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Réforme du collège : "tout doit être mis au service de la réussite des élèves" (Florence Robine)



Agrégée de sciences à l'école normale supérieure, Florence Robine était inspectrice générale de l'éducation nationale avant d'être nommée directrice générale de l'enseignement scolaire au ministère de l'éducation nationale en 2014.
Agrégée de sciences à l'école normale supérieure, Florence Robine était inspectrice générale de l'éducation nationale avant d'être nommée directrice générale de l'enseignement scolaire au ministère de l'éducation nationale en 2014.
Florence Robine, directrice générale de l’enseignement scolaire du ministère de l'Education nationale, est en mission sur le territoire du 23 au 28 février, à l’invitation de Nicole Sanquer, dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme du collège. Le dispositif de cette réforme nationale sera progressivement mis en application dès la rentrée d’août prochain en Polynésie. L’occasion pour la n°2 du ministère de l’Education nationale de se rendre compte par elle-même des spécificités locales d’un système éducatif qui souhaite offrir des chances égales à 62 223 élèves issus des 118 îles réparties dans un environnement océanique de 5 millions de km2 alors que l’Etat et le Pays travaillent au renouvellement de la convention décennale sur l’éducation qui doit être signée en fin d’année.

Que pensez-vous de l’organisation du système éducatif en Polynésie française ?

Florence Robine : Ce que je constate, c’est qu’il y a une envie de faire avancer le pays du point de vue de l’éducation et je trouve que c’est très enthousiasmant. On ne peut que dire notre disponibilité pour aider à cela. Il y a une vraie volonté de mettre la Polynésie sur les rails de la réussite des élèves. (…) Les défis sont formidables. Pour tout dire : il y a une énorme volonté, de très grandes compétences ; mais on part de loin et il y a beaucoup de travail. Cela veut dire qu’il faut que l’on travaille tous bien ensemble, que l’on soit cohérents et d’accord sur les objectifs et que l’on définisse ensemble des stratégies qui soient les plus efficaces, opérationnelles et adaptées au contexte local.
(…) Au-delà du travail sur la réforme du collège, mon objectif principal est de savoir comment on peut mieux articuler le premier et le second degré. Je suis aussi venu pour en discuter avec la ministre, avec le vice-recteur, avec les établissements et les corps d’inspection. Je suis persuadée que la réussite des élèves polynésiens se joue là. Il s’agit d’éviter la rupture entre le premier et le second degré à travers un cycle 3 qui incorporera le CM1, le CM2 et la 6e. Pour moi, la Polynésie est un vrai laboratoire à ce titre-là. L’organisation spécifique que l’on a ici fait que l’on ne pourra pas tourner autour. Il va falloir le faire. Je trouve cela passionnant parce que la ministre met en place une politique très ambitieuse et courageuse et a fait ce choix d’implanter la réforme du collège. Cela va obliger la Polynésie à faire face à un certain nombre de problématiques auxquelles elle n’a pas forcément été confrontée jusqu’à présent. Je souhaite apporter mon concours à tout cela et dire, pour la direction générale que je représente et qui est en charge de toute la politique éducative, que nous sommes résolument à côté du vice-rectorat et de la ministre pour trouver des solutions
.

Comment les enseignants seront-ils aidés pour cette réforme du collège alors qu’elle entre en application dès la rentrée prochaine ?

