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Petites histoires de Noël, ou comment l’amour peut tout changer



TAHITI, le 23 décembre 2016. Tahiti Heritage vous souhaite un joyeux Noël dans le bonheur et l’amour et vous propose trois belle légendes polynésiennes ayant pour thème, l’amour.

Légende de Ruanui, qu’aucune femme ne voulait

Ruanui était un dieu qui pour passer du monde invisible sur cette terre ne trouva pas d’autre chemin que le corps d’un rori (concombre de mer). Il s’introduisit dans son intestin et arriva sain et sauf en ce monde.

Il était originaire de Faaha à Raiatea, on lui donnait pour mère Nioru et ses ancêtres étaient parmi les chevrettes (salicoques). Mais dans le passage il perdit ses cheveux et quoique de belle prestance il avait un crâne allongé, chauve et brillant de sorte qu’aucune femme ne voulait de lui. Toutes étaient effrayées à la vue de sa tête.

Une boule qui surnage

Cependant, par ruse et grâce à la nuit, il obtint les faveurs d’une femme qui s’appelait Teahotauniua, il lui défendit de toucher sa tête prétendant qu’il en souffrait. Le matin il se leva le premier et se rendit à la rivière pour se baigner. Mais aussitôt après la femme avec laquelle il avait dormi y vint aussi avec une amie. En les voyant, Ruanui plongea aussitôt pour se cacher sous l’eau jusqu’à leur départ. Mais la rivière n’était pas assez profonde de sorte que son crâne chauve dépassait la surface. Teahotauniua dit à son amie: « Quel est cet objet que nous voyons surnager? Prenons cette boule et coupons-la pour voir ce qu’elle contient».

Ruanui en entendant ces paroles sortit de l’eau et s’enfuit furieux. II alla se plaindre à sa mère de ce que sa tête était si longue et si chauve. Celle ci intercéda auprès des dieux qui changèrent la forme de sa tête, mais elle était toujours chauve. Sa mère lui dit alors: « Tu auras une chevelure, mais prends garde de bien choisir et rejette les cheveux qui ne te conviendront pas ». Tout d’abord les dieux lui donnèrent la barbe (te pito parau) de l’huître perlière, mais il n’en voulut point. Ils lui offrirent alors le poil du rat, mais il le rejeta encore. Enfin ils lui donnèrent une belle chevelure noire et épaisse et l’ajustèrent sur sa tête.

Il était beau, le crâne regarni

II était alors si beau que toutes les femmes l’aimèrent et la plus amoureuse de toutes fut celle qu’il avait connue. Elle désirait ardemment cet époux dont elle admirait la beauté. Sa mère lui conseilla d’aller à la rivière où elle avait vu Ruanui se baigner et de s’emparer de la première grosse chevrette qu’elle verrait et en qui elle trouverait une ressemblance avec son amant. Elle y fut, et voici, la rivière fourmillait de chevrettes. Elle retourna vers sa mère et lui dit: « jamais je ne vis chose pareille, la rivière est remplie de chevrettes, et il en arrive sans cesse. Prends en une, lui dit sa mère, étends la sur tes genoux et tu y trouveras Ruanui. Ainsi fit elle et elle reprit son époux.

Notes du Rév. J.M. Orsmond écrites en 1837. Société des Etudes océaniennes bull n° 46 -1935 p 170
Ruanui - Dessin Bobby
Ruanui - Dessin Bobby

Légende de Manuhere, l’oiseau en manque d’amour

Les motu du nord-est du petit atoll de Tetiaroa, surnommés depuis longtemps les motu aux oiseaux abritent de nombreuses colonies oiseaux. C’est dans ce lieu que se déroule la légende de l’oiseau Manuhere en manque d’amour.

Le jeune homme et l’oiseau

Il y a fort longtemps, dans un village de Tetiaroa, une île non loin de Tahiti, vivait un jeune garçon du nom de Vaitahi. Ce jeune villageois de 10 ans aimait se promener le long des plages de l’île. Un jour, pendant l’une des ses belles ballades, il eut la surprise de tomber nez à nez avec un magnifique oiseau qu’il n’avait encore jamais vu, aux plumes fines et multicolores, plus scintillantes que les étoiles.

Vaitahi était ébloui par tant de beauté. L’oiseau se mit alors à danser devant le jeune garçon, ce qui le charma. Le bel animal se posa ensuite sur l’une des épaules de Vaitahi, et depuis ce moment là ils devinrent inséparables. Ils jouaient s’amusaient ensemble dans le lagon.
Au village, tout le monde fit la connaissance de l’oiseau et l’appréciait, d’où le nom de Manuhere qu’on lui attribua.

Une maladie mystérieuse

Soudain, un jour, le bel animal fut frappé d’un grand mal qui l’empêcha de manger et de voler et qui le fit tomber dans un profond sommeil.
Paniqués et attristés, les villageois tentèrent de sauver Manuhere avec un remède à base d’herbes médicinales mais sans résultat. Les cocotiers et les oiseaux essayèrent de lui faire du vent, et les fleurs de lui faire respirer leurs parfums, mais son état était toujours le même.

Vaitahi demanda l’aide de la déesse de la mer Vaihiti qui recommanda de lui faire un massage avec une huile spéciale et de le plonger dans un bain d’algue, mais Manuhere ne bougeait toujours pas.

