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"On ne va pas passer notre temps à payer 350 millions de Fcfp pour démonter des bateaux"


Tahiti, le 24 octobre 2021 - Alors que le Pays a obtenu la saisie d'un navire d'une compagnie chinoise dont l'un des thoniers est échoué à Anuanurunga, le gouvernement se dit prêt à légiférer pour interdire certains transits dans notre zone économique exclusive et mettre en place des suivis des navires pour éviter les échouements.
 
L'épisode vendredi de la saisie du navire d'une compagnie chinoise toujours redevable du démantèlement d'un thonier échoué à Anuanurunga est symptomatique d'un changement de ton du Pays. La veille à l'assemblée, le ministre en charge des Transports inter-insulaires, Jean-Christophe Bouissou, avait été particulièrement incisif sur le sujet. A l'occasion de l'examen par l'assemblée d'un avis sur un projet de loi national autorisant la ratification de la convention portant création de l'Organisation internationale pour les aides à la navigation maritime, le ministre n'a pas mâché ses mots après l'échouement ces dernières années de plusieurs navires, notamment étrangers, sur des atolls polynésiens. “On ne va pas passer notre temps à payer 350 millions de Fcfp pour démonter des bateaux chez nous. Ça nous coûte cher et en plus il faut qu'on court après les compagnies maritimes pour qu'on puisse être payés.”
 
“Interdire”, “suivre”, “alerter”
 
Tout en restant dans les compétences de la Polynésie française, l'État étant le garant de la surveillance maritime, le ministre a estimé que le Pays pouvait intervenir sur “la sécurité de la navigation et l'impact environnemental”. Sans y aller par quatre chemins, Jean-Christophe Bouissou a évoqué “premièrement” la possibilité de légiférer localement sur “l'interdiction de tous ces bateaux qui n'ont rien à faire en Polynésie, sinon de transiter”. Et dans le viseur du ministre : “Ces bateaux de pêche chinois” que l'on pourrait “interdire près de nos côtes”. Deuxième proposition, celle de profiter de la mise en place d'une gestion des mouvements des navires en Polynésie pour développer un système d'alarme sur les situations préoccupantes des navires dès lors qu'ils entrent dans la zone économique exclusive.
 
Pas de surveillance, mais l'utilisation des outils modernes de suivi par satellite notamment pour suivre les caps et vitesse des navires et alerter les autorités “lorsqu'on peut être sûrs que s'il n'y a pas de déviation, nous allons directement sur un atoll”. Et le ministre d'évoquer l'exemple d'un “capitaine qui s'endort”… dont l'actualité récente nous a hélas donné quelques cas concrets. “Ne soyons pas passifs au regard de ce qui s'est passé”, a-t-il exhorté à Tarahoi. “C'est ce que je vais vous proposer bientôt."
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Dimanche 24 Octobre 2021 à 17:16 | Lu 3351 fois