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Philip Schyle : "Aucune intention derrière ces erreurs et encore moins d'intention frauduleuse"


Tahiti, le 28 octobre 2021 – Visé par une enquête préliminaire et entendu en garde à vue dans l'affaire des subventions communales versées à l'association Tetiaroa Royal Race, l'ancien maire de Arue, Philip Schyle, réagit en invoquant “des erreurs ou maladresses involontaires” et “sans aucune intention frauduleuse”.
 
Au lendemain des révélations de Tahiti Infos sur l'enquête préliminaire et la garde à vue de l'ancien maire de Arue et représentant Tapura, Philip Schyle, ainsi que plusieurs de ses conseillers municipaux, l'ancien tāvana a accepté de réagir dans nos colonnes à cette affaire. Une première réaction avant une conférence de presse annoncée pour mardi prochain, au cours de laquelle Philip Schyle entend aborder le fond de cette affaire. “A ce jour, il n'y a eu aucune mise en examen et encore moins de condamnation. Il s'agit bien d'une enquête qui est toujours en cours”, engage prudemment l'élu.
 
“Des erreurs involontaires”
 
Entendu à la suite d'une plainte de son opposante et maire de Arue, Teura Iriti, sur les conditions du vote de deux subventions communales à l'association Tetiaroa Royal Race en 2016 et 2018 au sein de laquelle travaillaient plusieurs élus municipaux, l'ancien maire de Arue concède certaines “erreurs”. “Cette enquête a révélé qu'il y a eu des erreurs, des maladresses qui ont été commises, notamment concernant le fait que des élus municipaux aient participé aux votes de subventions en faveur de l'association Tetiaroa Royal Race dont ils ont été membres. Là, je reconnais qu'il y a eu des erreurs et des maladresses, que j'ai découvert l'année dernière au moment où la plainte été déposée.”
 
Mais Philip Schyle réfute pour autant tout délit pénalement répréhensible derrière ce qu'il estime être de simples erreurs de gestion. “Ce que je tiens à préciser, c'est que ces erreurs ou ces maladresses ont été involontaires. Il n'y avait aucune intention derrière ces erreurs et encore moins d'intention frauduleuse. Ça je tiens à le préciser.” L'ancien maire de Arue se défend en mettant en avant sa probité pendant l'ensemble de ses mandats. “Sur tous les autres projets qui ont bénéficié de subventions de la part de la commune, jamais une telle erreur ne s'est produite par ailleurs. C'est vraiment une première. Et encore une fois, aucune intention volontaire et aucune intention frauduleuse.”
 
“Différence de traitement”
 
Jouant la transparence, l'ancien tāvana confirme avoir passé près de 12 heures en garde à vue, précisant que le membre de l'association entendu n'était pas le trésorier et mari de l'élue Jenna Punaa mais le président de l'association. Mais surtout, Philip Schyle dit ne pas comprendre un traitement de défaveur. “Cela m'interpelle, parce que je constate que la plainte qui a motivé cette garde à vue a été déposée par la maire Teura Iriti en octobre 2020. Alors que, par ailleurs, une autre affaire beaucoup plus grave, celle de la fraude électorale sur les procurations de Arue, a fait l'objet d'une plainte déposée par moi et les colistiers qui se sont présentés aux élections au mois de juillet 2020, quelques mois auparavant. Ce que j'ai relevé, c'est que dans le cadre de notre plainte pour fraude électorale, il y a aussi eu une enquête préliminaire, il y a eu des auditions… Mais aucune garde à vue. Alors que la fraude électorale a été avérée. Le tribunal administratif l'a reconnu l'année dernière.”
 
L'élu se dit “surpris” et dit avoir “l’impression qu'il y a une différence flagrante dans le traitement que nous avons subi.”
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Jeudi 28 Octobre 2021 à 21:37 | Lu 1787 fois