Des mélodies d’amour

Désespérés et découragés, les villageois s’assirent tous autour de l’oiseau sans vie. Vaitahi était en pleurs. Ils se mirent alors tous à chanter des mélodies d’amour et d’amitié qui montaient jusqu’aux cieux, et ce pendant toute la nuit. Et au moment où le soleil apparut à l’horizon, Manuhere commença à bouger, à ouvrir les yeux, à remuer ses ailes et à se redresser tout doucement.

« Sauvé! Manuhere est sauvé ! » cria t-on. Quel miracle ! Tout le monde était heureux et étreignit l’oiseau, Vaitahi était soulagé…
Plus tard, quand on demanda à l’oiseau ce qui l’avait ramené à la vie, il expliqua que c’était l’amour, l’amour qu’il avait ressenti tout autour de lui qui avait pénétré son cœur et qui l’avait réveillé.

Photo 2. Fou brun de Tetiaora. Photo Tahiti Heritage
Fou brun de Tetiaora. Photo Tahiti Heritage
Fou brun de Tetiaora. Photo Tahiti Heritage

Légende des amours interdits de Vei et Vero

Cette vieille légende de Teahuupoo raconte l’histoire de deux jeunes gens, Vei et Vero, qui s’aiment d’un amour fou, mais d’un amour interdit car les lois anciennes ne permettaient pas à un enfant de chef ou de roi de se marier avec une personne d’une classe sociale inférieure. C’est en affrontant les monstres de la grotte Vaipoiri à Teahuupoo que Vei conquit l’amour de Vero la fille du roi, et surtout obtint l’accord du roi.

La grotte Vaipoiri

La grotte Vaipoiri, Te ana Poiri , est une grande grotte profonde emplie d’un lac souterrain, située en flanc de montagne en face de la passe Vaiau du fenua aihere (Tahiti iti). La grotte assez large se prolonge par un boyau plus étroit qui pourrait être un lavatube. L’ensemble bien obscur conserve toute son atmosphère légendaire. Pour faire pénétrer la lumière, il suffit, dit-on, de battre le sol avec des faniu (tiges de cocotier) en criant très fort.

Faire tomber la barrière sociale

Vei, était un simple enfant du peuple, un teuteu, serviteur-garde du corps du roi de Taiarapu, Petea. Il concevait un amour profond mais impossible, pour Vero, la fille du roi, car selon les anciennes coutumes polynésiennes, les enfants de la classe sociale supérieure (Arii) ne pouvaient s’allier avec ceux de la classe inférieure (manahune) et réciproquement.

Pour faire tomber la barrière du rang et conquérir sa douce Vero, Vei décide de faire une action glorieuse qui lui permettrait d’accéder à la classe supérieure : vaincre les monstres de la grotte Vaipoiri.

Personne n’osait s’approcher de cette grotte car de grands reptiles y vivaient. Des animaux inconnus à Tahiti, qui proviendraient du Sud-est Asiatique.

Des rumeurs couraient que certains imprudents, avaient été attirés à l’intérieur de la grotte et n’en étaient jamais ressortis. Leurs crânes avaient été ensuite retrouvés sans cheveux dans la source, qui bouillonne à marée basse, à l’embouchure de la rivière Vaiau.

Quelques prédictions

Pendant le périple de Vei, la princesse Vero écouta quelques vieux récits dont les principaux personnages étaient ses ancêtres ; puis, étant fiu d’histoires, elle demanda qu’on lui prédise son avenir.

Un vieillard lut dans ses beaux yeux noirs si doux de Vero, et lui dit qu’avant d’atteindre le bonheur, elle était prédestinée à vivre pour quelques temps dans une profonde obscurité.

Une vieille femme regarda les dents de la belle Vero et lui dit qu’elle les avait si blanches, que même si elle ne se nourrissait que de fe’i (banane plantain de montagne) pendant tout le temps qu’elle serait dans l’obscurité, que leur blancheur n’en perdrait pas son éclat.

Un vieil homme lui dit qu’elle avait un corps si beau et une voix si douce, qu’un aito (guerrier) surgirait bientôt et l’emmènerait pour lui donner le bonheur qu’elle désirait.

Enfin, une dernière vieille lui dit :
« L’homme qui te convoite, te posséderas bientôt, car tes membres tremblent comme les ailes de l’oiseau et tes narines se dilatent comme celles d’un enfant qui attend sa mère. Tu es l’oiseau qui sera déniché et cependant tu es comme l’enfant qui attend sa mère »

Vei, à l’assaut des monstres de la grotte

Devant tous ces heureux présages, le vaillant Vei décide de se lancer à l’assaut pour chasser ses occupants de la grotte. Par la ruse et en utilisant les gros blocs de rocher qui jonchent l’entrée, il réussit à tuer les monstrueux reptiles et une énorme chenille.

Une fois les lieux libérés, il aménage un lit nuptial sur le rocher émergé au milieu du lac – ce rocher existe encore – et y invite la belle Vero à le rejoindre.

Le roi de Taiarapu, Petea, inquiet, qui était parti à la recherche de sa fille, découvre les cadavres des monstres, et conquis par le courage et la force de Vei, accepte l’union.

Légende de Vei et Vero, racontée par le vieux Haurai de Teahuupoo – Orsmond H. WALKER Société des études océaniennes Bull 18 p 193

Rédigé par TAHITI HERITAGE le Vendredi 23 Décembre 2016 à 09:21 | Lu 2494 fois





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