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"On ne rentre pas comme on veut en Polynésie"


Tahiti, le 9 août 2022 – Alors que l'activité aérienne a pleinement repris son cours après avoir été lourdement impactée par la crise sanitaire, la police aux frontières annonce qu'elle a “renforcé” la “vigilance des contrôles aux frontières”. Depuis le début de l'année, 28 personnes ont fait l'objet d'une non-admission sur le territoire dont 13 pour le seul mois de juillet. Pour le directeur de la police nationale en Polynésie, Mario Banner, il s'agit de rappeler que les voyageurs doivent respecter les mesures légales.
 
“Ne rentre pas en Polynésie française qui veut, mais qui peut.” Tel est le message, on ne peut plus limpide, délivré par le service territorial de la police aux frontières (STPAF) qui dépend de la Direction territoriale de la police nationale (DTPN) en Polynésie française. Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux mardi, le STPAF annonce qu'au regard de l'augmentation “considérable” du nombre de passagers, elle a procédé à un “renforcement de la vigilance des contrôles aux frontières”.
 
Les résultats ne se sont pas fait attendre puisque depuis de janvier à juillet 2022, “28 personnes ont fait l'objet d'une non-admission sur notre territoire à leur arrivée. Il y en a eu 25 pour toute l'année 2019, année de référence en matière de trafic de passagers d'avant la pandémie covid.” Rien que pour le mois de juillet, “13 mesures de non-admission ont été prises dont 12 lors d'arrivées par voie aérienne et une par voie maritime”. Dans le premier cas les passagers non-admis sont repartis immédiatement par le vol retour. Dans le second cas, un vol privé a été spécialement affrété par l'intéressé qui était resté consigné à bord de son navire. Le STPAF rappelle que “conformément à la règlementation, une amende e 1,2 million de Fcfp est alors infligée au transporteur”. Les motifs principaux de non-admission sont principalement relatifs à la validité des passeports ou des visas.
 
“Les pieds dans le plat”
 
Tel que l'explique le directeur de la DTPN, Mario Banner, il s'agit avant tout de faire respecter les règles : “Les contrôles ont été renforcés sur mes instructions car nous nous sommes aperçus qu'il y avait trop de personnes en situation de non-admission qui se trouvaient sur le territoire et nous avons donc décidé de taper dans le buffet. Donc, tous les étrangers qui ne remplissent pas les conditions d'admission en Polynésie française reprennent l'avion suivant. Ils rentrent chez eux et une pénalité est donnée aux compagnies aériennes qui n'ont pas respecté les textes”.
 
Sans vouloir “embêter les voyageurs”, Mario Banner indique que la Polynésie n'est pas un “marché ou un souk où tout le monde peut rentrer”. “Il faut que les mesures légales et les textes soient respectés par tout le monde. Nous avons décidé de mettre les pieds dans le plat car on ne rentre pas comme on veut en Polynésie. J'insiste sur le fait que nous ne voulons pas embêter les étrangers mais seulement faire respecter les règles d'entrée sur le territoire par les étrangers”.
 
Le directeur de la police nationale en Polynésie française indique par ailleurs que parmi les personnes non admises, l'on retrouve des voyageurs originaires des États-Unis pour la moitié, puis en provenance des Philippines, d'Afrique du Sud, de Chine, d'Inde ou encore d'Israël.

Motifs de non-admission

• Non détenteur de documents de voyage valable
• En possession d'un document de voyage faux, falsifié ou altéré
• Non détenteur d'un visa ou d'un permis de séjour valable
• En possession d'un visa ou d'un permis de séjour faux, falsifié ou altéré
• Non détenteur du ou des documents appropriés attestant du but et des conditions de séjour.
• Précédent séjour de 3 mois au cours d'une période de 6 mois.
• Absence de moyens de subsistance suffisants correspondant à la période et aux modalités de séjour, au retour vers le pays d'origine ou de transit.
• Signalement·aux fins de non-admission (SIS ou fichier national)
• Danger pour l'ordre public, la sécurité intérieur, la santé publique, ou les relations internationales d'un ou plusieurs États membres de l'Union européenne.
 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 9 Août 2022 à 15:00 | Lu 12374 fois