Manoa Drollet, comme Vetea David, est une des légendes vivantes du monde du surf polynésien. Binôme de Malik Joyeux dès le début des années 2000, il a été un des précurseurs du surf de gros à Teahupo’o. Même s’il a toujours été un « free surfeur » dans l’âme, et un des rares à réussir à vivre de son art, il possède également l’esprit de compétition, comme on a pu le voir lorsqu’il avait pu atteindre la finale de la Billabong Pro Tahiti en 2008.
En 2015, 2016 et 2017, il participait au « Ultimate Waterman », une compétition pluridisciplinaire de grande envergure autour du surf organisée par Greg Townsend, de Surfing New Zealand, et parrainée par Laird Hamilton. Nous avions eu la chance d’accompagner Manoa Drollet et Georges Cronsteadt en 2015 dans cette aventure exceptionnelle. Nos deux champions avaient pu se rendre compte de la place importante occupée par le sauvetage côtier sportif en Nouvelle Zélande où des dizaines de clubs existent. Symon Bounce
Le sauvetage côtier sportif permet aux communautés de reconnaitre les dangers du milieu côtier et les conduites à avoir pour les éviter. Elle apprend aux pratiquants les gestes de secours et d'alerte qui permettent de jouir des activités nautiques et côtières en réduisant les risques de noyade. Un risque qui grandit proportionnellement avec le développement des activités nautiques côtières comme le SUP, le va’a, le prone paddle, le surf…
En 2015, 2016 et 2017, il participait au « Ultimate Waterman », une compétition pluridisciplinaire de grande envergure autour du surf organisée par Greg Townsend, de Surfing New Zealand, et parrainée par Laird Hamilton. Nous avions eu la chance d’accompagner Manoa Drollet et Georges Cronsteadt en 2015 dans cette aventure exceptionnelle. Nos deux champions avaient pu se rendre compte de la place importante occupée par le sauvetage côtier sportif en Nouvelle Zélande où des dizaines de clubs existent. Symon Bounce
Le sauvetage côtier sportif permet aux communautés de reconnaitre les dangers du milieu côtier et les conduites à avoir pour les éviter. Elle apprend aux pratiquants les gestes de secours et d'alerte qui permettent de jouir des activités nautiques et côtières en réduisant les risques de noyade. Un risque qui grandit proportionnellement avec le développement des activités nautiques côtières comme le SUP, le va’a, le prone paddle, le surf…
Parole à Manoa Drollet :
Comment t’es-tu intéressé au sauvetage ?
« Tout ça est né avec Georges en Nouvelle Zélande, lors du 1er Ultimate Waterman. On avait vu des sauveteurs s’entrainer à Piha Beach. On s’était dit qu’il fallait que l’on ait ça chez nous, en pensant à nos enfants polynésiens. En Australie, les premiers clubs ont été créés en 1906, en Nouvelle Zélande en 1908. Cela fait partie de leur culture. Quand tu vas dans un « surf club », tu as l’impression d’être dans un musée, avec des planches en bois et des photos de tous les présidents de clubs et de leurs champions. On aurait pu faire ça à Taharu’u mais on a jamais su le faire au niveau associatif. Il n’est jamais trop tard. On a tout ce qu’il faut ici pour pratiquer ça et enseigner ça à notre jeunesse. »
Le surf a toujours été lié à la natation ?
« Le surf moderne vient de la fusion entre le surf/life saving, que les anglo-saxons appellent « surf club », et la culture polynésienne. Duke Kahanamoku, qui est le père du surf moderne, était un champion olympique de natation. Il était réputé pour ça. C’était aussi un super waterman. »
Vous avez créé une association en octobre ?
« Oui, on a créé le club avec Georges et les amis avec qui on s’entraine à Papara. A la base, le président était Georges, j’étais le vice-président, Georges s’est mis pour l’instant en retrait car il est trop occupé par ses obligations familiales et professionnelles. Je suis donc le président depuis le début de l’année. Alexy Berthet est le trésorier et Sébastien Darrasse est le secrétaire. Le but est de développer le sauvetage côtier sportif à Papara et à Tahiti. On est en discussion avec pas mal de personnes intéressées et on a eu pour l’instant de très bons retours. »
Comment t’es-tu intéressé au sauvetage ?
