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Surveillance des pêches dans le Pacifique : l’agence du Forum peaufine sa stratégie



Surveillance des pêches dans le Pacifique : l’agence du Forum peaufine sa stratégie
HONIARA, vendredi 8 avril 2011 (Flash d'Océanie) – L’Agence des Pêcheries du Forum des Îles du Pacifique (FFA, Pacific Islands Forum Fisheries Agency) a achevé sa dernière réunion annuelle, début avril, sur la poursuite des objectifs fixés et désormais formalisés en un document en matière de politique de surveillance des pêches dans le Pacifique.
Principal point en ligne de mire, concernant surtout la pêche au thon : la lutte contre les activités de pêche illicite et non signalée, phénomène en pleine recrudescence dans des eaux souvent difficiles à contrôler du fait des énormes superficies en jeu.
En bonne place aussi, dans cet ordre du jour, figurait la mise en œuvre du projet européen baptisé « Devfish » (pour poisson et développement) qui entre désormais dans sa seconde phase et qui met aussi un accent tout particulier sur la surveillance des eaux contenant la ressource et la bonne gestion des stocks de thonidés.
Ce projet porte sur un financement (dans le cadre du Fonds Européen de Développement, le FED) de 8,2 millions d’euros au cours des cinq années à venir.
Dans le cadre d’une mise en œuvre de ces objectifs, les pays riverains ont réaffirmé leur volonté de renforcer leurs systèmes de coopération et de partage d’informations, possiblement à partir d’un nouveau « centre régional de surveillance » dont la création a aussi été à ‘ordre du jour de la récente réunion, précise cette organisation dans un communiqué.
Le directeur des opérations de pêche de la FFA, Mark Young, a aussi renouvelé ses remerciements formels, au cours de cette réunion, aux financements apportés par l’Australie et la Nouvelle-Zélande, tout en saluant au passage « la France et les États-Unis pour leur soutien continu aux opérations de surveillance dans les Zones Économiques Exclusives (ZEE) des pays membres ».
En début de semaine, à Funafuti (capitale de Tuvalu), une autre structure dédiée à la pêche en Océanie, connue sous le nom de « signataires des Accords de Nauru » (Parties to the Nauru Agreement, PNA) se réunissait aussi pour discuter une nouvelle fois de gestion durable de la filière pêche dans leurs zones respectives.
Ce groupement rassemble les États Fédérés de Micronésie, Kiribati, les îles Marshall, Nauru, Palau, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les îles Salomon et Tuvalu, un ensemble de pays qui, toutes ZEE confondues, déclare représenter « 25 à 30 pour cent des ressources mondiales en thon ».
Dans la droite de mesures déjà prises ces derniers mois en matière contrôle de certaines formes de pêche, les pays membres avaient inscrit à leur ordre du jour des conservations de protection de zones estimées en danger au plan des stocks de thon.
Isaia Taeia, ministre des ressources naturelles du pays hôte, Tuvalu, a aussi rappelé aux responsables réunis les « défis posés par une crise internationale des pêcheries mondiales ».


Opération multinationale en Polynésie

Surveillance des pêches dans le Pacifique : l’agence du Forum peaufine sa stratégie
En Polynésie française, au cours de la seconde quinzaine de mars 2011, la marine nationale française a elle aussi mené une opération d’envergure, baptisée « Tautai 2011 » (pêche en Polynésien).
L’objectif était là aussi de contrôler, sur zone, d’éventuelles activités de pêche illicite et non signales dans la ZEE de la Polynésie française.
La marine française, pour l’occasion, avait déployé sa frégate « Le Prairial », ainsi que les patrouilleurs « La Railleuse » et « La Tapageuse » et deux avions « Gardian » (Falcon Jet).
Constat du Capitaine de Vaisseau Bertrand Mopin, qui participait à cette opération et s’est ensuite confié à la presse locale : « À l'intérieur de (notre) ZEE, nous n'avons constaté aucune activité de pêche étrangère. En revanche, dès que l'on arrive à la frontière de la ZEE, à 205 nautiques, il y a énormément de bateaux asiatiques », a-t-il affirmé.
Cette opération française comportait aussi un volet régional de coopération et d’interopérabilité en collaboration avec des éléments (en matériel et en personnel) de l’US Navy (et son navire USS Jarvis), des garde-côtes américains (et un avion d’observation C130), de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et des Îles Cook (avec son patrouilleur « Te Kukupa »).
Au cours de cette opération à large spectre, les organisateurs ont déclaré avoir inspectés un total de dix neuf bâtiment de pêche, parmi lesquels quatre se sont révélés être en infraction.
Mais les moyens français en Polynésie ont vocation à être réduits, à moyen terme : dès 2012, dans le cadre de la mise en œuvre du dernier Livre Blanc de la Défense, le nombre de bâtiment française en Polynésie française devrait être réduit de moitié.
Ces activités de surveillance régionale, souvent au bénéfice des petits États insulaires océaniens, se sont appuyées ces quinze dernières années sur un tripode France, Australie-Nouvelle-Zélande et, plus dernièrement sur une participation désirée et en phase de concrétisation de la part des États-Unis.
Selon les statistiques généralement acceptées, concernant la grande région de l’Océan Pacifique, les recettes des activités de pêche représentent pas moins de 1,3 milliards d’euros, en plus desquels il est estimé que quatre cent autres millions proviennent des activités illicites et non signalées.



