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Nouvelles perspectives pour la coopération militaire franco-fidjienne



Les commandements français et fidjiens accompagnés de l’ambassadeur de France à Fidji, Michel Djokovic. (Crédit photo : Ambassade de France à Fidji)
Les commandements français et fidjiens accompagnés de l’ambassadeur de France à Fidji, Michel Djokovic. (Crédit photo : Ambassade de France à Fidji)
SUVA, mercredi 20 mai 2015 (Flash d’Océanie) – La coopération militaire franco-fidjienne, dont la reprise était annoncée dès octobre 2014, a officiellement repris cette semaine dans la capitale fidjienne Suva, avec la visite du Général de brigade Luc du Perron de Revel, commandant supérieur des forces armées de la Nouvelle-Calédonie (FANC), qui coïncidait aussi avec une escale très remarquée de la frégate Vendémiaire, basée elle aussi à Nouméa (Nouvelle-Calédonie).

Fin octobre 2014, la France, via sa collectivité voisine de Nouvelle-Calédonie, a officiellement relancé sa coopération militaire avec les Îles Fidji, huit ans après le putsch de décembre 2006 et après la mise en place d’un gouvernement démocratique issu des élections du 17 septembre 2014.
Le week-end dernier, le bâtiment de la marine nationale Vendémiaire accostait à Suva pour une escale programmée de cinq jours et placée dans la catégorie « de routine ».

Au plan protocolaire, ce navire français basé en Nouvelle-Calédonie voisine a été accueilli avec les honneurs, notamment par le Commandant en chef de la marine fidjienne, le Capitaine John Fox
Au cours de son escale à Suva, Le Vendémiaire a aussi effectué, au Sud de Suva (non loin de l’île de Kadavu) une série de manœuvres conjointes, en coopération avec le RFNS Kula de la marine fidjienne, avec un accent particulier sur la surveillance de la Zone Économique Exclusive (ZEE) et une simulation d’abordage du navire fidjien par les forces françaises et, de manière plus générale, des exercices visant à lutter contre la pêche illicite et non signalée, les activités de contrebande ou encore les trafic en tous genres (êtres humains inclus).

Ces opérations ont lieu régulièrement dans les eaux fidjiennes, où les marines étrangères mettent couramment à disposition des autorités locales, aux moyens limités, des heures de patrouille (une quinzaine d’heures par mois concernant la France) ou de survol par des appareils français, australiens ou néo-zélandais.



Le Général Luc du Perron de Revel, commandant supérieur des forces armées de la Nouvelle-Calédonie (FANC), rencontre les marins fidjiens. (Crédit photo : Ambassade de France à Fidji)
Le Général Luc du Perron de Revel, commandant supérieur des forces armées de la Nouvelle-Calédonie (FANC), rencontre les marins fidjiens. (Crédit photo : Ambassade de France à Fidji)
Au terme de sa visite à Suva, le Général du Perron de Revel a aussi évoqué des perspectives de renforcement de la coopération militaire franco-fidjienne, y compris la possibilité pour les forces de deux pays de séjourner, dans un cadre légal, sur le territoire de l’autre partie.
Ce genre d’accord est généralement décrit comme étant de type « SOFA » (status of forces agreement, accord relatif au statut des forces).
D’ores et déjà, les accords existants (dont la dernière version a été signée vendredi 15 mai 2015 à Suva par le Général français et son homologue le Général de Brigade Mosese Tikoitoga, commandant en chef des forces armées fidjiennes) prévoient des échanges de personnel, soit au cours d’opérations de surveillance réelles, soit d’exercices internationaux, avec, en mode encadrement, des sessions d’enseignement du Français pour les soldats et officiers fidjiens.
En avril 2015, le Général Tikoitoga et une délégation de haut niveau se trouvaient en visite à Nouméa pour y rencontrer ses homologues français et tracer les grandes lignes de l’accord signé en fin de semaine dernière.

Michel Djokovic, ambassadeur de France à Fidji, a pour sa part souligné les notions de réciprocité, de partenariat et de bénéfices mutuels pour ces accords franco-fidjiens.
Il a aussi rappelé que Fidji est l’un des voisins les plus proches de la France, à la fois via son territoire de Wallis-et-Futuna (juste au Sud-est) mais aussi la collectivité de Nouvelle-Calédonie (un peu plus au Sud-ouest).


Le Général Luc du Perron de Revel, commandant supérieur des forces armées de la Nouvelle-Calédonie (FANC), et le Commandant en chef de la marine fidjienne, le Capitaine John Fox. (Crédit photo : Ambassade de France à Fidji)
Le Général Luc du Perron de Revel, commandant supérieur des forces armées de la Nouvelle-Calédonie (FANC), et le Commandant en chef de la marine fidjienne, le Capitaine John Fox. (Crédit photo : Ambassade de France à Fidji)
L’annonce, fin octobre 2014, de la reprise de la coopération militaire avec cet archipel qui contribue dans une large mesure aux contingents de maintien de la paix de l’ONU, à travers le globe, était intervenue à l’occasion d’une visite de deux jours d’une délégation conduite par le Général Luc du Perron de Revel, commandant supérieur des forces armées de la Nouvelle-Calédonie (FANC) depuis août 2013.
Le général français, qui était accompagné d’une délégation militaire de haut niveau, a notamment rencontré l’ancien chef des forces armées fidjiennes, le Vice-amiral en retraite Franck Bainimarama, qui a dirigé le gouvernement fidjien après son putsch de 2006 jusqu’en septembre 2014, avant que d’être légitimement élu par une large victoire (près de soixante pour cent des suffrages) lors des élections du 17 septembre 2014.
Parmi les autres personnalités fidjiennes rencontrées figuraient le successeur de M. Bainimarama à la tête des forces armées fidjiennes, le Général de brigade Mosese Tikoitoga, ainsi que le ministre de la défense, Timoci Natuva et le ministre chargé de la gestion des catastrophes naturelles, Inia Seruiratu.
Au menu de ces entretiens de reprise de contact avec le commandant des forces fidjiennes : les moyens de « renouveler les relations bilatérales et militaires entre Fidji et la France, en association avec les territoires français de la région ».
Même si les escales de routine de bâtiments français basés dans la région (principalement en Nouvelle-Calédonie), les échanges de personnel pour des stages d’aguerrissement en Nouvelle-Calédonie ou les contacts officiels avaient cessé après le putsch de 2006, les relations militaires franco-fidjiennes « n’ont jamais vraiment cessé », elles ont « ralenti », avait alors insisté Gilles Montagnier, alors ambassadeur de France à Suva.
Quelques semaines plus tôt, les forces fidjiennes étaient d’ailleurs invitées à participer en tant qu’observateurs aux manœuvres multinationales « Croix du Sud » qui se déroulent tous les deux ans en Nouvelle-Calédonie, avec la participation de la plupart des pays de la zone (Australie, Nouvelle-Zélande, États-Unis, États insulaires océaniens).

pad

Rédigé par PAD le Mercredi 20 Mai 2015 à 00:07 | Lu 451 fois




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