« Tout ça est né avec Georges en Nouvelle Zélande, lors du 1er Ultimate Waterman. On avait vu des sauveteurs s’entrainer à Piha Beach. On s’était dit qu’il fallait que l’on ait ça chez nous, en pensant à nos enfants polynésiens. En Australie, les premiers clubs ont été créés en 1906, en Nouvelle Zélande en 1908. Cela fait partie de leur culture. Quand tu vas dans un « surf club », tu as l’impression d’être dans un musée, avec des planches en bois et des photos de tous les présidents de clubs et de leurs champions. On aurait pu faire ça à Taharu’u mais on a jamais su le faire au niveau associatif. Il n’est jamais trop tard. On a tout ce qu’il faut ici pour pratiquer ça et enseigner ça à notre jeunesse. »
Le surf a toujours été lié à la natation ?
« Le surf moderne vient de la fusion entre le surf/life saving, que les anglo-saxons appellent « surf club », et la culture polynésienne. Duke Kahanamoku, qui est le père du surf moderne, était un champion olympique de natation. Il était réputé pour ça. C’était aussi un super waterman. »
Vous avez créé une association en octobre ?
« Oui, on a créé le club avec Georges et les amis avec qui on s’entraine à Papara. A la base, le président était Georges, j’étais le vice-président, Georges s’est mis pour l’instant en retrait car il est trop occupé par ses obligations familiales et professionnelles. Je suis donc le président depuis le début de l’année. Alexy Berthet est le trésorier et Sébastien Darrasse est le secrétaire. Le but est de développer le sauvetage côtier sportif à Papara et à Tahiti. On est en discussion avec pas mal de personnes intéressées et on a eu pour l’instant de très bons retours. »
Des sauveteurs néozélandais sont même venus ?
« En participant à l’Ultimate Waterman en Nouvelle Zélande, on a pu rencontrer les clubs, et des responsables de marques, avec leurs équipes de champions, avec qui on a pu discuter. Ils nous on expliqué comment cela marchait. Au retour, on en a parlé avec Stéphan Lambert, avec Torea Colas le directeur marketing d’Air Tahiti Nui et finalement 6 athlètes et 2 coachs ont pu être invités pour la compétition du Waterman Tahiti Tour du 10 et 11 juin dernier. Ils ont pu rencontrer les associations qui étaient motivées. Des liens se sont crées et on verra bien où cela va mener. »
Il y a l’aspect sportif et l’aspect opérationnel ?
« Il y a la partie éducative où tu apprends au jeunes les bases du sauvetage, de la natation, les dangers du littoral, des vagues, du surf, du courant. Il y a la partie opérationnelle, le club fait un calendrier et des gars sont en « stand by » en cas de besoin, en complément des « life guards » là bas, pour nous les pompiers. Il y a ensuite l’aspect des compétitions avec un championnat d’une ville, d’une région ou d’un club. Il y a des entrainements au sein du club, des sélections, comme dans la plupart des autres sports. Comme dans tout sport, il peut y avoir aussi des débouchés professionnels. Ce genre de compétition peut aussi aider par exemple ceux qui constituent les équipes de water patrol à savoir qui est entrainé, cela peut tirer vers le haut tout le secteur. »
Il y a un retard en Polynésie au niveau sauvetage ?
« Aujourd’hui, on se rend compte qu’on a un retard. De nouvelles disciplines nautiques se démocratisent. Naturellement, on va devoir suivre sur l’aspect sécuritaire et éducatif, avec des gestes à avoir, des procédures à suivre pour rendre les activités plus sûres, en mettant en valeur notre pays. Cela va rendre la jeunesse plus responsable et plus autonome. Certains accidents, comme celui du jeune à Paea, ont permis d’ouvrir le débat. Cela a permis de prendre conscience que les activités nautiques se sont développées et que les risques ont augmenté. »
« En participant à l’Ultimate Waterman en Nouvelle Zélande, on a pu rencontrer les clubs, et des responsables de marques, avec leurs équipes de champions, avec qui on a pu discuter. Ils nous on expliqué comment cela marchait. Au retour, on en a parlé avec Stéphan Lambert, avec Torea Colas le directeur marketing d’Air Tahiti Nui et finalement 6 athlètes et 2 coachs ont pu être invités pour la compétition du Waterman Tahiti Tour du 10 et 11 juin dernier. Ils ont pu rencontrer les associations qui étaient motivées. Des liens se sont crées et on verra bien où cela va mener. »
Il y a l’aspect sportif et l’aspect opérationnel ?
