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Noël et ses traditions (première partie)



TAHITI, le 22 décembre 2019 - En attendant le Jour J, découvrez quelles sont les traditions de Noël et surtout comment elles se sont mises en place au fil du temps, ce qu’elles signifient aujourd’hui… La suite demain.

Toutes les sociétés ont fonctionné dans leurs croyances et leurs festivités sur le cycle des saisons. Une fête brise tous les codes, tous les tapu, elle rompt avec les habitudes. C’est une activité sociale. Noël doit être appréhendé comme la suite logique des fêtes païennes du retour de la lumière, des fêtes qui ont été christianisées.

La date du 25 décembre

Jésus serait né le 25 décembre dans une crèche à Bethléem, mais rien ne permet de l’affirmer avec certitude.

Au IVe siècle après JC, le christianisme est en compétition avec, notamment dans la partie orientale de l’Empire romain, le dieu perse Mithra, dieu de la végétation qui naît, qui meurt et qui renaît. La naissance de Mithra est fixée à la date du solstice d’hiver, quand les jours commencent à rallonger. Ce solstice est très important dans les pays celtiques, en Gaule, qui fêtent le début de la régénération de la nature, comme les Romains qui fêtent Saturne, le dieu de l’âge d’or des Saturnales, du 17 au 24 décembre.

Les Romains organisaient alors des échanges de vœux à l'occasion de copieux repas qui s'accompagnaient d'offrandes de rameaux verts et de confiseries. Cette période de fête était clôturée par les jeux du cirque.

C’est en tenant compte de toutes ces traditions que le pape Jules 1er, en 337, décrète que Jésus est né le 25 décembre de manière tout à fait officielle. Cela est confirmé en 354 par le pape Liberius, pour mettre fin définitivement aux débordements païens du culte de Mithra, qui joue un grand rôle aussi dans le choix de la date de la résurrection du Christ à Pâques.

Le sapin de Noël

Sous l’influence des protestants réticents à représenter Jésus, le sapin de Noël qui porte les fruits du jardin d’Éden et la promesse d’un monde nouveau est un bon moyen de contourner cette difficulté et de symboliser les richesses de l’année annoncée par la naissance de Jésus. La tradition relative à cet arbre est aussi païenne, celtique, liée aussi aux rituels associés à la célébration du solstice d’hiver. Les Romains décoraient les maisons de leurs branches lors des saturnales.

À Strasbourg, en 1605, un auteur anonyme évoque pour la première fois la décoration de l’arbre de Noël.

À Paris, le premier sapin a été érigé aux tuileries en 1837 à la demande d’Hélène de Mecklembourg, belle-fille du roi Louis-Philippe.

Le Prince Albert, époux de la reine Victoria a fait de même au palais de Windsor.

Les pommes rouges sont restées le décor indispensable jusqu’à l’hiver de l’année 1858 et sa très mauvaise récolte. Un artisan verrier de Lorraine a alors eu l’idée de souffler une boule de verre pour remplacer le fruit !

Mais, dans la réalité, la coutume du sapin de Noël s’est vraiment répandue en France après la guerre de 1870.

Et la crèche?

Dès le IVe siècle, des petites chapelles ont représenté la grotte de Bethléem dans certaines églises romaines. La crèche désigne la mangeoire des animaux dans l’étable, comme celle dans laquelle Marie a installé Jésus bien au chaud dans la paille.

La naissance de Jésus était représentée depuis le Moyen Âge à travers de courtes pièces de théâtre, les "mystères", largement développées dans le monde chrétien catholique.

La tradition raconte que Saint-François d’Assise à Noël 1223 a rejoué avec les habitants de sa ville, dans une grotte, la nativité avec un nourrisson en lieu et place de l’enfant Jésus.

Les crèches ont connu leur grande époque à partir du XVIIe siècle en Italie et en Provence qui en ont fait une spécialité.

En 1640, les sœurs Ursulines du Québec ont fabriqué la première crèche avec des santons (ce sont de petits saints), à partir de cire d’abeille. Mais c’est pendant la révolution française, quand les manifestations religieuses ont été interdites, que les Chrétiens ont représenté la nativité à l’aide de figurines modelées avec des mies de pain cachées dans les maisons.

Les crèches vivantes ont cédé la place à une version figée et miniaturisée de la crèche qui a largement dépassé le contexte religieux dans la tradition du village de Noël où de nombreux personnages sont représentés.

Christine Perez

Ce texte a rédigé sur la base des connaissances de Christine Perez, docteur en histoire de l'Antiquité. Elle a été maître de conférences en Histoire des mondes anciens et médiévaux à l'Université de la Polynésie française.

Rédigé par Delphine Barrais le Dimanche 22 Décembre 2019 à 13:09 | Lu 1042 fois





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