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Quand la précarité complique le suivi des femmes enceintes



ORMOY, 16 octobre 2014 (AFP) - Monoara, 28 ans, souffre de diabète et vient de faire une fausse couche. Cette jeune femme originaire du Bangladesh loge dans un hôtel d'Ormoy (Essonne) hébergeant plusieurs familles en situation de précarité, souvent perdues quand il s'agit de se faire soigner.

"Chaque année, environ 1.000 femmes accouchent dans des hôpitaux de la région parisienne sans avoir eu de suivi médical pendant leur grossesse", souligne le Dr Bernard Guillon, président de l'Association pour le développement de la santé des femmes (ADSF).

Il s'agit souvent de migrantes, de femmes vivant dans des squats ou autres habitats précaires, ou de SDF. De "80 à 100 femmes enceintes dorment dans la rue chaque nuit à Paris", selon le Dr Guillon.

Avec deux autres bénévoles, ce gynécologue est venu un soir d'octobre voir les familles hébergées dans un hôtel de la banlieue sud-est de Paris, car son association a été informée par le Samu social de la présence de femmes enceintes. Ils veulent s'assurer qu'elles sont suivies, et frappent à toutes les portes pour demander si d'autres femmes ont des problèmes de santé.

Monoara, qui suit un traitement d'insuline pour son diabète, vit avec son mari, Mosharof, 38 ans, et leur fils de quatre ans dans une petite chambre avec lavabo, impeccablement rangée. Ils sont arrivés en France il y a "sept ou huit mois", après avoir quitté le Bangladesh à cause de "problèmes politiques". Lui est bénéficiaire de l'Aide médicale d'Etat, destinée aux étrangers en situation irrégulière, mais elle pas encore.

"En attendant, elle peut aller à l'hôpital se faire soigner", explique le médecin au mari, qui parle un peu mieux le français que sa femme. "Il est très important d'équilibrer son diabète, surtout si elle veut un bébé". Cette maladie accroît en effet les risques de fausse couche et de malformation foetale.

Afin que la jeune femme puisse bénéficier de la gratuité des soins, il lui fait une lettre destinée à l'assistante sociale de l'hôpital de Corbeil-Essonnes. Car sans soutien, "ils vont avoir du mal dans les méandres de l'administration à trouver leur chemin".

- Risques accrus -

Dans une chambre voisine vit Svetlana, une Ukrainienne de 27 ans demandeuse d'asile, avec sa fille de neuf ans, scolarisée en CM1, qui assure la traduction.

Son mari habite dans un autre hôtel avec leur fille de huit ans et Svetlana est enceinte de jumeaux. Les bénévoles s'assurent qu'elle est allée passer sa première échographie, et lui conseillent de prendre rendez-vous avec les services de Protection maternelle et infantile (PMI), qui peuvent accompagner les futures mères.

Ils encouragent aussi Vera, une Russe de 35 ans enceinte de son troisième enfant, à aller à sa prochaine consultation à l'hôpital, même si la dernière ne s'est pas trop bien passée.

A chaque fois, ils demandent si les femmes sont couvertes par l'AME ou la CMU (couverture maladie universelle), s'enquièrent de leurs conditions de vie, essaient d'établir un lien et de les orienter vers des structures médicales.

Souvent, elles ne savent pas comment se faire suivre pendant leur grossesse. Les bénévoles d'ADSF en ont rencontré plusieurs récemment dans un camp de roms à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

"On leur demande trop de choses, en particulier une adresse", souligne Monique Valentino, anesthésiste retraitée. "Leur camp n'est pas une adresse, elles ne peuvent pas y recevoir du courrier". Ainsi, il est arrivé que l'association prenne pour elles des rendez-vous à l'hôpital, mais qu'elles ne s'y rendent pas car elles n'avaient pas reçu la convocation. La barrière de la langue est aussi un obstacle.

Quand à la précarité s'ajoute une absence de suivi, les conséquences peuvent être lourdes. Si elles ne sont pas dépistées à temps, des pathologies telles que l'hypertension peuvent exposer la mère à un risque d'hémorragie ou de décès, l'enfant à un risque de mort in utero ou de naissance très prématurée, souligne le Dr Guillon. Sans parler des pathologies infectieuses, qui doivent être dépistées tôt pour éviter le risque de transmission au bébé.

Rédigé par () le Jeudi 16 Octobre 2014 à 05:42 | Lu 376 fois




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