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Porter haut la "petite voix du Fifo"



Estelle Berruyer, Walles Kotra et Heremoana Maamaatuaiahutapu.
Estelle Berruyer, Walles Kotra et Heremoana Maamaatuaiahutapu.
TAHITI, le 9 février 2020 - Le Festival international du film documentaire océanien (Fifo) vient de se terminer. Vendredi soir, la cérémonie de remise des prix a consacré "Ophir" et "The Australian dream". Les deux co-fondateurs de l’événement ont saisi l’occasion pour rappeler la mission du festival : donner la parole aux peuples de l’Océanie.

Après 17 années de festival, les deux co-fondateurs de l’événement, Wallès Kotra, directeur exécutif du pôle outremer à France télévision, et Heremoana Maamaatuaiahutapu, ministre de la Culture, continuent d' "apprendre des choses", heureux de l’évolution de leur "bébé".

Ils ont lancé cette initiative pour faire vivre ensemble l’Océanie, pour parler des joies et des doutes de son peuple. "On est petits, mais on existe ! L’Océanie en tant que telle existe seulement quand les océaniens se rencontrent." Ce qu’ils font le temps du Fifo.

Pour Wallès Kotra, "il y a toujours beaucoup de joie, les gens sont heureux" même si les sujets abordés dans les documentaires peuvent être graves. "Ils sont heureux de partager", de se retrouver, de soutenir les films projetés.

Un sentiment que d’autres ont pu constater, notamment parmi les invités. "C’est un petit festival, mais je n’ai jamais vu un tel support de la communauté", a affirmé Heperi Mita, réalisateur de "Merata : How Mum Decolonized The Screen".

Estelle Berruyer, chargée de mission aux affaires culturelles auprès du secrétaire général du Haut-commissariat, a insisté, pour sa part, sur l’importance de faire la lumière sur "les questions d’altérité et de diversité culturelle" dans un monde toujours plus globalisé.

"On a beaucoup pleuré dans ce festival, on a ri aussi, on a été bouleversés, on a basculé nos certitudes, on s’est senti coupables, on a surtout entendu la parole des uns et des autres ", Estelle Berruyer, chargée de mission aux affaires culturelles auprès du secrétaire général du Haut-commissariat.

Cette parole prend de l’ampleur au fil du temps. Pour aller plus loin, et à l’heure où les plateformes de diffusion modifient en profondeur le secteur de l’audiovisuel, les responsables des télévisions océaniennes, petites et grandes, ont lancé un appel aux dirigeants. Ils ont appelé à la création d’un fond régional pour la création audiovisuelle et cinématographique.

"Il est important que les politiques entendent la petite voix du Fifo", a conclu Wallès Kotra, assurant que France télévision s’associait à cet appel. Appel qui sera relayé en avril à l’occasion du One
Planet Summit qui aura lieu à Tahiti.





Résultats de la 17e édition du Fifo

Grand prix du jury : "Ophir", réalisé par Alexandre Berman et Olivier Pollet, 2019, Royaume-Uni et France.
1er prix spécial du jury : "Merata : How Mum Decolonized The Screen", réalisé par Heperi Mita, 2018, Nouvelle-Zélande.
2e prix spécial du jury : "The Australian Dream", réalisé par Daniel Gardon, 2019, Australie.
3e prix spécial du jury : "Ruahine : Stories In Her Skin", réalisé par de Hiona Henare, 2019, Nouvelle-Zélande.
Prix du public : "The Australian Dream", réalisé par Daniel Gardon, 2019, Australie.
Prix du meilleur court-métrage documentaire : "Manus", réalisé par Angus McDonald, 2019, Australie.
Prix du meilleur court de fiction : "Liliu", réalisé par Jeremiah Tauamiti, 2018, Samoa et Nouvelle-Zélande.
Prix du marathon d’écriture : Kohei Limik pour "Isae, l’enfant roi".

Le duo d’"Ophir", ému aux larmes

Première sortie, premier festival, première reconnaissance. "Ophir", le film des réalisateurs Alexandre Berman et Olivier Pollet a fait l’unanimité parmi le jury de la 17e édition. Il a reçu le grand prix du jury. "Il a reçu la majorité des voix", a rapporté le président de ce jury Éric Barbier. "Il a touché tout le monde, il y a des scènes d’émotion très fortes. Les deux réalisateurs ont réussi à obtenir des images d’archives très spéciales."

