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"Pepe Tehio, c'était notre abbé Pierre"



"Pepe Tehio, c'était notre abbé Pierre"
Tahiti, le 20 janvier 2020 – Véritable "frère" de Pepe Tehio, disparu mardi à l'âge de 63 ans, le diacre Médéric Bernardino évoque le parcours étonnant du fondateur et directeur des centres d'accueil "Le Bon pasteur", la Samaritaine, Te manini a ura et Te Arata…
 
Vous étiez particulièrement proche de pepe Tehio. Qui était-il ?
 
"Je le connais depuis sa conversion. C'était un homme de la rue, qui a vécu les bagarres, qui a vécu au quartier. C'était un leader, comme on disait autrefois un "patiri". Puis, il a rencontré Jésus à Orofara. On l'y a emmené pour une prière charismatique. La première personne qui est venue vers lui, c'était un lépreux guéri. (…) Depuis, il a fait ce qu'on appelle dans l'église une Métanoïa, c'est à dire un virage à 180 degré. Et ce chemin là, il ne l'a plus jamais abandonné. Il est passé à travers ce lépreux qui l'embrasse, et où toute cette défense, cette rage de jeunesse qui était contre untel ou untel pour prouver qui est le plus fort, est tombée. On dira que le plus fort, c'est celui qui aime. Il m'a nommé comme directeur spirituel de sa vie et pour l'accompagner pendant 35 ans."
 
Un grand changement, donc, quand il a rencontré la foi ?
 
"Il était docker depuis 1975. Et lors des évènements de 1987, il ne pouvait plus tolérer cette violence. Il a été un des artisans de cette paix. Puis il a arrêté de travailler comme docker. Et comme il était déjà un peu converti, il allait dans la rue. Il venait de la rue, il habitait dans la rue et il vivait avec les gens de la rue… Quand il a découvert le Christ, il est revenu dans son foyer. Il s'est marié avec son épouse. Mais il est retourné dans la rue, non plus pour vivre comme autrefois, mais pour amener ces gens là vers Dieu à changer de vie. Cela a toujours été son souci (...). Il avait le souci de les nourrir, de leur donner quelque chose à manger. C'est comme ça qu'est né le "Bon Samaritain" (...)."
 
Pepe Teiho est aussi à l'origine detrois autre foyers d'accueil ?
 
"(Pour le Bon Samaritain) il a parlé à l'évêque Mgr Michel Coppenrath, qui a soutenu ce projet et qui a engagé l'église derrière lui. C'est pepe Tehio qui a été le grand négociateur. Il a négocié avec les gens qui étaient sur le terrain appartenant à l'église et qui avaient donc un petit peu squatté. Il a trouvé quelque chose avec le territoire pour leur trouver un logement, libérer le terrain et construire le "Bon Samaritain" pour les hommes abandonné dans la rue. Ensuite, il a été fondé la Samaritaine pour toutes les femmes battues, puis Te manini a ura, le centre des jeunes filles enceintes, et le quatrième centre, Te Arata, pour les femmes et familles abandonnées. (…) En fin de compte, c'est notre abbé Pierre et notre Theresa de Calcutta. C'est ce que je garderai de lui. Je garderai l'histoire d'un homme unique, un saint homme. On a pleuré ensemble, ri ensemble, mangé ensemble. Et ce que je retiendrai plus fortement, c'est ce souci des plus petits. Il n'était pas riche, il était pauvre lui aussi. Mais derrière cette pauvreté, il avait cette richesse de Dieu et cela n'a pas de prix."
 
Vous étiez avec lui quelques heures avant sa disparition…
                       
"Quand il a été hospitalisé, il m'a appelé, on s'est parlé et il allait très bien. Et après, il m'a dit qu'il avait été testé positif au Covid. Et puis, le dernier soir avant qu'il soit mis dans le coma, il a remercié le bon Dieu pour les machines, les médecins qui sont là. Il me disais : sans ces machines, je serais déjà mort. Au bout du 5ème jour, les médecins ont appelé pour nous dire que le Covid avait disparu, donc je suis allé le voir (...). Et hier mardi, je suis juste parti un peu avant car j'avais du travail et je voulais que ce soit sa femme et ses enfants qui assistent plus que moi. Une heure après, ils m'ont appelé pour me dire qu'il est parti".
 
C'est une nouvelle qui vous affecte particulièrement ?
 
"Beaucoup de larmes, de souffrance, et en même temps une joie énorme car je disais à ses enfants : tu vois papa a accompagné combien de personnes au ciel, et en ce moment il y a une haie de toutes ces personnes qui sont là et je suis sûr que Jésus lui dit : mon ami cela fait longtemps que je t'attends".
 
Quel est le souvenir que vous garderez de pepe Tehio ?
 
"Ce sentiment d'être un homme proche de la misère, sans révolte contre la société, contre les autorités, qui voyait toute l'injustice mais n'avait aucune révolte".
 

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mercredi 20 Janvier 2021 à 17:45 | Lu 1485 fois





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