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Niue et Tuvalu : petits pays en quête de développement



PAPEETE, le 26 mars 2018 - Comment développer une économie quand on est un pays de quelques milliers d'habitants à l'écart de toutes les routes commerciales ? C'est la question que nous avons posée aux représentants de Niau et Tuvalu lors du dernier jour des Pacific Business Days. Nous nous sommes aussi intéressés au miracle économique néo-zélandais, qui a su sortir d'une grave crise économique dans les années 70-80 pour devenir un des pays les plus riches et les plus heureux au monde.


Rae Finlay, CEO de la Chambre de commerce de Niue

"Nous sommes tout petits, mais le développement économique est possible !"

Quelle est la stratégie d'un petit pays comme Niue pour développer son économie ?
Oui, Niue est un pays de 1700 habitants, sur une île de 265 km². Donc nous sommes tout petits, mais le développement économique est possible ! Déjà notre population augmente, malgré un cyclone dévastateur en 2004. Et il y a 22 000 Niuéens qui vivent en Nouvelle-Zélande, dont beaucoup ne sont jamais venus à Niue. Ils forment la moitié de nos visiteurs et sont un des moteurs de notre petite industrie touristique. Elle est également différente des autres destinations du Pacifique à cause du manque de transports. Il n'y a que deux vols par semaine, depuis Auckland, donc le maximum de visiteurs que nous pouvons avoir à Niue au même moment est d'environ 300 personnes... Et ça remplit l'ensemble des lits disponibles dans notre hôtel, nos pensions de famille et motels. Avec la mise en place d'un deuxième vol par semaine, l'année dernière nous avons atteint notre record de touristes avec un tout petit peu moins de 10 000 visiteurs sur l'année.

Le fait que l'accès soit limité rend la destination très exclusive, adaptée aux voyageurs aventuriers qui veulent vraiment se connecter à la nature. Nous sommes un atoll corallien surélevé, ce qui est rare et offre des paysages très intéressants, mais il n'y a pas de plage par exemple. Il n'y a pas non plus de magasins, et la connexion à internet très limitée... Mais ça devrait changer puisque nous sommes sur le point d'avoir la 4G en juin, pour remplacer la 2G. Et l'année prochaine nous nous connecterons au câble sous-marin Manatua, celui qui part de Tahiti."

Donc le tourisme est le cœur de votre stratégie ? Quels sont les défis principaux qui restent à relever ?
"Il y a le tourisme, mais il y a aussi une série d'exportations comme le noni, la vanille, et nous commençons à exporter de l'eau en bouteille. Nous sommes encore très dépendants de l'aide néo-zélandaise pour financer nos investissements, mais nous nous en sortons bien.

L'un des problèmes pour développer l'activité économique est le manque de biens, les importations sont très chères, ainsi que le manque de produits d'assurance. Après le cyclone Heta, les sociétés d'assurance ont été plus frileuses pour couvrir les biens à Niue, ce qui freine les investissements. Si vous dépensez beaucoup d'argent pour investir dans un hôtel ou une usine, vous avez besoin de cette protection, en particulier si vous empruntez auprès d'une banque."



Itaia Lausaveve, CEO de la Tuvalu National Private Sector Organisation, équivalente à la CCISM

"Améliorer les connexions maritimes est la seule façon de développer le business dans la région "

Avez-vous trouvé des choses utilises pour vous lors de ces conférences ?
"Bien sûr ! Il y a beaucoup de choses utiles. Ce qu'il se passe à partir de maintenant c'est que nous allons tous mettre en place des recommandations et les présenter au Forum du pacifique, que les ministres de la région pourront examiner et financer. Les mesures qui nous aideraient le plus, ce serait de multiplier les connexions maritimes et aériennes, la connectivité à internet, et les services d'assurance pour les catastrophes naturelles. Il y a beaucoup de choses à faire."

Trouvez-vous que les autres pays du Pacifique, presque tous plus gros que Tuvalu, s'intéresse à vos problèmes ?
"Oui j'en suis sûr. Nous ne sommes pas très un grand pays, mais nous avons beaucoup de problèmes communs avec les autres pays de la région. Par exemple nous avons tous besoin d'améliorer les connexions maritimes, c'est la seule façon de développer le business dans la région."

