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"Mes sacrifices ont payé, je suis fière de moi aujourd’hui"


Tahiti, le 25 juin 2022 – Au lendemain de son sacre, Herenui Tuheiava, notre nouvelle Miss Tahiti, nous a reçus à son domicile de Pirae. L’occasion d’en savoir plus sur cette jeune femme dynamique de 23 ans qui mène de front carrière professionnelle chez Tahiti Tourisme, études en webmarketing et maintenant titre de Miss. Interview.
 
Quelles sont tes premières impressions au lendemain de la soirée d’élection ?
 
"Comme de nombreuses Miss Tahiti avant moi, je ne me rends pas vraiment compte que le titre m’a été décerné. C’est un rêve de petite fille qui se concrétise. Aujourd’hui, la couronne et l’écharpe sont chez moi, les journalistes aussi (rires), mais je n’arrive pas encore à réaliser. Ça va venir progressivement…"
 
Comment as-tu vécu la soirée d’élection ?
 
"J’avais surtout de l’appréhension. Au gala [qui s’est tenu le 4 juin, NDLR], j’étais beaucoup plus stressée car c’était ma première apparition sur scène. Même s’il y avait beaucoup plus de monde à la mairie de Papeete vendredi soir, j’ai essayé de rester confiante tout du long."
 
Le premier passage très attendu, celui en tenue végétale, a été l’occasion de montrer le savoir-faire des créateurs sur le thème du Heiva. Peux-tu me parler de ton costume ?
 
"Il a été réalisé par Maruia Holozet, qui était partie sur un costume bien précis avec des couleurs blanches, rappelant ma couleur de soutien. Mais les more ne sont pas arrivés à temps, du coup, elle a dû réadapter la tenue et on a opté pour une couleur saumon. Ce n’est pas une teinte habituelle du Heiva donc ça apportait une touche de nouveauté. J’ai beaucoup aimé cette tenue, je trouve qu’elle me reflétait du coup, car j’aimerais être cette Tahitienne à la fois ancrée dans sa culture et cette femme moderne qui travaille. Donc pour moi, le résultat était parfait."
 
Point culminant de la soirée, ton tête-à-tête avec Taiamani Teiho, dans l’attente des résultats. Ton état d’esprit à ce moment-là ?
 
"Pour être honnête, j’avais fait le vide dans ma tête. Je me disais qu’il ne fallait pas voir trop loin, même si c’est sûr qu’au fond de mon cœur, j’espérais ce titre, mais je suis restée calme et je me suis dit que dans tous les cas, j’avais déjà gagné."
 
Ta première pensée à l’annonce de ton nom ?
 
"Dès qu’on m’a remis la couronne et l’écharpe, j’ai d’abord pensé à ma famille, à mon père qui s’est donné corps et âme pour cette élection, qui m’a poussée jusqu’au bout, qui a cru en moi… C’est un rêve qui se concrétise grâce à toute une équipe, car je n’étais pas seule dans cette aventure. Ma famille, mes amis, mes collègues, ma chaperonne… Tous m’ont soutenue et m’ont aidée à avoir davantage confiance en moi, à me surpasser. Ils ont été mon pilier et ma force. Sans eux, je ne sais pas si j’aurais réussi à en être là aujourd’hui."
 
Comment t’étais-tu préparée physiquement et mentalement ?
 
"J’avais déjà commencé à me préparer physiquement bien avant que Miss Tahiti ne commence. J’ai changé mon alimentation car je suis très gourmande à la base (rires). Je me suis affinée et raffermie pour me préparer au passage en maillot de bain. Les shootings photos étaient également un bon exercice. Puis l’aventure a commencé avec l’apprentissage des défilés, des poses, des tenues, des codes vestimentaires à respecter… Lors de ma présentation, j’avais insisté sur le fait que je voulais renouer avec ma culture polynésienne. Et tout au long de la préparation, on a eu des ateliers avec les partenaires officiels de Miss Tahiti et j’ai eu l’occasion de participer à une cérémonie de kava, de faire un tifaifai, du 'ori Tahiti… L’une des activités que j’ai préférées a été la confection d’un gel hydratant au Comptoir des mono’i, j’attendais ça impatiemment. Il y avait également une petite nouveauté cette année : Polynésie la 1ère nous suivait pas à pas et nous interviewait.  Ce n’est pas quelque chose dont j’avais l’habitude donc ça a été un gros challenge pour moi."
 
Le grand oral de lundi dernier représentait également un challenge ?
 
"Oui, car il faut savoir que je suis quelqu’un de très stressée. Ce n’est pas forcément un défaut mais plutôt un axe d’amélioration. Donc j’étais stressée par le grand oral, je m’y suis préparée au mieux sur tous les faits d’actualités locale et internationale, notamment sur les questions touristiques, comme je travaille dans ce secteur. Et finalement, on ne m’a posé aucune des questions sur lesquelles je m’étais préparée. Ça a été davantage un échange, le jury avait envie de découvrir ma personnalité… Et quand je suis stressée, je parle beaucoup, alors ils n’ont peut-être pas eu le temps de me poser toutes les questions qu’ils souhaitaient (rires). Mais je pense qu’au final, cela s’est bien passé."
 
