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Punaauia : Festivités de l’orange, une histoire de souvenirs



Cette année, la ville de Punaauia organise les festivités de l'orange où tous les polynésiens seront invités et les bienvenus.
Cette année, la ville de Punaauia organise les festivités de l'orange où tous les polynésiens seront invités et les bienvenus.
Cette année, pour célébrer la fête de l’Orange, la commune de Punaauia a retenu un thème mettant en valeur toutes les générations confondues : les Matahiapo (anciens), les Taure’are’a (jeunes d’aujourd’hui) et Te u’i nö ‘ananähi (la génération de demain). Ce mélange a donné lieu à la création du thème suivant : Punaauia, une histoire, un avenir. Le slogan retenu est « La tradition au service des générations. » La manifestation va durer deux jours, les 29 et 30 juin avec une multitude d’animations. Plus qu’une histoire de fête, il s’agit avant tout d’une histoire de passion.

Ce mardi matin, le maire Rony Tumaha’i, entouré de conseillers et de responsables d’associations de Punaauia, présentait à la presse, le programme des festivités dédiées à l’orange. Ce dernier étant l’emblème de la ville, il semblait évident de lui faire « sa fête » comme l’avait fait remarquer le tävana. « Cela faisait longtemps que l’on ne faisait pas de vrai fête de l’orange.

Cette année, il fallait remettre au goût du jour cette fête populaire, pour les cueilleurs d’orange, mais aussi pour la population et tous les polynésiens. Pour cela, j’ai consulté les diverses associations œuvrant dans divers domaines : environnement, protection de la nature, de l’océan mais aussi les groupes folkloriques bien connus. Sans oublier le conseil municipal qui s’est prêté au jeu. Ensemble, nous avons mis sur pied un véritable programme de festivités qui doit mettre en avant ce fruit si délicieux, mais également ceux à qui on doit sa notoriété, à savoir les porteurs. Il paraissant donc important et normal même d’en parler autour d’animations diverses.
» nous avait-il confié lors d’une interview au sein même de la salle du conseil municipal.

Punaauia : Festivités de l’orange, une histoire de souvenirs
Retrouvez le programme complet de l’ensemble des évènements préparé par toute cette synergie réunie autour de l’histoire de ce que les habitués appellent le « tomora’a ‘änani » (littéralement traduit par "la cueillette de l’orange" ), à l'adresse suivante : http://www.punaauia.pf/upload/file/PROGRAMME%20DES%20FESTIVITES.pdf. Un grand moment de partage, de rencontres mais également de force car il ne s’agit pas seulement d’une ballade. Bien au contraire, « il faut beaucoup de courage pour monter là-haut. (…) C’est vrai, c’est génial mais tout vrai porteur d’orange vous le dira : « ici, il faut vivre à la dure et accepter d’oublier son confort tant au niveau de la nourriture que d’autres choses, comme un bon lit. Au pühapa (refuge), faut pas commencer à pleurer sa femme ou la télé, non, au contraire, il faut accepter de vivre en osmose avec la nature. Une fois qu’on a compris cela, le reste suit. Je veux dire le mental. » nous explique päpä Sapue, un vétéran. Il a connu tous les grands porteurs d’oranges.

En effet, tous se souviennent de Henri Pihahuna, un grand gaillard d’un mètre quatre-vingt, doté d’une force hors du commun et que tous appelaient affectueusement « Osta ». Un homme svelte avec un regard ténébreux. Il était respecté de tous les autres porteurs. Il faisait partie de ces hommes qui considéraient l’orange de Punaru’u non pas comme un fruit, mais comme un élément précieux et sacré. Ces « hommes », aujourd’hui, ne sont plus, mais c’étaient des grands, comme on dirait. Il y avait par exemple Paul Teissier surnommé « Pôpaul » ou encore päpä ‘Ävaema’i, connu pour son éternel humour. Il y avait aussi Fortuné Teissier, qui travaillait au musée de Tahiti et ses îles. Tous ces grands hommes partageaient la même passion du « Rata », la cîme . Là où , dans les années 30, plus de 3000 pieds avaient été plantés par nos ancêtres. A cette époque-là, ils ne pouvaient pas savoir que le nombre d’amateurs d’orangers allait passer d’une vingtaine à près de 400 personnes.
Lorsque le concours du meilleur porteur d’oranges a été institué dans les années 60, ils n’étaient guère plus de 30. Et encore. « A l’époque, il fallait porter les glanes (terme désignant le filet fabriqué à partir d’écorce de Pürau (hibiscussier sauvage)) jusqu’à l’ancien pont de la Punaru’u (actuel emplacement du pont situé avant le rond point du même lieu) . » confiait Osta, dans les années 80, à votre serviteur. Confidence recueillie en 1987. « Nul ne peut prétendre être arrivé au « pühapa » s’il n’est pas resté, au moins, deux jours là-haut. Il y fait froid et les moustiques ne vous râtent pas. Mais si on ne fait abstraction de tout cela, la vie y est paradisiaque ! » argumentait Osta. Son record était de 144 kilos, un poids important pour cette époque. A son décès, tous fûrent unanimes : le vieux Henri Pihahuna était un « aito’ ».

Les porteurs d’orange ont une particularité : une bosse située à la base de la nuque. Elle est due aux changements intempestifs de côté des charges portées, c’est-à-dire que, durant la descente jusqu’à la rivière de la Punaru’u, les porteurs basculent régulièrement les charges d’un côté puis de l’autre. Tantôt à gauche, tantôt à droite. Cela permet au corps de récupérer pendant l’effort. Le plateau du Tamanu se situe a environ 600 mètres d’altitude. Cela pourrait sembler peu, mais le chemin étant sinueux, les plus expérimentés mettent deux heures pour arriver sur place, d’autres moins. Il ne faut oublier non plus que cette excursion ne s’improvise pas. Il faut penser à tout : eau, nourriture, ustensiles de cuisine ou du moins des couverts de base.

Cependant, il est à souligner la grande solidarité qui règne au refuge. La plupart du temps, les repas sont préparés d’une manière collective et le petit « fare tütü » (coin cuisine) prend souvent des airs de cantine où l’on se raconte les histoires « d’en bas ». Monter au « oranges », c’est rester près d’une semaine dans la montagne.

On se lève à 3h du matin pour monter au plateau où ont été plantés près de 3000 orangers, mais aujourd’hui, il paraît plus que primordial d’en planter à nouveau. C’est là tout de défi que se sont lancés les associations œuvrant à la sauvegarde de cet emblème de la ville de Punaauia. « Nous invitons vraiment tous ceux et celles qui veulent en savoir plus sur ce merveilleux fruit, de venir aux festivités organisées dans les jardins de la mairie, mais aussi sur place. Venez, découvrez et plantez même ! » incite Rony Tumaha’i . Tahiti-infos ne manquera pas de vous tenir informés des nouvelles concernant le « tomora’a ‘änani ». Fa’aitoito e te mau hoa ma.

Texte : TP
Photos issues du site Facebook de l' Association Puna Rere Rau

Un vahine des années 50 devant un "tötö", une glane d'oranges faite à partir d'écorce de l'hibiscussier sauvage que les polynésiens nommes "pürau".
Un vahine des années 50 devant un "tötö", une glane d'oranges faite à partir d'écorce de l'hibiscussier sauvage que les polynésiens nommes "pürau".

Rédigé par TP le Mercredi 19 Juin 2013 à 09:10 | Lu 1637 fois





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