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Para-va'a : la fierté de représenter son pays



PAPEETE, le 20 juillet 2018 - Les deux premières journées de courses étaient en partie consacrées aux épreuves para-va'a. Nous sommes allés rencontrer ces athlètes, tant locaux qu'étrangers, et ils partagent tous l'esprit des aito : ils sont venus gagner des médailles pour leurs pays !

En ce promenant dans les allées de Aorai Tini Hau, il était particulièrement rafraîchissant de voir que tout est accessible aux fauteuils roulants. Déjà parce que ça facilite les déplacements des personnes à mobilité réduite, des personnes âgées et même des familles avec des poussettes. Mais surtout parce que ça permettait aux athlètes para-va'a de venir à la rencontre de son public, qui a suivi les courses de ces aito avec une attention toute particulière. Il faut dire qu'elles ont été un combat intense entre les deux favoris de la compétition : Tahiti et la Nouvelle-Zélande, avec le Brésil et Rapa Nui en embuscade. Nous sommes allés rencontrer ces rameurs d'élite que l'on voit trop peu souvent sous les projecteurs.

Andrew Priest, rameur de Nouvelle-Zélande

Depuis combien de temps rames-tu ?
Cela fait deux ans. J'ai commencé parce que je me suis brisé le dos, et il me fallait quelque chose pour faire du sport.

Et maintenant tu participes à une compétition internationale… Quel a été ton parcours ?
Oui, et je participe pour la Nouvelle-Zélande surtout ! Mon parcours… Et bien j'ai commencé avec une équipe, je me suis de plus en plus passionné pour ce sport, puis j'ai fait les try-out pour intégrer l'équipe !

Que représente le para-va'a en Nouvelle-Zélande ? Y-a-t-il des compétitions ?
C'est important en Nouvelle-Zélande. La plupart des clubs ont une section para-va'a, mais je rame personnellement avec une équipe valide. Donc la plupart de mon temps je rame avec une équipe qui n'est pas para-va'a, et je participe en parallèle aux événements para-va'a pour la Nouvelle-Zélande. Nous ne sommes pas si nombreux dans le para-va'a en Nouvelle-Zélande au niveau local, donc il n'y pas forcément l'opportunité partout d'avoir une équipe para-va'a, mais on peut facilement ramer avec les rameurs valides, ils sont nombreux !

Quelles étaient tes attentes sportives et tes résultats pendant la compétition ?
Tous les rameurs néo-zélandais sont ici pour gagner ! On a eu une bonne journée hier puisque mon équipe a remporté une médaille d'or sur 500 mètres en V12 et la Nouvelle Zélande a eu une médaille de bronze. Ce matin j'ai participé à la course de 1000 mètres avec virages, mais je ne sais pas encore si on va avancer. On est ici pour battre Tahiti, parce que ce sont les meilleurs !

Félicitations pour ton titre de champion du monde ! D'ailleurs comment appelez-vous le para-va'a en Nouvelle-Zélande ?
On dit "adapted paddling" en anglais ou "waka ama" en maori, indifféremment.

Un athlète polynésien nous expliquait que le para-va'a change le regard des gens sur le handicap, est-ce la même chose en Nouvelle-Zélande ?
Oui, clairement. Je pense qu'une fois qu'on est dans le waka, on n'est pas si différents. Je pense que ça participe vraiment à faire prendre conscience aux gens que nous sommes toujours capables de faire beaucoup de choses et que nous n'avons pas besoin de nous cacher à la maison ! (rire)

Un mot pour le public polynésien ?
Oui, merci de nous supporter (rire) et surtout d'héberger un aussi bel événement. C'est un très beau pays et tout le monde est si amical, j'adore ! Merci encore !


Christian Ti-Paon, rameur pour Tahiti (interviewé avant la compétition)

Depuis combien de temps pratiques-tu le va'a ?
J'ai repirs les entraînements au mois d'octobre dernier. J'étais coureur cycliste et après mon accident j'ai d'abord repris le vélo, pour perdre du poids, et j'ai eu envie d'aller faire au moins une course nationale ou internationale… J'ai réussi et je suis allé aux championnats de France de para-cyclisme. Ensuite, pour moi le va'a et le vélo c'est la paire, donc en rentrant du championnat de cyclisme j'ai repris aussi le va'a.

Quel est l'intérêt du va'a pour les personnes en situation de handicap ?
C'est la liberté, la joie de faire du sport, et on est un pays où la mer et l'océan prédominent. C'est aussi pour pouvoir plus ou moins rivaliser avec les valides. Parce que quand on est dans le va'a, on essaie de donner le meilleur de nous-même. Donc c'est la joie de pouvoir faire du sport dans notre milieu paradisiaque, et pour le Tahitien la mer est son deuxième fenua.

On voit une explosion du para-va'a, avec ces championnats du monde et bientôt les JO, qu'en penses-tu ?
Je ne suis pas le seul à me mettre au para-va'a, et avec mon prothésiste j'ai réussi à attirer quelques rameurs qui n'osaient pas. Et comme ils m'ont vu faire du vélo, quand je les ai contacté pour venir avec moi faire du va'a, ils sont venus. Ils ont essayé et on a même commencé une équipe, donc c'est carrément top. On s’entraîne presque comme les pros, là on fini notre stage de préparation, et ce soir on retourne sur la V6 avec notre entraîneur pour refaire une session. On s’entraîne aussi pour la Hawaiki Nui et on va essayer de faire une bonne six pour rivaliser avec les valides !

Quel sont vos objectifs pour ces championnats du monde ?
C'est gagner ! On vise les médailles d'or, on va ramer pour Tahiti ! On participe à quatre courses, on vise quatre médailles ! On est un groupe, on est le taho'e, donc l'union de Tahiti fait la force, et on veut contribuer à la victoire de Tahiti à ces championnats du monde ! On veut prouver la suppériorité que les Tahitiens ont dans ce sport, et je sais que les cousins de Nouvelles-Zélande sont venus pour rééditer leur exploit des derniers championnats du monde... Mais on est chez nous et on va gagner !

Un message à passer à tous ceux qui se trouvent en situation de handicap ?
Oui, justement, d'origine le Tahitien est timide et réservé, il y a toujours le "Eh, ça fait honte pai." Et au au début pour moi ce n'était pas évident, mais dès qu'on est dedans, qu'on voit la solidarité qu'il y a entre tous les rameurs, c'est vraiment génial. Il n'y a rien qui fait honte. Donc c'est drôle, il y a plusieurs personnes valides qui viennent nous voir et qui nous disent que c'est rare de voir autant de personnes avec des prothèses… Donc ça fait drôle, mais c'est bien aussi de sortir de chez soi.

Rédigé par Jacques Franc de Ferrière le Vendredi 20 Juillet 2018 à 17:51 | Lu 1303 fois





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