sur les 17 listes soutenues par le Tavini, une seule - celle d’Oscar Temaru à Faa’a - est parvenue à s’imposer. Un bilan sévère qui interroge la stratégie du parti. Sur le plateau de TNTV, Oscar Temaru a tenté d’expliquer cette débâcle par un manque d’unité : "Pour cette élection, j’ai demandé l’union des tendances Tavini Huiraatiraa dans chaque commune, on ne m’a pas suivi".
Une fracture ancienne, ravivée par les municipales
Mais si l’échec des municipales agit comme un catalyseur, les tensions remontent à février 2025. À l’époque, une tribune critique signée par Le Gayic avait provoqué de vives remontrances en interne. Le jeune cadre du Tavini y pointait notamment les relations du parti avec l’Azerbaïdjan, jugées problématiques. Un épisode qui avait marqué un tournant, révélant au grand jour des divergences jusque-là contenues. Depuis, le fossé n’a cessé de se creuser. La campagne municipale à Papeete, où Tematai Le Gayic espérait incarner un renouvellement, n’aura pas suffi à inverser la dynamique. Malgré une percée remarquée au second tour, il n’a pas réussi à transformer l’essai, dans un contexte où les divisions internes ont pesé lourd.
La démission du jeune élu apparaît ainsi comme le symptôme d’un malaise plus large. Entre divergences de ligne, conflits de génération et stratégie électorale contestée, le Tavini se retrouve à un tournant. Après l’exclusion de Hinamoeura Morgant-Cross, puis la démission d’Odette Homai, c’est désormais Tematai Le Gayic qui rejoint le banc des non-inscrits à l’assemblée, aux côtés des élus Ahip. Le groupe Tavini, qui avait débuté la mandature avec 38 représentants, n’en compte plus que 35. Un affaiblissement politique non négligeable à la veille d’échéances importantes et qui pourrait encore s'aggraver.
Ce mercredi, une session extraordinaire de l’assemblée est convoquée pour examiner le collectif budgétaire du gouvernement et ce rendez-vous pourrait déjà servir de premier test grandeur nature pour mesurer les équilibres politiques après cette nouvelle défection. Reste à savoir si cet électrochoc suffira à provoquer la remise en question appelée de ses vœux par Tematai Le Gayic, ou s’il marquera, au contraire, le début d’une fragmentation durable du mouvement indépendantiste.
Ce n’était plus qu’une question de temps. Au lendemain d’un scrutin municipal douloureux pour le Tavini Huiraatiraa, Tematai Le Gayic a franchi le pas. Dans une lettre rendue publique ce lundi soir, le jeune élu annonce sa démission du parti indépendantiste, actant une rupture politique qui couvait depuis plus d’un an. Dans ce courrier adressé à Oscar Temaru, le ton se veut mesuré, presque précautionneux. Tematai Le Gayic y exprime son "respect" pour le leader historique et pour le combat indépendantiste, tout en justifiant un départ devenu, selon lui, inévitable. Sans attaque frontale, il évoque des "désaccords de fond", une difficulté à se reconnaître dans certaines orientations du mouvement et la nécessité, pour lui, de rester en cohérence avec ses convictions. Une manière de prendre ses distances sans rompre totalement avec l’héritage politique du Tavini.
Un revers qui lui laisse un goût amer, lui qui espérait un soutien plus affirmé de son camp durant la campagne. Sa décision vient aujourd’hui confirmer une fracture profonde, à la fois stratégique et idéologique ; et son constat a trouvé un écho au sommet même du mouvement. Car ce lundi, Moetai Brotherson est lui aussi sorti du bois, appelant à une clarification au sein du Tavini après la "catastrophe" du parti à ces élections municipales. Il faut dire que sur les 17 listes soutenues par le Tavini, une seule - celle d’Oscar Temaru à Faa’a - est parvenue à s’imposer. Un bilan sévère qui interroge la stratégie du parti. Sur le plateau de TNTV, Oscar Temaru a tenté d’expliquer cette débâcle par un manque d’unité : "Pour cette élection, j’ai demandé l’union des tendances Tavini Huiraatiraa dans chaque commune, on ne m’a pas suivi".
Une fracture ancienne, ravivée par les municipales
Mais si l’échec des municipales agit comme un catalyseur, les tensions remontent à février 2025. À l’époque, une tribune critique signée par Le Gayic avait provoqué de vives remontrances en interne. Le jeune cadre du Tavini y pointait notamment les relations du parti avec l’Azerbaïdjan, jugées problématiques. Un épisode qui avait marqué un tournant, révélant au grand jour des divergences jusque-là contenues. Depuis, le fossé n’a cessé de se creuser. La campagne municipale à Papeete, où Tematai Le Gayic espérait incarner un renouvellement, n’aura pas suffi à inverser la dynamique. Malgré une percée remarquée au second tour, il n’a pas réussi à transformer l’essai, dans un contexte où les divisions internes ont pesé lourd.
La démission du jeune élu apparaît ainsi comme le symptôme d’un malaise plus large. Entre divergences de ligne, conflits de génération et stratégie électorale contestée, le Tavini se retrouve à un tournant. Après l’exclusion de Hinamoeura Morgant-Cross, puis la démission d’Odette Homai, c’est désormais Tematai Le Gayic qui rejoint le banc des non-inscrits à l’assemblée, aux côtés des élus Ahip. Le groupe Tavini, qui avait débuté la mandature avec 38 représentants, n’en compte plus que 35. Un affaiblissement politique non négligeable à la veille d’échéances importantes et qui pourrait encore s'aggraver.
Ce mercredi, une session extraordinaire de l’assemblée est convoquée pour examiner le collectif budgétaire du gouvernement et ce rendez-vous pourrait déjà servir de premier test grandeur nature pour mesurer les équilibres politiques après cette nouvelle défection. Reste à savoir si cet électrochoc suffira à provoquer la remise en question appelée de ses vœux par Tematai Le Gayic, ou s’il marquera, au contraire, le début d’une fragmentation durable du mouvement indépendantiste.




























