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Moorea: un randonneur sauvé grâce à la détermination et au courage de ses amis



PAPEETE, le 28 mars 2018 - Organisateur de la X-Terra, Jean-Michel Monot raconte sur la page Facebook de l’événement sportif la nuit peu ordinaire d’un trio de sauveteurs, à Moorea. Avec René, un infirmier, le pompier Louis et Ness la chienne malinoise, ils ont sauvé un homme.

Lundi 26 mars, en soirée, vers 20h15, Jean-Michel Monot reçoit l’appel d’une amie. Laquelle s’inquiète car son mari, Yves, n’est pas revenu d’une randonnée démarrée sept heures plus tôt. "En 15 minutes une team est constituée." Jean-Michel Monot et l’infirmier René se rendent rapidement au départ du sentier qu’Yves a emprunté. Le départ de cette randonnée se trouve à Moorea, face à la résidence Sunset Beach. Les pompiers sont déjà sur place, ils cherchent le randonneur depuis la fin de l'après-midi. Sans succès. "Accompagnés de la chienne malinoise Ness et du pompier Louis, on a attaqué la crête."

Une crête impressionnante et du vent en continu

Il est plus de 21 heures. Au bout d'une demi-heure, le trio croise deux pompiers qui pensent être allés le plus loin possible sur la crête dangereuse du "Uui". Malgré cela, la team décide de continuer au-delà de cette position. La chienne Ness les encourage à aller plus loin. "De nuit, la crête est impressionnante avec des falaises de chaque côté et un vent continu."

Un moment, faute de traces, les trois hommes hésitent à continuer. La crête devient rochers escarpés. Guidés par la chienne, le trio reprend tout de même sa marche, lentement, en criant sans cesse le nom d’Yves. Mais aucune réponse. Vers 22 heures, après quasiment 2 heures de recherche et de marche, alors qu'ils sont tout prêt de la cime, une voix se fait entendre : c’est Yves. Émotions intenses. Mais celui-ci a fait une chute vertigineuse de plus de 15 mètres en contrebas ; il est stabilisé dans cette forte pente sur un arbre frêle qui lui a sauvé jusqu'alors la vie.

Avec beaucoup de difficulté, le trio parvient à le rejoindre. "Le diagnostic est sombre : cheville gauche cassée, cheville droite foulée, plusieurs côtes cassées au niveau du dos... Mais il est bien là, conscient. On prévient immédiatement la famille et les pompiers." Une équipe de sapeurs va arriver avec nacelle et cordes.

Avec ce matériel adapté, il faudra néanmoins deux bonnes heures pour sécuriser Yves et le sortir de la situation très dangereuse où il se trouvait. "Nous voici donc vers minuit et demi sur la crête ventée. En contact avec le "15", une intervention hélico est indispensable : impossible de le transporter sur cette crête escarpée."

Malheureusement, après une dizaine de tentatives, le Dauphin doit regagner la base à cause d'un vent trop violent. "Nous prenons la décision de tous rester sur place. On organise la fin de la nuitée. Les pompiers possèdent un matériel médical adapté et la présence de René, infirmier anesthésiste, permet, d'effectuer les soins nécessaires. Nous ne pouvons espérer qu’un médecin soit déposé."

Yves va mieux, la douleur est calmée, les fractures stabilisées... Mais vers 3 heures du matin, la pluie fait son apparition. "À 500 mètres d'altitude, en plein vent, une tente de fortune est montée pour protéger le patient. Deux pompiers sont redescendus pour reprendre des ravitaillements et du matériel. Vers 4 heures, de l'eau et des sacs plastiques remontent le moral de tout le monde." La sérénité est de mise malgré la situation délicate.

Premières lueur du jour

Vers 5h15, les premières lueurs du jour apparaissent. Encore 45 minutes avant que l'hélicoptère de la Marine ne fasse une nouvelle tentative. "On découvre la beauté du site : une vue splendide sur les Motus d'Haapiti."

À 6h05 le Dauphin est en stationnaire au-dessus de l’équipe. Le "plongeur" est déposé sur zone avec le brancard (planche) adapté. Il faudra une demi-heure de préparation pour transborder Yves de sa coque en position délicate, assurée par des cordes, sur la planche d'hélitreuillage. "Tout le monde est au diapason, aux ordres du plongeur, spécialiste des récupérations périlleuses (même en temps de guerre). L'aboutissement est proche. Chacun vient serrer la main d’Yves."

Il est 6h35 lorsqu'il s'envole dans le ciel pour être embarqué à l'intérieur de l'hélicoptère. Derniers saluts du plongeur qui le rejoint ; les sauveteurs tombent dans les bras, heureux de ce bon dénouement après douze heures sans dormir et de tension permanente. Tandis que la troupe redescend avec sécurité vers le Sunset, Yves est déposé au centre hospitalier du Taaone. "Sa cheville est tellement en mille morceaux que l’intervention n’est pas possible avant une dizaine de jours", indique Jean-Michel Monot.

"Amitié, technicité seront venues à bout de cet événement, finalement devenu simple incident", résume-t-il. Et il conclue : "Merci particulier à Louis et Gigi, pompiers de Moorea. À René et Ness la malinoise ! Avec ce récit, c’est l’idée de solidarité que nous voulons mettre en valeur. Si on peut faire en sorte qu’il y ait moins d’individualité, alors on aura tout gagné." Et que les participants au X-Terra se rassurent. La course ne passe pas dans ce secteur.
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Rédigé par Delphine Barrais le Mercredi 28 Mars 2018 à 15:31 | Lu 6030 fois





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