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Passe d'arme Chine-USA autour de la présence de Taïwan à l'ONU


STR / AFP
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Pékin, Chine | AFP | mercredi 27/10/2021 - La Chine a rejeté mercredi la proposition des Etats-Unis d'accorder à Taïwan une "participation significative" à l'ONU, après les déclarations de Joe Biden sur son "engagement" à défendre l'île d'une éventuelle attaque chinoise.

"Taïwan est un partenaire crucial des Etats-Unis et une réussite démocratique", a estimé mardi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken sur fond de tensions croissantes avec Pékin autour du sort de l'île.

Dans un communiqué, il a appelé le reste du monde à "soutenir une participation significative et robuste de Taïwan dans le système de l'ONU et la communauté internationale", estimant que sa contribution était nécessaire pour faire face "à un nombre sans précédent de défis mondiaux".

"Taïwan n'a aucun droit de participation à l'ONU", a rétorqué mercredi à Pékin le porte-parole du Bureau des affaires taïwanaises, Ma Xiaoguang, rappelant que seuls des Etats souverains peuvent adhérer aux Nations unies.

La polémique entre les deux géants du Pacifique survient alors que le régime communiste vient de célébrer en fanfare le 50e anniversaire de son adhésion à l'ONU, au détriment du gouvernement taïwanais qui occupait jusque-là le siège attribué à la Chine. 

Taïwan a remercié Washington pour son appel. "Nous apprécions beaucoup cela" et "nous continuerons à nous battre pour nos droits dans les organisations internationales afin que le peuple de Taïwan puisse apporter sa contribution", a déclaré mercredi le chef de la diplomatie taïwanaise, Joseph Wu, à des journalistes à Prague où il est arrivé en provenance de Slovaquie --des visites contre lesquelles Pékin a protesté.

M. Wu a observé que la situation dans le détroit de Taïwan connaissait "une tension croissante et semble devenir plus dangereuse", ajoutant que Taïwan était prêt à "renforcer ses capacités de défense".

"Nous pensons que la faiblesse invite à l'agression et donc nous voulons avoir la possibilité de nous défendre nous-mêmes et sommes déterminés à nous défendre", a poursuivi M. Wu. "Nous essayons d'avoir des amis dans le monde afin que Taïwan ne soit pas isolé".

Le secrétaire d'Etat américain a relevé que la participation de Taïwan "à certaines agences spécialisées de l'ONU" avait été effective "au cours de l'essentiel des 50 dernières années". 

M. Blinken  a toutefois fait remarquer qu'elle était devenue "récemment" impossible, notamment au sein de l'Organisation mondiale de la Santé ou de l'Organisation de l'aviation civile internationale -- pointant, sans la nommer, l'opposition grandissante de la Chine.

"L'exclusion de Taïwan sape le travail important de l'ONU et de ses agences", a-t-il insisté, affirmant qu'une participation taïwanaise au système onusien "n'est pas une question politique, mais une question pragmatique". Il martèle qu'elle est conforme à sa doctrine à l'égard de l'île et de la Chine.

"Engagement" de défense

Washington défend régulièrement une meilleure représentation de Taipei dans les agences des Nations unies et les réunions internationales. Mais la publication d'un tel communiqué alors que les tensions sont à leur comble avec Pékin, sur cette question comme sur moult autres sujets, semble destinée à adresser un nouveau message de fermeté.

La Chine considère l'île de 23 millions d'habitants, qu'elle ne contrôle pas, comme une de ses provinces en attente de réunification avec le reste du pays.

Mais le géant asiatique a multiplié ces derniers temps les incursions d'avions de guerre dans la zone d'identification de défense aérienne (Adiz) de Taïwan, faisant redouter une volonté de rompre à terme avec le statu quo -- et poussant les Etats-Unis à hausser le ton.

Interrogé la semaine dernière sur la possibilité d'une intervention militaire américaine pour défendre Taïwan en cas d'attaque de la Chine, le président Joe Biden avait répondu par l'affirmative: "oui, nous avons un engagement en ce sens", avait-il déclaré.

Sa déclaration paraissait contredire la politique de longue date des Etats-Unis dite "d'ambiguïté stratégique". En vertu de celle-ci, Washington aide Taipei à construire et renforcer ses défenses mais sans promettre explicitement de venir à son aide en cas d'attaque.

Les propos du président américain avaient été mal accueillis à Pékin, qui l'avait appelé à la "prudence" afin "de ne pas nuire gravement aux relations sino-américaines".

Le gouvernement américain avait par la suite pris soin d'assurer que sa politique à l'égard de Taïwan n'avait pas changé.

Les Etats-Unis reconnaissent depuis 1979 la Chine communiste, au détriment de Taïwan, mais le Congrès américain impose parallèlement de fournir des armes à l'île pour sa défense.
 

le Mercredi 27 Octobre 2021 à 07:40 | Lu 383 fois