"Ophir" raconte l’histoire peu connue de Bougainville, île des Salomon faisant partie de la Papouasie Nouvelle-Guinée. Il évoque les colonisations et, dans les années 1990, la surexploitation de la terre par une compagnie minière étrangère, aboutissant à dix années de guerre civile. La mine doit-elle être rouverte ? La population navigue entre espoir de paix, de liberté, de travail, de développement et désir de protéger la culture autochtone.

"C’est à eux, à ce peuple que s’adresse ce prix", ont insisté les deux de réalisateurs. "Un peuple extraordinairement riche d’amour, créatif, un peuple qui nous a confié ses paroles. Il nous a fait confiance." Ils disent se sentir privilégiés d’avoir pu découvrir cette culture qui continue de les interroger dans leur quotidien.

En recevant leur prix, sur scène, Alexandre Berman et Olivier Pollet ont expliqué que la présentation au Fifo d’"Ophir" était une évidence. "C’est la première fois que ce film est montré, il fallait que ce soit au Fifo", ont-ils expliqué, avouant qu’ils avaient été très touchés par les rencontres avec le public et avaient pleuré devant leur propre film.

Pour eux, le film est une "choralité de voix". Factuel, documenté, il a été pensé pour susciter l’émotion. Certaines scènes sont dures, les spectateurs peuvent se concentrer sur cette douleur. "C’est un fait, il y a des états de détresse, des scènes douloureuses, mais il y a de la beauté derrière tout ça. C’est un film de paix."

"Ophir" va être présenté dans d’autres festivals. Le duo de réalisateurs va poursuivre en parallèle tout un projet de plateforme éducative pour que le monde s’intéresse à cette histoire particulière.


"The Australian Dream", une double reconnaissance

De toute l’histoire du Fifo, rares sont les documentaires qui ont su plaire à la fois au public et à la fois au jury. Cette année, "The Australian Dream" a réussi cet exploit, recevant le prix du public et le 2e prix spécial du jury.

Ce film, réalisé par Daniel Gordon suit un homme, Adam Goodes, un des joueurs de football aborigène le plus titré et le plus célèbre de la ligue de football australienne. Il parle de racisme ordinaire, d’égalité, de minorité. Est-ce un rêve que font les Australiens, pensant avoir fait naître une société juste et égalitaire ? Est-ce un rêve que les fans de football font en pensant que le sport ne connaît ni racisme, ni discrimination ?

Pour le jury, ce film révèle une "face cachée" qui continue à faire parler d’elle, à savoir la question aborigène. "Bien écrit, très puissant", ce film parle, à travers Adam Goodes et la question aborigène, des populations océaniennes en minorité "submergées par la puissance coloniale".

C’est Nick Batzias, l’un des producteurs, qui est monté sur scène pour recevoir le prix. Il s’est dit "privilégié, en tant que blanc européen, d’avoir l’honneur de participer à ce projet audiovisuel". Le second prix reçu est un nouvel honneur. "C’est déjà très bien d’être reconnu par ses pairs, c’est encore plus grand d’être reconnu par le public" !

Éric Barbier, président du jury

Celui qui s’est présenté comme "le candide" au lancement du festival car il "ne savait rien de l’Océanie", a beaucoup appris lors de cette semaine. Selon lui, les débats ont été très intéressants. "Chacun a pu dire ce qu’il savait, faire part de ses propres connaissances, préciser les sujets abordés." Les membres venaient de Nouvelle-Calédonie, de Hawaii, d’Australie, des Samoa, de Polynésie française, ils sont restés très "unis".

Miriama Bono, présidente de l'Afifo, maîtresse de la cérémonie de remise des prix

Le festival est un événement qui sollicite de très nombreuses personnes au quotidien, près de 80. Il demande de l’énergie tout au long de l’année et une motivation renouvelée dès le mois d’août.

Miriama Bono, présidente de l’Afifo, promet de faire de son mieux pour que le prochain festival soit à la hauteur des attentes, cherchant de nouvelles pistes de développement. Elle donne rendez-vous aux fidèles en 2021, du 6 au 14 février, pour une 18e édition.



Rédigé par Delphine Barrais le Dimanche 9 Février 2020 à 13:58 | Lu 1195 fois

Tags : Fifo





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