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Succès pour le premier salon du livre de Bora Bora


Le premier salon du livre de Bora Bora vient de se termine. Ici, ​Jasmina et Pascale de la DGEE entourent la romancière Flore Vesco.
Le premier salon du livre de Bora Bora vient de se termine. Ici, ​Jasmina et Pascale de la DGEE entourent la romancière Flore Vesco.
Bora Bora, le 28 novembre 2021 - La Perle du Pacifique vient de clôturer son premier salon du livre. Du mercredi 24 au samedi 27 novembre 2021, petits et grands ont eu la chance d’avoir accès à la littérature au sens large avec la présence d'auteurs de romans, de BD, d'un slameur, d'illustrateurs… Le tout rythmé de nombreuses animations interactives. 
 
Alors que la 21ème édition du salon du livre de Tahiti s’achevait, la première de Bora Bora débutait, sous l’égide de l’association des éditeurs de Tahiti et des îles, dont la maison d’édition Au vent des Îles. Le centre de lecture et médiathèque (CLEM) de la Direction générale de l'éducation et des enseignements (DGEE), représenté par Pascale et Jasmina, était également partenaire de l'opération. La programmation très étoffée était répartie entre la bibliothèque Te Fare Moemoea et le lycée polyvalent Ihi-Tea No Vavau.

Lucile Bambridge, représentante de la maison d'édition Au vent des Îles et chargée de communication du Fifo, explique que ce salon a déplacé les foules et pas simplement des scolaires. Les ateliers ont été animés par de nombreux enfants venus s’exprimer artistiquement et découvrir, pour certains, le monde de la littérature. La vente de livres au cœur de la bibliothèque s’est avérée honorable et les podcasts créés pour l’occasion ont permis, grâce à un QR code, d’accéder à des extraits de lectures de certains des livres proposés.
 
A l'ouverture mercredi dès 8h30 du matin, Margaret, responsable de la bibliothèque, accueillait les premiers passionnés de lecture autour d’un stand de livres enrichi à souhait, et tenu tout au long du salon par Hélène Coudert, stagiaire aux éditions Au vent des Îles. Il s’en est suivi une projection de films, sélection du Fifo, puis des ateliers se sont mis progressivement en place, dont “Rébus d'amour”, exercice pendant lequel les jeunes (9-12 ans) devaient décoder des rébus tout en s'amusant. Dans l'après-midi, l’atelier créatif couronne de papier, inspiré de l'album “Les savates de l'homme heureux”, était animé par l’illustratrice de la bande dessinée, Mariona Cabassa.
 
Slameurs et dessinateurs

Cette première journée s’est achevéé avec la projection du documentaire “Je demande la parole”, consacré au parcours engagé du Kanak Paul Wamo, en sa présence. 
 
Le lendemain était organisée une soirée de projection de films primés au Fifo 2021. Entre deux visionnages, le public avait l’occasion de rencontrer quelques personnalités du monde de la littérature. Flore Vesco, romancière venue de région parisienne, était à Bora Bora pour parler de ses romans fantaisistes, essentiellement auprès des scolaires. Elle a échangé avec les adolescents sur sa passion, les romans historiques, où le travail de la langue tient une place importante. Un de ses célèbres romans, en vente au salon, s’intitule “Louis Pasteur contre les loups-garous”. Le dessinateur Gotz était aussi présent pour dédicacer son 12ème et dernier opus intitulé “La course aux économies”, une BD humoristique dont le héros est le désormais célèbre Pito Mā.
 
Vendredi, les projections et les ateliers faisaient encore le bonheur des petits et des grands pour laisser place, à 18 heures, à une projection du spectacle intitulé Pina 'ina'i, un projet alliant danse et musique mettant en lumière, sur un ton engagé et militant, des aspects de notre société. Le salon s'est clôturé samedi sur une nouvelle séance de dédicace de Gotz et sur un atelier slam dirigé par Paul Wamo.

​Paul Wamo, slameur engagé

C’est important de penser aux îles.”

Paul Wamo est un poète, auteur-compositeur-interprète de 40 ans, né sur l'île de Lifou. Depuis près d’un an et demi il vit à Tahiti. Lorsqu’on lui demande quels sont ses projets, il confie ne pas savoir combien de temps il va encore rester en Polynésie : “Je laisse les choses venir, pour l’instant je n’ai pas de prévision précise.” Il considère son aventure en Polynésie comme une transition, il se sent “en préretraite, en mode pause, c’est un temps pour faire le point.” Et lorsqu’il s’agit de faire justement le point sur sa carrière, le slameur avoue avoir connu quelques chamboulements au cours de sa vie et que si son discours a changé au fil du temps dans sa forme, il n'a pas changé dans le fond : “Les choses que je dis aujourd’hui sont les mêmes qu’hier, les sujets sont identiques : identité, altérité et rapport à l’autre et à soi.” Le documentaire projeté sur grand écran dans la bibliothèque est en quelque sorte un inventaire de ce parcours, mais c’est également un condensé des messages qu’il veut faire passer à travers sa musique et ses mots. Réalisé en 2018, il a été produit par Axe Sud- Production. Paul considère ce film documentaire comme “une lettre d’amour au pays”, son pays, la Nouvelle-Calédonie. Il achève ses propos en disant se réjouir de l’organisation de ce salon : “C’est important de penser aux îles.”

​Pito mā à Bora Bora

"Ce genre de projet est forcément une bonne chose."

Comme à son habitude, Gotz, dessinateur de Pito Mā, aussi jovial dans la vie que dans ses albums, se réjouit de l’organisation d’un tel événement sur la Perle du Pacifique : “Ce genre de projet est forcément une bonne chose. Ça permet aux langues de perdurer.” Natif du Var, il ne se sent pas d’attache particulière, ni en métropole, ni en Polynésie. Même s’il est arrivé dans le Pacifique il y a environ 30 ans, il se “considère comme un invité ici.” Quand on lui demande d’où vient son inspiration pour l’écriture, il avoue que “Pito Mā c’est 90, voire 95 % de vécu. Ce sont des choses que je vois autour de moi et qui me font marrer. Je les note pour ne pas oublier et lorsque je me mets à dessiner, j’adapte les situations à mes personnages.” Pour terminer, il confie travailler sur un projet dont le thème sera le mā’a. L’album s’intitulera probablement “Snack chez Bob”.

Rédigé par Nij le Dimanche 28 Novembre 2021 à 15:48 | Lu 797 fois