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ONU : Temaru drague les tāvana sans succès



ONU : Temaru drague les tāvana sans succès
Tahiti, le 3 février 2021 - Le leader indépendantiste Oscar Temaru s'est fait inviter mardi, lors de la réunion du Syndicat pour la promotion des communes. Il était notamment question, pour lui, de demander aux élus de s'unir pour que tous ensemble envoient un courrier au secrétaire général des Nations Unies, visant à exprimer leur "désir commun qu'une mission puisse se dérouler". Les maires du fenua ont décliné la proposition.
 
Pendant deux jours, les tāvana du Syndicat pour la promotion des communes (SPC) étaient réunis à Punaauia pour étudier, entre autres, le débat d'orientation budgétaire (DOB). Mais surprise, mardi, quand le maire de Faa'a, Oscar Temaru, s'est présenté alors que Faa'a ne fait pas partie du SPC. Le président du Tavini huiraatira était accompagné du député Moetai Brotherson, de l'ex-sénateur Richard Tuheiava, du candidat aux dernières sénatoriales Michel Villard, de son premier adjoint Robert Maker, entre autres soutiens.
 
Oscar Temaru avait dans l'idée d'obtenir l'adhésion des tāvana par la signature d'un courrier destiné au secrétaire général des Nations Unis, António Guterres. Il a rappelé que "ce n'est pas le Tavini qui est réinscrit à l'ONU, mais notre pays Mā'ohi Nui (...). D'où cette demande (...). Si à la fin de cette rencontre, on tombe tous d'accord, j'ai préparé un courrier et j'ai demandé au président de le signer".
 
Moetai Brotherson a expliqué que ce courrier consistait surtout à exprimer leur "désir commun qu'une mission de l'ONU puisse se dérouler" en Polynésie. Mais il est aussi question dans cette lettre de remercier le secrétaire général de l'ONU pour "son soutien permanent" ces dernières années et de faire part à la quatrième commission de plusieurs doléances. Le député n'a pas manqué l'occasion de pointer du doigt l'État : "Les épreuves que nous traversons actuellement montrent un peu les limites de notre autonomie. Qui décide de fermer nos frontières ? Ce n'est pas nous, c'est l'État. Alors est-ce que l'État va assumer derrière ?"
 
Fritch : "L'indépendance est dans notre sang"
 
Le président du Pays et tāvana de Pira'e, Édouard Fritch, a expliqué devant les maires qu'il communique souvent avec le leader indépendantiste. "C'est vrai, on s'appelle, on discute et j'aime bien, je ne vous le cache pas (...). Ne peut-on pas un jour se rassembler ? On se bat et travaille pour le peuple".
 
Il a laissé entendre qu'il n'était pas opposé à l'indépendance qui est "inévitable (...). À un moment on va y venir, peut-être parce que la France n'aura plus de budget (…) ou en aura marre de nous". Également parce que c'est "dans notre sang". Il a rapidement précisé : "Je ne vais pas choisir l'indépendance pour mon peuple mais je vais lui laisser le choix et s'il faut un référendum, pourquoi pas ?" en rappelant au passage que la crise est actuellement le principal souci.
 
La proposition de missive n'a pas fédéré les tāvana du SPC. Ils ont décliné la proposition du maire de Faa'a.
 

Gaston Tong Sang, maire de Bora Bora : "La tribune des maires n'est pas une tribune politique"

Que pensez-vous de la présence d'Oscar Temaru ?

"Cette rencontre a eu lieu car le président du SPC, sur l'insistance de notre président du Pays, a bien voulu, et c'est dans la coutume polynésienne. Mais c'est vrai que la tribune des maires n'est pas une tribune politique. C'est une tribune des pratiquants du terrain, les élections sont terminées, donc ce n'est pas le lieu. Ce n'est pas grave, c'est bien aussi qu'il vienne le dire et chacun a son libre arbitre. (…) Ce n'est pas l'ONU qui va décider de notre avenir politique, économique et social. La décision nous appartient. Je pense que chaque parti a son idéologie politique, et le moment viendra de ce débat. (…) Bon après il faut faire un choix éclairé pour l'avenir institutionnel de notre pays. Je trouve que l'attitude de notre président du Pays est tout à fait à propos par rapport à cette situation. C'est bien polynésien cette réunion."
 

Édouard Fritch, maire de Pirae : "(L'indépendance) Je pense que c'est inévitable"

Vous disiez qu'il faut arrêter les dissensions avec Oscar Temaru car vous avez le même but, travailler pour notre nūna'a ?
"Depuis que j'ai pris les affaires du Pays, mon souci a toujours été de rassembler tout le monde, autour de cet objectif noble qui est de tout faire pour que nos populations vivent dans des meilleures conditions."
 
Pensez-vous que la France vienne à être fiu de la danseuse ?
"C'est une image que l'on entend souvent (…). Mais cette image est complètement faussée. Aujourd'hui, à mon avis, ce n'est plus cela du tout. Les indépendantistes ont tendance à entrevoir l'intérêt de la France pour la Polynésie au travers de cette danseuse qui lui fait du charme. Je pense que nos relations avec la France et l'État ne méritent pas d'être rabaissées à ce niveau-là."
 
Vous ne seriez pas contre l'indépendance ?
"Je pense que c'est inévitable, un jour ou l'autre on va sûrement y aller. Comme je disais tantôt, c'est dans 50 ou 100 ans. Je crois que je ne serai plus là."
 
Vous disiez que "l'indépendance est dans notre sang"?
"Oui, car regardez nos enfants qui dès l'âge de 14-15 ans ont envie de voler tout seul, de disparaitre. Après, quand ils ont des problèmes, heureusement que papa et maman sont là pour répondre à leurs besoins. Mais c'est un sentiment qu'on a au fond de nous-même, de tout homme : aspirer un jour à cette indépendance. Mais pour faire quoi ? Et avec quels moyens ? Parce qu'il faut avoir les moyens de l'indépendance. Les réponses que j'ai entendues cet après-midi ne sont pas correctes dans le fond. On ne peut pas faire un trait sur l'Éducation nationale et dire que l'Éducation nationale n'est là que pour nous apprendre à parler français. L'éducation, c'est aussi autre chose, c'est développer l'intelligence d'un enfant."
 
Vous seriez prêt à mettre en place un référendum ? 
"Ça aussi, c'est inéluctable. Un jour ou l'autre il faudra y venir et comme je disais, l'indépendance ce n'est pas moi qui vais décider, ni d'ailleurs Oscar Temaru. C'est une affaire qui concerne la population, et donc il faut l'interroger. Si, comme estime le Tavini, c'est la seule voie (....). Je pense qu'il faut se donner le temps de l'auto-alimentation, de développer notre richesse, se donner le temps de trouver nous-même notre survie."
 

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mercredi 3 Février 2021 à 22:50 | Lu 2766 fois





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