Quels sont les activités principales de Tuvalu ?
"Principalement le commerce de détail de produits importés, et le tourisme qui reste notre priorité de développement. Mais nous avons aussi une industrie dans la transformation alimentaire. Nous avons un plan pour les années qui viennent, qui se focalisera sur ce secteur car c'est là que des entreprises peuvent progresser. Nous devons bouger et faire des choses pour développer notre pays, nous ne pouvons pas rester en arrière. Et je pense qu'avec l'aide des pays qui sont ici, nous pouvons y arriver."



Richard Cotman, Project lead - Trade strategy pour l'agence publique New Zealand Trade & Enterprise

"Même les petits pays ont de grandes ambitions pour leurs peuples et leurs partenaires "

La Nouvelle-Zélande est souvent qualifiée de miracle économique, avec une croissance ininterrompue depuis 1984. Quel est le secret ?
"Je ne sais pas si c'est un miracle. Ce que j'ai trouvé intéressant ici ce sont les échanges d'égal à égal entre toutes les délégations. Le fait nous soyons un grand pays alors que Niue est un tout petit pays n'a pas d'importance, parce qu'il y a de bonnes idées partout et nous avons des problèmes partagés. Nous, la Nouvelle-Zélande, nous sommes un petit pays à l'échelle du monde, et on doit s'exporter vers les grands pays. Et les pays du Pacifique ont la même problématique, à une autre échelle. Donc nous avons tous des choses à partager."

Comment la Nouvelle-Zélande a-t-elle réussi à avoir des comptes solides et des exportations fortes, alors qu'elle est un pays isolé dans le Pacifique ?
"Il faut toujours écouter le secteur privé, écouter les besoins des exportateurs. Car c'est par l'export que l'on va arriver à croitre. Si on veut développer un pays, c'est forcément en développant ses exportations et ses relations avec les autres pays. Donc si vous écoutez les exportateurs, regardez vraiment quelles sont les ressources présentes chez vous et comment les mettre en valeur, à ce moment-là vous trouverez les bonnes solutions."

Nous avons vu lors des conférences que beaucoup de pays du pacifique ont encore des économies très fermées, avec des monopoles sur les compagnies aériennes et les télécoms par exemple. Le secret ne serait-il pas aussi d'ouvrir son économie ?
"Il faut le faire à l'échelle de chaque pays, car chacun peut trouver ses propres solutions. Nous avons nos propres problèmes à nous, bien sûr ils sont à une autre échelle. Mais on ne peut pas dire que nous apportons toutes les réponses, au contraire nous voulons être un partenaire pour les pays du Pacifique."

Et avez-vous appris des choses intéressantes pendant les conférences, qui pourraient être appliquées chez vous ?
"Oui bien sûr ! Par exemple l'idée tahitienne du Passeport Digital, le concept de former les chefs d'entreprises au numérique, c'est aussi un grand défi pour nous. Aujourd'hui toutes les entreprises doivent devenir digitales, qu'elles vendent des saucisses, du mouton ou des logiciels, elles doivent toutes s'adapter à cette nouvelle ère.

Mais cette conférence était vraiment très intéressante pour un Néo-zélandais. Déjà j'ai découvert la Polynésie française, on a l'impression d'être à la fois très en France, et vraiment en Polynésie. C'est une combinaison qui est très intéressante et je pense que c'est un vrai atout pour vous, à mettre en avant. J'ai aussi beaucoup apprécié la présentation de Niue. C'est le plus petit pays du monde après le Vatican, mais il a une vraie volonté pour se développer économiquement. Ils ont des idées comme attirer les bateaux de croisière, même si sur ces bateaux il y a plus de touristes que d'habitant sur l'île, et ça, ça m'a impressionné, ça montre que même les petits pays ont de grandes ambitions pour leurs peuples et leurs partenaires. Et si on veut vraiment créer une marque Pacifique, il faut insister sur la particularité de chaque île et de chaque nation car elles ont toutes leurs propres avantages et leurs propres marques. Il faut trouver autre chose que les stéréotypes des cocotiers et de la plage. Tout le Pacifique y gagnera."




Rédigé par Jacques Franc de Ferrière le Lundi 26 Mars 2018 à 17:46 | Lu 621 fois






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