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Tarahoi : Le trésor de guerre des groupes



Tahiti, le 17 juin 2021 - Tenus à rendre compte de l’utilisation de la dotation versée par l’assemblée, les trois groupes politiques présents à Tarahoi en 2020 se sont astreints à l’exercice. Leur rapport de gestion témoigne d’un usage très différent de leurs ressources.

Le bon fonctionnement de la vie démocratique nécessite que les élus disposent de moyens suffisants pour exercer leur mandat. Des moyens qui, en Polynésie française, passent par la perception par chaque groupe, présent sur les bancs de l’assemblée et constitué en association, d’une aide qui prend la forme d’une dotation mensuelle. Le mode de calcul en est simple : il s’agit de multiplier le nombre de représentants appartenant au groupe par 72 065 Fcfp. A ce petit jeu, les groupes les importants sont les plus richement dotés et le nomadisme politique, encore d'actualité ces dernières semaines à Tarahoi, revêt un enjeu autant politique financier. Un détour dans un autre groupe et c’est environ un demi-million de francs qui change de poche. A cette dotation s’ajoute la possibilité pour les élus de céder à leur groupe des crédits collaborateurs non utilisés sur la période. Une double manne qui peut donc permettre aux formations politiques de constituer un trésor de guerre avant les élections territoriales de 2023.
Il reste que, si le groupe est “libre de l’utilisation des crédits ainsi alloués pour satisfaire à ses besoins”, il doit cependant adresser au président de l’assemblée un compte rendu annuel de leur utilisation. Ces comptes rendus, rendus publics à l’occasion de la séance du 17 juin, font état d’un niveau et d’un usage très différent de ces crédits.

Les bleus jouent les écureuils

Malgré une présence éphémère à l’APF, le groupe A Here ia Porinetia a rempli ses obligations de transparence après sa dissolution le 28 janvier dernier. Une courte existence qui a cependant permis à l’association de collecter 6,3 millions de Fcfp de recettes provenant de la dotation de l’APF (2,7 millions) et d’une subvention de l’Union des démocrates et des Indépendants (UDI) auquel Nicole Sanquer est rattachée au Palais Bourbon. A Here ia Porinetia n’a en revanche pas vraiment eu le temps d’abuser du chéquier avec moins d’un million de Fcfp de dépenses, mais le groupe qui a perçu après sa dissolution la dotation pour février et mars 2021 devra rembourser le trop-perçu.

Au sein du groupe Tavini, on a joué la prudence pendant la crise. En versant une dotation de 6,9 millions, l’APF a guère soigné les bleus qui ont bénéficié de la plus petite part attribuée compte tenu de leurs huit élus. Mais le groupe indépendantiste a été très prudent dans son utilisation avec seulement 2,9 millions de dépenses au cours de l’année dernière. Selon les comptes déposés, le groupe n’emploie aucun salarié et aucun crédit collaborateur n’a été cédé. L’association, qui avait réussi à mettre 2,7 millions de côté fin 2019, porte la cagnotte à 6,7 au 31 décembre 2020. Un comportement d’écureuil qui n’a pas vraiment été partagé par le Tahoeraa sur la même période.

Ça flambe chez les orange

L’utilisation des crédits relève un peu de la fable opposant les fourmis Tavini et les cigales Tahoeraa. Du côté des orange en effet, on a vécu largement au-dessus de ses moyens en 2020. Les recettes en 2020 ont ainsi été uniquement constituées par la dotation de 7,2 millions de Fcfp. Une dotation qui s’est sensiblement contractée en cours d’année, le groupe passant de neuf à sept représentants en quelques mois du fait d'une défection et d'un prêt d’élu. Une réduction du groupe qui ne s’est pas accompagnée d'une diminution du train de vie. Selon les comptes déposés, les dépenses des orange sur la même période se sont en effet élevées à 15,7 millions, qui concernent quasi-exclusivement la rémunérations des salariés du groupe et le paiement de leurs charges sociales. Un déficit de 8,6 millions sur douze mois qui est cependant absorbé par la cagnotte de 8,9 millions qui avait été mise de côté à la fin 2019. Le groupe Tahoeraa à l’APF, pas plus que le parti politique, ne dispose donc pas d’une grande marge de manœuvre financière, ce qui peut expliquer le retour de Vaitea Legayic au bercail orange en janvier dernier.

La cagnotte du Tapura augmente

Des problèmes financiers qui ne sont pas le quotidien du groupe Tapura à Tarahoi. Même réduite de 39 à 37 unités entre le premier et le dernier trimestre 2020, l’association regroupant les élus de la majorité a bénéficié d’une dotation de 32,5 millions sur l’année à laquelle s’ajoute 7,5 millions de crédits cédés par les représentants. En face de ces 40 millions de Fcfp de recettes, les comptes de l’association font état de dépenses en hausse de 19%. Elles s’établissent désormais à 29,5 millions de dépenses, principalement des charges de personnel (23,1 millions). Les élus Tapura ont d’ailleurs favorisé la relance de l’emploi, les charges du personnel employées par le groupe ont en effet augmenté de +30% entre 2019 et 2020. Les quelque 10,5 millions de bénéfice au cours de l’année 2020 s’ajoutent aux noisettes mises de côté lors des exercices précédents. Selon les comptes certifiés par un expert-comptable, le groupe Tapura à l’APF dispose de 61,7 millions sur un compte à la Banque de Tahiti. Un pécule qui s’ajoute à celui mis de côté par le parti politique Tapura Huiraatira qui bénéficie, comme les autres formations, des aides publiques de l’État calculées en fonction du nombre de suffrages obtenus lors des dernières élections législatives en juin 2017 et du nombre de représentants à l’Assemblée nationale et au Sénat. De quoi bien préparer les élections législatives de 2022 et territoriales 2023.

​Les délinquants au secours du budget

Lors de la séance du 17 juin, les élus de l’APF ont également eu à approuver les comptes du Pays pour 2020. Des comptes sans surprise avec, compte tenu de l’impact sur l’économie de la crise de la Covid-19, des recettes fiscales en “forte contraction” avec une baisse de -9,3 milliards de Fcfp (-9%). Une baisse en grande partie due à des recettes de TVA très impactées en 2020 avec un recul de -4,3 milliards mais également pour les droits à l’importation (-1,4 milliard). Le rapport de présentation précise toutefois que “ces variations sont atténuées par la hausse de certaines recettes non fiscales”, avec une mention pour les “décisions de justice : 3,4 milliards de Fcfp”. Un chiffre qui doit regrouper notamment les 2 milliards de Fcfp d’amende prononcés en octobre dernier dans l’affaire Sarah Nui relative au démantèlement d’un important trafic de drogue ainsi que les amendes et astreintes infligées aux thoniers étrangers échoués à Marutea et Arutua. Des condamnations prononcées pour des délits qui viennent finalement renflouer le budget du Pays.

Rédigé par Sébastien Petit le Jeudi 17 Juin 2021 à 19:10 | Lu 2087 fois





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