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Procès Ellacott : les victimes témoignent, les accusés s’expliquent



PAPEETE, le 7 février 2018 - La deuxième journée du procès Ellacott a porté sur une longue et précise évocation des faits. La compagne de la victime et l’une de ses amies se sont relayées à la barre pour décrire le déroulement de la soirée qui a coûté la vie à Sandy Ellacott.

Douloureuse matinée pour l’ex-compagne de Sandy Ellacott et son amie. Durant plusieurs heures, les deux jeunes femmes, présentes le soir de l’agression mortelle, doivent témoigner devant la cour d’assises. L’amie de la compagne de la victime est la première à s’exprimer. Difficilement, la jeune femme se replonge dans cette soirée cauchemardesque. Elle évoque la grande violence des coups portés sur Sandy, si dure à voir qu’elle ferme les yeux, se sentant tétanisée. Elle parle de la mère de Sandy Ellacott qui a eu la grande douleur de voir son fils défiguré : « je l’ai réveillée, elle était affolée (…) c’est horrible de voir une mère découvrir son fils dans un tel état, elle ne tenait plus debout. » Pudiquement, la victime parle de son quotidien depuis l’agression : « j’ai toujours du mal à être en public, je n’arrive même pas à faire des courses. » Plus tard dans la journée, un médecin expliquera à la barre ce que représente un syndrome post-traumatique : « c’est l’irruption dans la conscience de quelqu’un de son extrême vulnérabilité. »

Pluie de coups

La compagne de Sandy Ellacott s’avance ensuite à la barre. Elle parle de la journée qui a précédé les faits, « nous avions passé la journée avec la mère de Sandy avant de faire un tour de bateau pour voir le coucher de soleil. » Sa voix se brise et elle ajoute : « c’était une journée trop parfaite. » Puis, la jeune femme détaille l’agression : « j’ai vu un homme sauter sur la voiture, il n’y a que dans les films que l’on peut voir ça. » Elle a une vision atroce de l’agression : « je les ai vus balancer Sandy dans la benne, j’ai vu Henri T lui sauter dessus, il avait envie de l’écraser (…) Sandy crachait du sang, il y en avait partout. » Témoignage insupportable pour la fille de la victime qui décide de sortir de la salle d’audience. La compagne du défunt éclate en pleurs à l’évocation de sa vie de couple : « nous devions nous marier sur cette île que j’aime tant. »

Non-assistance à personne en danger

Après les victimes, la parole est donnée aux accusés pour qu’ils s’expliquent. La concubine d’Henri T, poursuivie pour ne pas avoir prévenu les secours, se défend maladroitement. Elle ne se souvient plus très bien, dit qu’elle n’a rien fait car elle avait peur de prendre des coups, « je n’avais jamais vu Henri comme cela. » Poussée dans ses retranchements par l’un des avocats des parties civiles, elle confesse : « j’avais le sentiment qu’il était devenu incontrôlable. » Pour les faits de « non-assistance à personne en danger .» Cette jeune femme, employée d’un grand hôtel, encourt jusqu’à 5 ans de prison ferme.

Le deuxième accusé, poursuivi pour violences volontaires aggravées, s’avance à la barre. Il reconnaît quelques coups portés à Sandy Ellacott mais évoque surtout le comportement d’Henri : « j’étais paniqué car à le voir, il n’était pas lui-même. »

A l’heure où nous mettions sous presse, l’accusé principal n’avait pas encore été entendu par la cour. Le procès se poursuivra donc ce jeudi avec les auditions des experts psychiatres qui permettront peut-être aux jurés de mieux comprendre ce que personne ne semble encore pouvoir expliquer.

Rédigé par Garance Colbert le Mercredi 7 Février 2018 à 16:48 | Lu 4991 fois





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