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Oyez, oyez : certains appareils auditifs désormais vendus en pharmacie



PARIS, 25 août 2014 (AFP) - La vente de certains appareils de correction auditive en pharmacie est désormais autorisée, une libéralisation qui rencontre le scepticisme voire l'hostilité des audioprothésistes depuis plusieurs années, même s'ils ne représentent qu'une très faible partie du marché.

Les "assistants d'écoute" sont des appareils d'audition préréglés, contrairement aux prothèses auditives classiques que les audioprothésistes règlent sur-mesure. Ils sont vendus à un prix très inférieur, moins de 300 euros par oreille contre 1.500 en moyenne pour les prothèses traditionnelles, mais ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale.

La ministre de la Santé Marisol Touraine a autorisé par un arrêté publié vendredi au Journal officiel la vente en pharmacie d'"assistants d'écoute préréglés d'une puissance maximale de 20 décibels".

La société Sonalto, qui commercialise de telles aides auditives depuis 2011, a salué lundi cette décision dans un communiqué, estimant que la ministre avait "fait un geste fort en faveur des malentendants et des pharmaciens".

"C'est un grand soulagement", a dit à l'AFP le président de l'entreprise Maxence Petit, qui précise que son produit était déjà vendu en pharmacie mais qu'il souffrait d'un "flou juridique".

- Des produits "très différents" -

L'arrêté rencontre le scepticisme voire l'opposition des audioprothésistes, reflétant le sentiment de cette profession depuis plusieurs années.

Cette décision "ne va pas changer énormément de choses" pour Richard Darmon, président directeur général de l'entreprise Amplifon France, l'un des deux poids-lourds du secteur. "Il faut rappeler que ce sont des produits très différents : les assistants d'écoute sont des produits très simples, pas du tout adaptables à chaque personne."

"Nous ne sommes pas contre les innovations, mais à ma connaissance il n'y a pas d'étude pour savoir à qui s'adressent ces produits", a-t-il nuancé.

L'UNSAF, syndicat national des audioprothésistes, a exprimé à l'AFP son "incompréhension" face à l'arrêté ministériel par la voix de son président, Luis Godinho. "Cette décision a été prise sans aucune concertation, qui plus est alors qu'un procès est en cours", a-t-il déclaré à l'AFP.

Selon lui, un rapport d'experts judiciaires remis au Tribunal de grande instance de Paris est "extrêmement négatif" sur la distribution de ce type d'appareils en pharmacie. La prochaine audience est prévue début octobre.

Sur six millions de malentendants en France, 2,5 à 3 millions devraient être équipés selon l'Inspection générale des affaires sociales (Igas). Seulement 1,5 million le sont.

Pour le président de Sonalto, la vente de son produit en pharmacie va permettre d'"élargir la distribution", en "dédramatisant au niveau du prix et dans la démarche d'acquisition". Les audioprothésistes "auraient souhaité intégrer ce nouvel appareil auditif dans leur monopole de distribution", ajoute d'ailleurs M. Petit.

- Un "tout petit marché" -

Mais pour Guillaume Flahault, président du Synea -- le syndicat des entreprises de l'audition qui est aussi engagé dans la procédure judiciaire contre Sonalto pour "publicité mensongère" -- les assistants d'audition ne sont pas une bonne affaire. En prenant une prothèse d'entrée de gamme, et après remboursement par l'Assurance-maladie, les prix sont équivalents et le patient ne bénéficie d'aucun suivi médical, explique-t-il en substance.

Sur un marché de l'audition qui dépasse le milliard de chiffre d'affaires, tiré par le vieillissement et l'évolution des mentalités, les "assistants d'écoute" ne représentent pour l'instant qu'un volume très limité.

Michel Caillaud, président de l'Union nationale des pharmacies de France, s'est dit plutôt favorable à cette nouvelle offre en officine, tout en estimant que ces appareils représentaient "un tout petit marché". "C'est un peu comme les loupes vendues en pharmacie, c'est du dépannage", estime-t-il.

En septembre, la Cour des comptes avait pointé les "prix élevés" de l'optique et des audioprothèses en France, plaidant pour une plus grande régulation du marché.

Rédigé par () le Lundi 25 Août 2014 à 06:33 | Lu 419 fois





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