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Mise en œuvre de l’Accord de Nouméa : le Groupe Mélanésien Fer de Lance se déclare « globalement satisfait »



Signature de l'accord de Noumea le 5 Mai 1998
Signature de l'accord de Noumea le 5 Mai 1998
PORT-VILA, lundi 20 août 2012 (Flash d’Océanie) – Après une mission d’une semaine en Nouvelle-Calédonie, un groupe ministériel du Groupe Mélanésien Fer de Lance (GMFL), s’est déclaré ce week-end « globalement satisfait » des avancées constatées sur le terrain.
Dans un communiqué, ce groupement subrégional a tiré ses sources de satisfaction des preuves, sur le terrain, en matière d’activité économique constatée dans la Province Nord de la Nouvelle-Calédonie, où un processus de « rééquilibrage » voulu par l’Accord de Nouméa s’appuie essentiellement sur la construction, en cours d’une usine de nickel, dans le massif de Koniambo.

En matière de perspectives à venir, et notamment de tenue d’un éventuel référendum d’autodétermination, évoqué par l’Accord au sein d’une fenêtre d’opportunité entre 2014 et 2018, les ministres mélanésiens ont estimé qu’il était nécessaire de mieux informer le public sur ce processus et de mettre en place des « lignes directrices claires » concernant le même processus.
Dans le cadre de cet Accord, un certain nombre de compétences auparavant exercées par l’État français doivent être transférées aux autorités locales.
Toujours en matière de sensibilisation et d’information, les membres de cette mission ministérielle ont aussi estimé, dans leur communiqué final, que « le rôle du Comité des 24 des Nations-Unies (qui est chargé de suivre les évolutions des processus de décolonisation des pays et territoires non souverains figurant sur sa liste, y compris la Nouvelle-Calédonie) n’est pas clairement compris dans certains endroits de la Nouvelle-Calédonie et au sein de certaines institutions ».
« Par conséquent, le GMFL, en consultation avec la Nouvelle-Calédonie, envisagera la possibilité de se rapprocher des Nations-Unies en vue de conduire des visites conjointes dans le but de faire avancer le chapitre identitaire de l’Accord et d’identifier les domaines dans lesquels le GMFL et l’ONU peuvent ensemble contribuer à ce processus », poursuit le communiqué.
Ces recommandations et ces conclusions devraient être présentées dès cette semaine lors d’une réunion spéciale des dirigeants du GMFL, qui doit se tenir le 22 août 2012 à Nadi (Fidji).
La mission ministérielle du GMFL était conduite par Ratu Inoke Kubuabola, ministre fidjien des affaires étrangères, et était par ailleurs composée de M. Alfred Carlot, ministre des affaires étrangères de Vanuatu, de M. Moses Garu, ministre des mines des îles Salomon, de M. Peter Eafeare, Haut-commissaire (ambassadeur) de la Papouasie-Nouvelle-Guinée à Suva (Fidji) et représentant son ministre des affaires étrangères, de M. Patteson Oti, Haut-commissaire (ambassadeur) des îles Salomon à Suva (Fidji) et de M. Peter Forau, Directeur Général au sein du secrétariat du GMFL.
Le secrétariat, basé à Port-Vila, était aussi représenté lors de cette visite.


Au cours de cette même visite en Nouvelle-Calédonie, du 13 au 18 août 2012, les responsables du Groupe Mélanésien Fer de Lance (GMFL) ont aussi signé avec le Congrès de la Nouvelle-Calédonie et son Président Roch Wamytan une convention « de partenariat et de soutien institutionnel » prévoyant une coopération avec, comme premières mesures, la prochaine affectation au siège du GMFL « d’une cadre diplômée kanak au secrétariat du groupe du fer de lance en tant que collaboratrice » , rapporte le Congrès dans un communiqué.
Cet accord permet aussi, selon les mêmes sources, d’ « assurer l’équipement du secrétariat en matériel de traduction et d’interprétariat afin de promouvoir la francophonie au sein des pays de la zone pacifique et d’accompagner le congrès de la Nouvelle-Calédonie dans sa démarche d’une meilleure intégration dans son milieu régional ».