Florence Robine : Personne ne demandera à ce que le 10 août tout le monde soit dans la perfection de cette réforme. Il nous faut prendre les équipes là où elles en sont et les accompagner. Ce qui est intéressant, c’est que ça va nous obliger à tirer plein de ficelles, y-compris par exemple à revoir complètement notre mode de fonctionnement sur la formation des enseignants. Quand on met en place une réforme aussi ambitieuse avec un système d’évaluation, un système d’accompagnement personnalisé des élèves, de l’engagement, un regard plus collectif… (Rien de tout cela n’est nouveau. On a juste décidé d’arrêter de bricoler chacun dans notre coin et pas au même moment et de mettre ça en place ensemble et en même temps). C’est compliqué. Force est de constater qu’il faut un accompagnement. Les enseignants que j’ai rencontrés ne sont pas hostiles ; ils me disent juste « aidez-nous parce que jusqu’à présent on a été seuls. Et ce n’est pas parce qu’on a une journée de formation par-ci par-là que l’on sera capables d’affronter quelque chose de ce type-là ».
Il nous faut prendre l’engagement d’accompagner au long cours. Cela nous met devant nos responsabilités et à notre place. Ils ont la responsabilité de la mise en œuvre et d’inventer les moyens pour que ça fonctionne au mieux ; nous devons leur offrir un accompagnement de qualité pour qu’ils puissent le faire
.

Avez-vous des objectifs chiffrés concernant l’évolution de la compétence des élèves ?

Florence Robine : C’est quelque chose de difficile. On peut toujours faire semblant en se mettant des objectifs, comme ça. Il est important d’avoir des objectifs ; mais il faut savoir comment on les évalue et d’où on part. La question de la meilleure réussite des élèves de Polynésie est au cœur de notre projet commun. C’est l’une des raisons de ma venue aujourd’hui. On parle de réforme du collège ; mais cela englobe une réflexion sur l’intégralité de la scolarité obligatoire. D'où la nécessaire réflexion commune qui s’impose entre le premier et le second degré. Elle doit permettre de faire en sorte que les élèves sortent avec des compétences plus solides de l’école élémentaire et que le collège permette de les amener encore plus loin – construire leur projet personnel ; être plus autonomes ; être plus motivés sur les apprentissages. Donc, oui, on va se donner des objectifs. Maintenant je ne crois pas à des chiffres posés a priori. Nous sommes dans une période de réforme profonde. Nous devons installer les organisations qui fonctionnent bien, l’accompagnement du système éducatif polynésien à tous les niveaux (pour les cadres, pour les enseignants, pour les élèves). C’est tout cela que nous devons mettre en œuvre.

Tout cela sera-t-il au fondement de la prochaine convention décennale sur l’éducation qui doit être signée entre l’Etat et le Pays avant le 1er janvier prochain ?

Florence Robine : Là encore, c’est vraiment la ministre et le vice-recteur qui sont à la manœuvre ; mais une convention décennale qui ne prendrait pas comme cœur du sujet la réussite des élèves serait, à mon avis, peu efficace. Les organisations doivent être au service de cet objectif, pas le contraire : on ne commence pas à se demander comment on se partage les compétences avant de se demander à quoi elles servent. Le projet commun doit être premier et au cœur de la convention. Les objectifs, la stratégie, la façon de travailler ensemble… tout doit être mis au service de la réussite des élèves.

Pour revenir à la réforme du collège, la Polynésie a-t-elle avancé sur la question des fameux Enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) ?

Florence Robine : Ce sera vraiment au choix des enseignants. Cette réforme a pour ambition de leur donner plus de liberté. Et ensuite de faire en sorte que les élèves soient plus motivés, passionnés et engagés dans les projets d’apprentissage.
Je pense que personne n’est aussi compétent qu’un enseignant, sur place, dans son collège, pour définir le projet qui conviendra le mieux à ses élèves, compte tenu de son environnement. (…) L’essentiel est que l’on ait des élèves qui aient envie d’apprendre à l’école et de continuer leurs études
.

Cette réforme parle aussi beaucoup des heures d’accompagnement personnalisé. Y aura-t-il des postes créés pour cela ?

Florence Robine : Nous sommes en train de travailler avec le Pays pour voir quel sera le budget de l’an prochain. Nous accompagnons toujours les efforts. Mais nous sommes dans un contexte de baisse démographique de la Polynésie dont il faut tenir compte aussi.