Surveillance du Pacifique : une alliance militaire « FRANZUS » se dessine clairement

Surveillance des pêches dans le Pacifique : l’agence du Forum peaufine sa stratégie
Depuis le début 2011, la multiplication de déclarations concordantes de la part de responsables politiques ou militaires des gouvernements français, australien, néo-zélandais et américains a clairement esquissé ce qui pourrait très rapidement devenir une alliance élargie entre ces quatre pays, notamment en matière d’interopérabilité et d’actions concertées dans la grande région de l’Océan Pacifique.
Mi-mars 2011 l’agence des pêcheries du Forum des Îles du Pacifique (FFA, basée à Honiara) et le Secrétariat Général de la communauté du Pacifique (CPS, basé à Nouméa, Nouvelle-Calédonie) annonçaient la couleur en référence directe à un programme financé par l’Union Européenne et baptisé « DEVFISH » (pour « développement » et « poisson »).
Ce programme, qui bénéficie d’un soutien de l’UE à hauteur de 8,2 millions d’euros pour les cinq années à venir dans le cadre du Fonds Européen de Développement, le FED), a pour principal objectif de préserver la ressource halieutiques dans les États insulaire de l’Océanie, et avant tout de mieux gérer et contrôler les activités de pêche illicite et non signalée.
Le constat de départ a été une nouvelle fois rappelé par ces deux organisations chargées de mettre en œuvre cet ambitieux programme : les activités de pêche illicite et non signalée privent les États riverains et souverains dans leurs eaux territoriales de la majeure partie des revenus de ces pêches et donc d’un potentiel fort de développement.
En annonçant le lancement de cette nouvelle phase de Devfish (II), les organisations régionales ont aussi souligné que désormais, en matière de police des pêches, le socle porteur serait quadripode : États-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande et France, les quatre pays considérés comme des puissances régionales et qui disposent des moyens de leurs marines respectives.
La France, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont partenaires dans le cadre de l’accord dit « FRANZ » (acronyme des trois pays) qui, depuis fin 1992, se concentre surtout sur une meilleure coordination de l’aide aux petits pays insulaires riverains frappés par des catastrophes naturelles.
Des approches initiales avaient eu lieu, dès 2006, afin de proposer ce dispositif en mode de surveillance des activités de pêche de la région, au bénéfice des États riverains, dont les moyens maritimes sont extrêmement limités.
Par ailleurs, chacune des marines de ces trois pays effectue régulièrement des opérations de surveillance, en mode coopération avec les autorités locales.
De fait, ces dernières semaines, les déclarations et actes se sont multipliés en direction d’une matérialisation de cette nouvelle alliance qui semble à la fois intégrer le pacte FRANZ et, plus ancien encore, le pacte Australie-Nouvelle-Zélande-États-Unis (ANZUS) pour devenir de facto « FRANZUS ».
Encore mi-mars 2011, à Auckland, le Général de Brigade Olivier Tramond, Commandant supérieur des Forces Armées françaises en Nouvelle-Calédonie (FANC), a participé à une réunion entre officiers supérieurs « FRANZUS ».
Outre l’aspect protocolaire et une réception donnée à bord du patrouilleur La Glorieuse (basé à Nouméa) du 12 au 16 mars et un hommage aux victimes du récent séisme du 22 février 2011, le chef des forces françaises en Nouvelle-Calédonie a évoqué avec ses partenaires régionaux le mode quadrilatéral, sur fonds d’enjeux de sécurité, d’aide humanitaire et de surveillance des zones économiques de cette immense superficie océanique.
Lors d’une toute récente visite en Polynésie française, les 8 et 9 mars 2011, le secrétaire d’État australien chargé des affaires du Pacifique, Richard Marles, a aussi tenu un certains nombre de réunions avec les autorités locales, ainsi qu’avec le Haut-commissaire de la République française dans cette collectivité, Richard Didier.
Il avait ensuite clairement exprimé la nécessité pour les puissances régionales, sous forme de défi, d’ « élaborer un réseau inclusif de surveillance maritime pour les Zones Exclusives Économiques des pays du Pacifique ».
« Et c’est ce qui est en train de se faire à travers des pourparlers d’un groupe quadrilatéral qui comprend la France, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis … Pour faire en sorte que les moyens de chacune de ces nations servent à construire un important réseau de surveillance maritime.
L’un des premiers exemples à venir de la concrétisation de cet axe FRANZUS devrait être, dans les prochains jours, la mise en commun, sous forme de manœuvres, quatre mois durant, des moyens des États-Unis, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de la France (qui devrait mobiliser un hélicoptère), mais aussi du Japon, du Canada, de Singapour et de l’Espagne, dans le cadre d’un exercice multilatéral baptisé « Pacific Partnership 2011 ».
Cette opération, pilotée par les États-Unis, devrait avoir, à partir d’avril 2011, un caractère largement humanitaire, avec des escales dans plusieurs pays insulaires de la région, dont Tonga, Vanuatu, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Timor oriental et les États Fédérés de Micronésie.
« Cette mission a pour objectif de renforcer les relations internationales et l’interopérabilité en matière d’aide aux sinistrés de catastrophes naturelles dan s la région », annonçait on ne peut plus clairement mercredi le ministère australien de la défense.
Pacific Partnership a été lancée après le tsunami du 26 décembre 2004 dans l’Océan Indien et depuis, se tient chaque année.
Côté français, la frégate La Moqueuse devait quant à elle effectuer une escale de représentation à Tonga en fin de semaine (17-18 mars 2011) au port de la capitale du royaume, Nuku’alofa, a annoncé mercredi l’ambassade de France à Suva (Fidji, également compétente pour Kiribati, Nauru, Tonga et Tuvalu).

pad

Rédigé par PaD le Vendredi 8 Avril 2011 à 05:19 | Lu 821 fois




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