« Il y a la partie éducative où tu apprends au jeunes les bases du sauvetage, de la natation, les dangers du littoral, des vagues, du surf, du courant. Il y a la partie opérationnelle, le club fait un calendrier et des gars sont en « stand by » en cas de besoin, en complément des « life guards » là bas, pour nous les pompiers. Il y a ensuite l’aspect des compétitions avec un championnat d’une ville, d’une région ou d’un club. Il y a des entrainements au sein du club, des sélections, comme dans la plupart des autres sports. Comme dans tout sport, il peut y avoir aussi des débouchés professionnels. Ce genre de compétition peut aussi aider par exemple ceux qui constituent les équipes de water patrol à savoir qui est entrainé, cela peut tirer vers le haut tout le secteur. »
Il y a un retard en Polynésie au niveau sauvetage ?
« Aujourd’hui, on se rend compte qu’on a un retard. De nouvelles disciplines nautiques se démocratisent. Naturellement, on va devoir suivre sur l’aspect sécuritaire et éducatif, avec des gestes à avoir, des procédures à suivre pour rendre les activités plus sûres, en mettant en valeur notre pays. Cela va rendre la jeunesse plus responsable et plus autonome. Certains accidents, comme celui du jeune à Paea, ont permis d’ouvrir le débat. Cela a permis de prendre conscience que les activités nautiques se sont développées et que les risques ont augmenté. »
Le potentiel est important en Polynésie ?
« Oui. On a de bons nageurs en Polynésie. Un bon sauveteur doit être un bon nageur. On est limités au niveau bassins, par contre on a un immense océan autour de nous, je pense que c’est plutôt là que cela doit se passer. On devrait développer l’enseignement de la natation et du secourisme, du sauvetage. Cela coule de source. Je suis optimiste. Maintenant que ces liens ont été créés avec la Nouvelle Zélande, notre voisin le plus proche, on ne peut aller que vers le haut. Sans oublier Hawai’i, on est un peu au milieu de ces nations qui ont développé le sauvetage côtier. On voit certains rameurs qui sont de super athlètes, qui connaissent bien la mer, qui ont la condition. Les Néozélandais et les Australiens qui sont venus ont vu ça. »
Les pouvoirs publics peuvent avoir un rôle ?
« C’est sûr. Après, au niveau administratif, ici comme ailleurs, les choses avancent doucement. Donc nous, de notre côté, on a fait ce club grâce à nos contacts à l’extérieur, sans attendre. L’administration c’est long mais je pense que cela va suivre. On a eu un excellent retour de Lionel Teihotu, le président de la fédération tahitienne de surf, qui est tout à fait intéressé. On le remercie par avance. Merci aux sauveteurs néozélandais et à tous ceux qui ont bien voulu nous aider. Merci également à Tahiti Infos de promouvoir cette initiative, merci pour cet article. » Propos recueillis par SB
« Oui. On a de bons nageurs en Polynésie. Un bon sauveteur doit être un bon nageur. On est limités au niveau bassins, par contre on a un immense océan autour de nous, je pense que c’est plutôt là que cela doit se passer. On devrait développer l’enseignement de la natation et du secourisme, du sauvetage. Cela coule de source. Je suis optimiste. Maintenant que ces liens ont été créés avec la Nouvelle Zélande, notre voisin le plus proche, on ne peut aller que vers le haut. Sans oublier Hawai’i, on est un peu au milieu de ces nations qui ont développé le sauvetage côtier. On voit certains rameurs qui sont de super athlètes, qui connaissent bien la mer, qui ont la condition. Les Néozélandais et les Australiens qui sont venus ont vu ça. »
Les pouvoirs publics peuvent avoir un rôle ?
« C’est sûr. Après, au niveau administratif, ici comme ailleurs, les choses avancent doucement. Donc nous, de notre côté, on a fait ce club grâce à nos contacts à l’extérieur, sans attendre. L’administration c’est long mais je pense que cela va suivre. On a eu un excellent retour de Lionel Teihotu, le président de la fédération tahitienne de surf, qui est tout à fait intéressé. On le remercie par avance. Merci aux sauveteurs néozélandais et à tous ceux qui ont bien voulu nous aider. Merci également à Tahiti Infos de promouvoir cette initiative, merci pour cet article. » Propos recueillis par SB