En termes de certification, le brevet des collèges sera impacté par la réforme à partir de 2017. En quoi va-t-il être transformé ?

Florence Robine : Au lieu du traditionnel contrôle continu qui compte jusqu’à présent pour une partie importante du brevet, nous souhaitons faire en sorte que la maîtrise du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, soient au cœur du brevet. Une partie importante sera l’évaluation collégiale par les enseignants du niveau de compétences des élèves. Nous avons maintenu des épreuves terminales ; mais elles ont été renouvelées. Nous avons rajouté une épreuve orale basée sur les fameuses EPI dont nous parlions tout à l’heure, pour que les élèves puissent, seul ou en groupe, présenter le projet qu’ils ont mené et soient évalués à partir de cela, c’est-à-dire moins sur le résultat final que sur leur capacité à s’investir, à parler. D’autre part, au titre des épreuves écrites, nous aurons une épreuve de « Français, Histoire-géographie et enseignement moral et civique » qui s’intéresse à la capacité d’analyse, de réflexion et de restitution par écrit de l’élève. Et d’autre part une épreuve plus scientifique, avec des mathématiques et des sciences, autour d’une thématique commune.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Mercredi 24 Février 2016 à 13:53 | Lu 2115 fois






1.Posté par VATEA le 25/02/2016 08:48 | Alerter
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Il y a faire .. ENORME !!! je vais passer ma fille dans le privé , en CM2 ... c'est la catastrophe dans le public , si vous coulez des idées .. revenez comme dans les années 70-80 et çà va le faire

2.Posté par Ronald TANGUY le 25/02/2016 10:06 | Alerter
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Il serait intéressant de voir un programme éducatif qui motive l'étudiant à créer son entreprise, créer de l'emploi, apporter sa pierre pour développer son pays.
Le problème pour l'étudiant c'est qu'on ne le motive pas dès le départ à être imaginatif. A créer ses rêves. Être ambitieux. Courageux. Participer à l'économie du pays pour que les Polynésiens restent chez eux et développent leur héritage. On le formate trop pour qu'il ait des diplômes être fonctionnaire dans l'administration (pénitencier, gendarmerie, police, douane, militaire, municipale), gouvernement pour avoir la sécurité de l'emploi,.
Si on ne donne pas cet enseignement a l'étudiant, il ne verra pas l'idée de poursuivre ses études sauf si il a les moyens financiers, puisque le chômage est là pour l'en dissuader et qu'il n'a pas été former à l'école pour le convaincre de ne jamais baisser les bras. Merci.

3.Posté par taoahere le 25/02/2016 12:10 | Alerter
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Ma pauvre, la ministre t'a converti en un de ces apôtres avec ces chiffres comme elle le dit bien '' On peut faire dire ce que l'on veut au chiffre ''

Notre chère ministre n'a pas les compétences malheureusement, il suffit de voir ces diplômes, elle aura beau faire du blabla mais elle n'est pas intelligente.
Maurin à la rigueur mais c'est un serpent qui change de peau à chaque gouvernement en rampant psssssss.

Il faut commencer d'abords à reformer notre ministère de l'éducation.

4.Posté par manoivi le 25/02/2016 12:13 | Alerter
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C'est l'exemple qui manque. Comment donner envie à un jeune d'investir, de travailler dur pour gagner peu quand les administratifs travaillent parfois moins de 20 heures par semaine pour gagner des salaires pharaoniques. Ils nous répondront parfois qu'ils travaillent à la maison, mais à chaque vacances ils sont les premiers à partir, une image catastrophique pour la jeunesse. En métropole la société privée est bien représentée, ici elle n''existe pas, si tu as la bonne couleur de chemise, pas nécessaire d'investir, tu bénéficie toute ta vie des emplois aidés et autres formations rémunérées mais inutiles, même de père en fils pour certains!!! Tant que les politiques ne joueront pas le jeu, aucun espoir d'évolution.

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