Mise en œuvre de l’Accord de Nouméa : le Groupe Mélanésien Fer de Lance se déclare « globalement satisfait »
Ce groupement (de quatre États mélanésiens -Vanuatu, Fidji, Papouasie-Nouvelle-Guinée, îles Salomon- et du mouvement indépendantiste néo-calédonien FLNKS) avait effectué des missions similaires en Nouvelle-Calédonie au cours des dernières années, la plus récente remontant à 2010.
Cette année, alors que la Présidence du GMFL est toujours assurée par Fidji, c’est le ministre des affaires étrangères de cet archipel, Ratu Inoke Kubuabola, qui dirige le groupe, par ailleurs constitué, entre autres, de membres des gouvernements de Vanuatu, de Papouasie-Nouvelle-Guinée et des îles Salomon.

En début de semaine, les représentants mélanésiens ont notamment rencontré le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et son Président Harold Martin, au siège du gouvernement de Nouméa, les membres du Congrès de la Nouvelle-Calédonie et son Président Roch Wamytan (membre du parti Union Calédonienne, composante du FLNKS), les représentants de l’État français (Haut-commissariat de la République), ainsi que les membres du Sénat coutumier.
Au menu des discussions : l’évaluation de l’avancement de la mise en œuvre de l’Accord de Nouméa, qui trace une feuille de route pour la Nouvelle-Calédonie (avec un référendum d’autodétermination possible entre 2014 et 2018 et un transfert progressif des compétences de l’État aux autorités locales).

Autre point à l’ordre du jour : la tenue, prévue pour 2013, de la prochaine édition du sommet des dirigeants du GMFL.
Concernant ce sommet 2013, dont les modalités restent encore à déterminer, un membre du bureau politique du FLNKS, Yvan Faua (membre d’une des composantes du FLNKS, le RDO -Rassemblement Démocratique Océanien-, laissait échapper mardi à la télévision locale, Nouvelle-Calédonie 1ère, qu’à l’occasion de la tenue de ce sommet à Nouméa, « on va envisager effectivement de pouvoir substituer au FLNKS la Nouvelle-Calédonie au sein de ce mouvement ».
Mais le GMFL, sur cette question, semblait maintenir ses priorités : d’abord et avant toute chose, l’accompagnement de la revendication indigène Kanak et du processus décrit dans l’Accord de Nouméa.
Le groupe de personnalités mélanésiennes, au courant de cette semaine, a aussi effectué des déplacements aux îles Loyauté (Lifou) et au Nord de l’île principale, la Grande Terre, notamment sur les sites d’un chantier de construction, en cours de réalisation d’un projet d’usine de nickel emblématique d’un mouvement de « rééquilibrage » économique qui a préconditionné la signature de l’Accord de Nouméa, en mai 1998, entre groupes politiques favorables et défavorables à l’indépendance et le gouvernement français.

Rencontre particulière avec Fidji

En marge de la mission du GMFL, dédiée à l’évaluation de l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’Accord de Nouméa dans cette collectivité française du Pacifique, Suva se félicitait jeudi des « entretiens sur des questions bilatérales relatives à des domaines de coopération ».
« Il a été convenu que les deux parties examineraient les moyens supplémentaires de renforcer leurs relations économiques et bilatérales », souligne le communiqué gouvernemental.
« Étant donné que la Nouvelle-Calédonie est un voisin et que nous possédons une bonne connectivité en matière commerciale et de transports, les domaines sont nombreux dans lesquels nous pouvons tirer mutuellement bénéfice », a déclaré M. Kubuabola.
Ce dernier déclare aussi avoir profité de cette rencontre avec le Président de l’exécutif néo-calédonien pour évoquer « les progrès concernant la mise en œuvre de la feuille de route et les préparations en vue de la tenue d’élections démocratique à Fidji, en 2014 ».


