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Moetai Brotherson discute législatives avec les Insoumis


Tahiti, le 25 avril 2022 – Le député Tavini et candidat à sa réélection, Moetai Brotherson, a rencontré la présidente du groupe des Insoumis à Paris pour discuter des conditions de la constitution d'une union de la gauche aux législatives pour “priver LREM d'une majorité”.
 
Candidat à sa réélection sur la troisième circonscription (Faa'a, Punaauia et les Raromata'i), le député Tavini Moetai Brotherson a rencontré la semaine dernière à Paris la présidente du groupe des Insoumis à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, pour évoquer son éventuelle participation au projet d'union des partis de gauche aux prochaines législatives. “Ça a été annoncé, il y a une discussion des partis de gauche pour les législatives pour essayer d'en faire un “troisième tour” et essayer, si c'est possible, de priver LREM d'une majorité”, explique Moetai Brotherson qui confirme les discussions à l'initiative de la France Insoumise avec les communistes, Europe-Écologie, le NPA et d'autres partis de gauche pour obtenir un accord pour les élections de juin prochain. L'élu, qui siège au sein du groupe de la Gauche démocratique et républicaine (GDR), explique qu'il s'agit pour lui aussi “d'éviter la dispersion des voix et la concurrence des candidatures de gauche”.
 
Moetai Brotherson siégera-t-il avec les Insoumis en cas de réélection ? “Pour l'instant, il est prématuré de présenter les options possibles tant qu'on ne sait pas s'il y aura un accord”, répond le député. Mais avec le score intéressant de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle en Polynésie française, l'intérêt pour le député souverainiste peut aussi être d'afficher dès à présent sa proximité avec les Insoumis pour s'arroger d'autres soutiens au fenua. “J'ai toujours été de gauche, mais je suis avant tout un candidat du Tavini huira'atira et du peuple polynésien. Les notions de droite et de gauche ici, ça n'est pas forcément très clair. Il y a un front de gauche qui essaie de se dessiner en France, si l'accord aboutit, ce que je souhaite, alors je poserai la question à mon parti pour savoir ce qu'on doit faire.” Pour Moetai Brotherson, les deux autres candidats Tavini, Steve Chailloux et Temata'i Le Gayic, sont dans la même situation de proximité idéologique avec les Insoumis. “Ce sont tous les deux des hommes de gauche aussi. Aucun de nous trois n'est incompatible avec La France Insoumise ou les idées qu'ils soutiennent.”
 
Et l'indépendance ?
 
Reste tout de même la question cruciale de l'indépendance et de la cohérence idéologique entre les Insoumis et le Tavini huiraatira. L'expérience de l'accord avec le Parti socialiste, oublié par le parti national dès son accession au pouvoir en 2012, incite le parti local à la prudence. "À titre personnel, j'ai apprécié de passer cinq ans au groupe GDR à l'Assemblée nationale parce que j'y avais toute ma liberté de réflexion, d'expression et de vote. Si demain, je dois faire partie d'un autre groupe de gauche, je ne veux pas le faire en m'enfermant dans une logique partisane. Je veux garder ma liberté et ma perspective particulière d'élu indépendantiste polynésien, ce qui parfois, peut impliquer de ne pas voter comme le reste du groupe.”
 

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun et Antoine Samoyeau le Lundi 25 Avril 2022 à 16:50 | Lu 1575 fois