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Sept et quatre ans ferme pour Boiron et Barbion



PAPEETE, le 29 août 2019 - Le tribunal correctionnel a lourdement condamné jeudi les dix prévenus poursuivis dans le cadre de l’affaire Boiron. Thierry Barbion, dont les avocats ont d’ores et déjà annoncé qu’ils allaient faire appel, a été condamné à quatre ans de prison ferme assortis d’un mandat de dépôt. L’ancienne institutrice Sabine Boiron a écopé de sept ans de prison ferme. Les autres prévenus ont été condamnés à des peines comprises entre 6 mois et 6 ans de prison ferme.

Après deux journées de procès mardi et mercredi au cours duquel ont été jugés dix prévenus, dont l’ancienne institutrice Sabine Boiron, le promoteur immobilier Thierry Barbion et l’ancien dirigeant du Ute Ute, Marc Ramel, le tribunal correctionnel a prononcé de lourdes peines jeudi en dépassant largement les réquisitions prises par le parquet.

Avant de prononcer les peines, le président du tribunal, Nicolas Léger, a indiqué qu’il était du devoir de la justice de se montrer particulièrement “ferme” sur la prostitution des mineurs, une forme “d’esclavage moderne” dans une société où les “écarts de richesse rendent encore plus aisés les abus sexuels imposés aux mineurs”.

Boiron interpellée à son domicile

Les avocats de la défense, abasourdis pour la plupart, ont ensuite assisté aux condamnations de leurs clients. Sabine Boiron, ancienne institutrice à laquelle il était reproché d’avoir prostitué de jeunes filles mineures auxquelles elle fournissait de l’ice, a été la plus lourdement sanctionnée avec une peine de prison ferme de sept ans. Alors qu’elle avait fui le palais de justice à la vue des escortes de police, la quadragénaire a été interpellée dans l’après-midi à son domicile.

Le promoteur Thierry Barbion, contre lequel le parquet avait requis 24 mois de prison avec sursis, a été condamné à quatre ans de prison ferme assortis d’un mandat de dépôt. Le tribunal a estimé qu’il avait remis de l’argent à Sabine Boiron afin qu’elle mette une “mineure à sa disposition”. “La position sociale éminente qui était celle de M. Barbion aurait dû le conduire à adopter une attitude exemplaire et non à penser qu’il pouvait s’affranchir des règles imposées à tous”, a fermement commenté le président du tribunal avant d’expliquer que l’argument de défense utilisé par le prévenu qui consistait à dire qu’il “avait abandonné une vie rangée pour soudainement se livrer à une vie de débauche débridée après la tentative de suicide de sa femme” résonnait comme un “élément de perversité”.

L’ancien dirigeant du Ute Ute, Marc Ramel, qui avait eu des relations sexuelles avec une mineure de 13 ans et qui avait remis des stupéfiants à des mineures dans “un cadre de dépravation étendue”, a écopé de quatre ans de prison ferme. Dans la mesure où il n’était pas présent à l’audience, le tribunal a décerné un mandat d’arrêt à son encontre.

Gerardo Lozano, le frère de Mercedes Dubaquier, qui était poursuivi pour corruption de mineures et trafic de stupéfiants a quant à lui été condamné à six ans de prison ferme assortis d’un mandat de dépôt.

Ces quatre prévenus ont été inscrits au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS). Sabine Boiron et Thierry Barbion ont également été condamnés à la privation de leurs droits civiques. Les six autres prévenus ont écopé de peines comprises entre six mois et trois ans de prison ferme.
 

Me Quinquis : “c’est une décision affligeante”

"Je suis effondré pour l’institution judiciaire. Du haut de mes 43 années de barreau, cela me donne véritablement envie de raccrocher ma robe. Je tiens à rassurer le tribunal, je ne raccrocherai pas ma robe car il est évident qu’il s’agira là de l’un de mes derniers combats et je le mènerai jusqu’au bout avec fermeté. Soyons sérieux ! Pour ceux qui ont assisté aux débats hier, la preuve a été apportée que les éléments constitutifs de l’infraction n’existent pas. Vous avez pu noter, avec la même surprise que moi que la seule personne pour laquelle le président du tribunal s’est donné la peine d’essayer de motiver sa décision, je dis bien essayer, en vain, c’est M. Barbion. Vous avez également pu noter que l’on a pris un temps considérable à parler de choses qui étaient hors poursuite. Tout ceci m’amène à vous dire que cette décision est absolument affligeante et je pèse mes mots. Il vaut mieux aujourd’hui ne pas être riche ou puissant mais cela étant, ça ne devrait absolument pas avoir droit de cité en matière de justice. Car en matière de justice justement, ou l’infraction existe ou elle n’existe pas. Que l’on soit riche ou puissant importe peu et vous aurez aussi noté que le tribunal a cru bon de parler de la tentative de suicide de l’épouse de M. Barbion à la fin de sa motivation, ce qui ne cesse pas de m’étonner."
 

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 29 Août 2019 à 16:37 | Lu 7911 fois





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