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Réforme des retraites : la grève générale peut-elle être évitée ?



(Photo d'archives T.I. : 15 février 2018)
(Photo d'archives T.I. : 15 février 2018)
PAPEETE, 17 septembre 2018 - Le collectif syndical opposé à la réforme des retraites s'engage dans la dernière ligne droite de son mouvement de contestation. Faute d'entente d'ici mardi soir, des débrayages sont à redouter dès mercredi matin dans les secteurs du tourisme, de l'industrie, dans le commerce et dans l'administration.

Le collectif syndical CSTP-FO, CSIP, Otahi, Otahi, RTP-ARO no Porinetia, O Oe To Oe Rima et Cosac a organisé en fin de semaine dernière le dépôt de quantité de préavis dans les secteurs public et privé en vue d’une grève générale à compter de mercredi 0 heure, pour une durée illimitée. Trois revendications sont portées. La principale est "le retrait du projet de loi du Pays visant à réformer le régime des retraites". Deux demandes complémentaires sont glissées, avec l’assurance de recueillir l’aval de quiconque parmi les salariés : la revalorisation du pouvoir d’achat par une augmentation de 2% des salaires ; et l’amélioration des conditions de travail et de sécurité des travailleurs.

"On demande la suspension du projet de loi pour poursuivre les discussions. Nous sommes d’accord pour réformer les retraites ; mais pas dans ces conditions", a commenté lundi Cyril Le Gayic à propos du projet de loi amendé qui doit être examiné en fin de semaine par les élus de Tarahoi. Le premier secrétaire adjoint de la CSIP qualifie les rencontres conduites par Virginie Bruant sous l’égide de la commission de la Santé, courant juillet et août, de "dialogue de sourd" et la nouvelle mouture du projet de loi qui en est issue de "réforme pour les stylocrates" : "on ne pense pas aux petits, aux maçons, à ceux qui travaillent dans l’industrie". Sans accord avec le Pays, le collectif des syndicats n’exclut pas un durcissement de son mouvement en fin de semaine. Le mouvement devrait annoncer ses intentions mardi en début d'après-midi, lors d'une conférence de presse prévue à 14 heures. Mais peut-on imaginer que le Pays décide une nouvelle fois de suspendre l'examen de ce texte, alors que tout le monde s'entend pour en reconnaître l'urgence ?

Rencontres avec les employeurs

C’est dans le contexte d'une possible grève générale à partir de mercredi que les syndicalistes sont invités par ailleurs à se rendre mardi à 16 h 30, au siège du Medef-Polynésie. Une rencontre par laquelle l’instance patronale donne l’opportunité à toutes ses entreprises affiliées et destinataires du préavis, d’accomplir leur obligation légale de négociation. En attendant, Patrick Bagur, le président du Medef-Polynésie, ne se fait pas beaucoup d’illusion sur l’issue de celle-ci. "On est obligé de les recevoir", se borne-t-il simplement à rappeler lundi. Son syndicat d’employeurs compte près de 500 entreprises. Les principales sont concernées par de possibles débrayages en milieu de semaine : la plupart des grands hôtels de Tahiti, Moorea et Bora Bora, les banques locales, plusieurs grosses entreprises à l’instar d’EdT-Engie, Gaz de Tahiti, plusieurs filiales du groupe Martin, la société gestionnaire des aéroports d’Etat.

Du côté de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), ne serait "pas trop impactée" par les menaces de débrayage, selon son président : "Le préavis ne concerne que quelques grosses entreprises. Dans l’ensemble nos PME ne sont pas trop touchées". La CPME se borne au service minimum, avec l’assurance que compte tenu de l’enjeu des préavis la solution n’est pas dans ses cordes. Un e-mail a été adressé lundi matin aux entités du collectif syndical opposé à la réforme des retraites. "S’ils veulent nous voir, qu’ils viennent", leur lance Christophe Plee.

Sur le fond, les syndicats patronaux plaident depuis plusieurs mois pour la nécessité d’une réforme du système polynésien de retraites. Ils ont obtenu du gouvernement en février dernier de participer à la présidence tournante du Conseil d’orientation et de suivi des retraites (COSR), tous les deux ans, en partage avec les syndicats de salariés. Cet observatoire des retraites sera à la fois force de proposition et consulté préalablement à tout ajustement paramétrique futur. En cas d’adoption du projet de réforme des retraites par les élus de Tarahoi, le COSR serait constitué avant la fin de l’année.

Pour l’instant, le projet de loi visant à réformer le système d’assurance vieillesse est toujours prévu à l’ordre du jour de la première séance de la session budgétaire 2018 et devrait être examiné en séance vendredi 21 septembre.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Lundi 17 Septembre 2018 à 14:24 | Lu 3849 fois





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