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Quand la paranoïa s’invite à la cour d’appel



PAPEETE, le 22 février 2018 - Surprenant dossier que cette affaire jugée ce jeudi devant la cour d’appel. Un individu comparaissait pour des faits d’outrages et de dégradations. Selon ses dires, l’homme avait voulu « dénoncer » la corruption régnant sur l’île de Huahine.

Le 5 décembre 2016, le maire de Huahine trouve une inscription sur le rideau métallique de son commerce. Mettant en cause les gendarmes, un ancien conseiller municipal, un prestataire touristique et le maire lui-même, un individu a écrit qu’ils étaient tous « corrompus ». Le même jour, le parquet de Papeete reçoit une plainte pour « corruption », nommant cette fois deux gendarmes en poste à Huahine et demandant une enquête sur la probité des intéressés. Un père de trois enfants est rapidement mis en cause. L’homme reconnaît les faits, indiquant qu’il souhaite que « tout le monde connaisse la vérité. »

Le parquet avait fait appel de sa condamnation en première instance à une amende de 80 000 francs. L’individu, dont le casier comporte 4 condamnations, comparaissait donc ce jeudi devant la cour d’appel

Avantages en nature

A la barre ce jeudi, alors que le président l’interroge sur les motivations de ses actes, le prévenu déclare : « j’ai fait cela car c’est difficile d’obtenir des témoignages pour corruption, je voulais que cela réveille les consciences. Je voulais déclencher une enquête pour voir si tout va bien et je suis sûr que non.» Curieux, le magistrat poursuit : « Mais pourquoi le maire ? », l’individu répond : « car il possède un supermarché ». « Aucun texte de loi n’empêche un maire d’avoir un commerce. » lui indique le président de la cour d’appel.

L’interrogatoire se déroule. Le président : « et pourquoi les gendarmes ? » Le prévenu s’explique : « j’habite en face de la gendarmerie, je les vois, je les entends. C’est le maire qui décide des mutations et ces gendarmes sont là depuis trop longtemps, ils ne veulent plus partir. De plus, je pense que les deux militaires ont reçu des avantages en nature.» Le magistrat rappelle au prévenu que les maires n’ont pas vocation à muter les gendarmes. Au bout de quelques minutes, le président de la cour d’appel semble perplexe : « Vous ne seriez pas un peu parano, monsieur ? » Décidé, l’individu se défend : « Non, mon problème est que je sais trop discerner. »

Alors qu’il lui dit de s’asseoir sur un banc sur lequel se trouve déjà un gendarme, le prévenu hésite, le magistrat ironise : « ne vous inquiétez pas, ce militaire n’est pas corrompu. »

Après que l'avocat général ait requis une amende de 100 000 francs, l’homme est appelé à s’exprimer pour la dernière fois : « je ne comprends pas, pourquoi n’y a-t-il pas eu d’enquête ? »

La décision sera rendue le 8 mars.

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 22 Février 2018 à 11:48 | Lu 4785 fois





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