Un précédent projet de mission en Nouvelle-Calédonie, annoncé par le Groupe Fer de Lance en juin 2012, avait été « reporté ».
Cette mission, dans sa configuration initiale, prévoyait que cette délégation mélanésienne soit conduite par le Contre-amiral Premier ministre fidjien Franck Bainimarama, qui dirige cet archipel depuis son putsch du 5 décembre 2006.
Dans sa configuration définitive, le groupe est toujours placé sous présidence de Fidji (qui assure actuellement la Présidence du GMFL), mais de son chef de la diplomatie, Ratu Inoke Kubuabola.
Officiellement, le Contre-amiral « n’était pas disponible » pour mener la délégation en Nouvelle-Calédonie, affirmait Suva ce week-end.
Le premier projet de visite, sous la houlette du Contre-amiral, avait été annoncé pour fin juin 2012.
Mais la visite avait ensuite été « reportée », Fidji et le siège du GMFL à Port-Vila citant comme principale cause le fait que des « évolutions politiques » étaient entre-temps intervenues dans le paysage néo-calédonien.
Parmi ces évolutions : le fait qu’un ancien Président de gouvernement de Nouvelle-Calédonie et chef de file du parti Calédonie Ensemble, Philippe Gomès, ainsi que Mme Sonia Lagarde, du même parti, ont tous deux été élus députés à l’Assemblée Nationale française à l’issue des législatives de juin 2012.

Dès les premières annonces concernant ce projet de visite du GMFL, en mars 2012 (après le sommet des dirigeants de ce groupement subrégional, à Suva), M. Gomès, s’était positionné en fer de lance d’une opposition locale au fait que le dirigeant fidjien conduise ce groupe mélanésien dans le cadre de cette mission en Nouvelle-Calédonie.
M. Gomès avait alors saisi le ministère français des affaires étrangères.
Lors d’une visite à Paris, début juillet 2012, dans le cadre de leur nouveau mandat électif, les deux nouveaux députés avaient par ailleurs rencontré des responsables du nouveau gouvernement français pour réitérer, entre autres sujets, leur opposition à ce projet de mission GMFL menée par le Contre-amiral fidjien.
M. Gomès avait toutefois souligné que ce n’était pas la mission GMFL en elle-même qui faisait problème, mais le fait qu’elle soit conduite par « quelqu’un qui a conquis le pouvoir par la force des armes en dehors de tout respect des échéances démocratiques ».
M. Gomès, lors de la visite de la mission GMFL en Nouvelle-Calédonie la semaine dernière, avait dans un premier temps déclaré son intention de rencontrer ce groupe.
Mais ce projet de rencontre avait finalement tourné court, l’intéressé évoquant des motifs « logistiques ».
En visite à Paris lui aussi début juillet 2012, Roch Wamytan Président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie et membre du FLNKS, lors d’un passage au Quai d’Orsay (ministère français des affaires étrangères) recevait lui aussi confirmation que la notion d’une mission en Nouvelle-Calédonie du GMFL, si elle était conduite par le Contre-amiral fidjien, ne se situait pas dans le domaine de l’acceptable.
Le « report » de la mission du GMFL en Nouvelle-Calédonie, annoncé fin juin 2012, avait suscité une visite à Port-Vila (Vanuatu, siège de cette organisation), puis à Suva, de la part de Victor Tutugoro, membre du bureau politique du FLNKS.
Lors de son passage à Suva, M. Tutugoro avait alors reçu des « assurances » de la part du Contre-amiral concernant l’engagement du GMFL sur le dossier de la Nouvelle-Calédonie.

Le sujet s’était aussi invité lors des célébrations de la fête nationale française du 14 juillet 2012, à Suva.
Lors de la réception donnée à cette occasion par l’ambassadeur de France, Gilles Montagnier, ce dernier avait consacré une « parenthèse » dans son discours officiel à un rappel du principe de non-ingérence.
« La France, grâce à ses trois collectivités territoriales, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie Française et Wallis et Futuna est un pays du Pacifique Sud », avait-il alors rappelé.
« À ce sujet, j’ouvre une parenthèse et je dis solennellement ceci. Dans ces trois collectivités existe un débat politique, comme dans toute démocratie. Ce débat est un débat de politique intérieure française et doit être considéré comme tel par nos amis. Si, un jour, ces collectivités devaient revoir leurs relations avec la France, ce serait sur la base d’un vote majoritaire des populations concernées, sur le principe que reconnaissent toutes les démocraties, ‘un homme, une voix’ et non sous la pression de tel ou tel pays ou de tel ou de tel groupe de pays », avait-il ajouté.

pad

Rédigé par PAD le Dimanche 19 Août 2012 à 21:23 | Lu 586 fois




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