Comment vas-tu organiser ton temps, maintenant que tu es Miss Tahiti, notamment avec ton travail ?
 
"Je travaille à temps plein en tant que chargée de communication chez Tahiti Tourisme, j’avais posé des congés pour pouvoir bien me focaliser sur l’élection. Il s’agit de l’aventure d’une vie donc c’était maintenant ou jamais ! Mais c’est vrai que je n’ai pas encore réfléchi à la suite. À la soirée d’after de l’élection [au Meherio, NDLR], un collègue de travail m’a dit : 'bon, lundi, on reprend !'. J’étais tellement prise par l’émotion que j’en avais oublié le travail ! Mais ces sacrifices ont payé, je suis fière de moi aujourd’hui et je vais m’arranger pour concilier les deux. Surtout qu’en plus, je suis en deuxième année de master Webmarketing et je passe bientôt mes examens, donc ça va être un autre gros challenge, de tout gérer de front ! Mais comme je dis toujours, il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions, donc je vais trouver une solution."
 
Et Miss France, tu y penses déjà ?
 
"Bien sûr, car c’est la continuité de Miss Tahiti. Je visualise déjà la scène, qui est grandiose. Il y aura beaucoup plus de spectateurs en face de moi, mais aussi derrière les écrans. Je pense que ça va être un bon stress… En attendant, je vais déjà faire mon premier plateau télé ce soir [samedi dernier, NDLR], c’est la tradition le lendemain de l’élection. Ma chaperonne, Lovaina Chapman, m’a énormément aidée et coachée, notamment sur la prise de parole devant les caméras. Le monde artistique m’a toujours plu, les défilés, les shootings photos, le 'ori Tahiti… Mais les interviews, c’est différent. Elle m’a beaucoup conseillée et je pense que ça marche assez bien, qu’en penses-tu ? (rires)"
 
Miss Tahiti 1989 porte le même nom que toi, Myriam Tuheiava. Est-elle de ta famille ?
 
"Oui, c’est ma tante ! Mais je n’ai pas encore eu le temps de la contacter depuis mon élection, on est bien prises toutes les deux… J’espère qu’on pourra bientôt se voir."
 
Quel message souhaites-tu faire passer en tant que Miss Tahiti ?
 
"Un message de gratitude, tout simplement, pour toute ma petite équipe qui m’a suivie tout au long de cette aventure, mon père qui m’appelait tous les soirs pour savoir comment j’allais, mon chéri, ma famille, ma photographe, ma community manager, tous m’ont poussée à y croire jusqu’au bout, à me surpasser, même dans les moments de faiblesse. J’ai également rencontré des personnes que je ne connaissais pas et qui me disaient croire en moi, ça m’a réchauffé le cœur."
 
Y a-t-il une cause qui te tient à cœur, à laquelle tu aimerais te consacrer pendant ton année de règne ?
 
"Oui, celle de la jeunesse, l’avenir de notre fenua. L’enfance et l’adolescence sont les moments les plus importants de la vie pour se construire et je trouve dommage qu’au sein de certains foyers, il y ait des conflits autour de l’addiction à la drogue ou à l’alcool, de la violence morale ou physique… Il faut essayer de ne pas reproduire ces problèmes qu’on peut voir à la maison. J’aimerais faire quelque chose en ce sens, peut-être travailler avec la Délégation pour la prévention de la délinquance de la jeunesse ou bien le ministère de la Jeunesse pour aider les jeunes en difficulté à trouver leur voie. Peut-être en mettant en place davantage d’activités pour éviter que des bandes se forment en ville tous les mercredis par exemple…"
 
Quelles sont tes activités en dehors du travail, des études et de Miss Tahiti ?
 
"J’aime beaucoup passer du temps avec ma famille et mes amis. On fait des choses assez simples, des repas, des sorties à la mer, des petites randos, des tours de l’île, parfois du bodyboard. On aime profiter de la nature."
 
Quelle est la place de la culture polynésienne dans ta vie ?
 
"En toute honnêteté, je n’ai pas la chance de pratiquer ma langue natale, le tahitien, et c’est quelque chose que je regrette énormément. Je le comprends un peu mais je ne vais pas réussir à former une phrase entière de manière fluide. Si j’ai le temps durant l’année, j’aimerais beaucoup prendre des cours car je pense qu’une Miss Tahiti doit savoir parler sa langue natale. Mais je n’ai pas trop eu le temps jusqu’à maintenant, j’ai enchaîné mes études en école de commerce avec des stages en entreprises, puis un master à la suite duquel j’ai été embauchée à Tahiti Tourisme. Je ne fais jamais de pause ! J’ai heureusement pu participer au Heiva des écoles, j’adore le 'ori Tahiti depuis mon enfance. Mais la seule année où je pouvais participer au grand Heiva, il a été annulé à cause du Covid ! Mais ça aussi, c’est un projet que je veux absolument concrétiser un jour..."
 


Rédigé par Lucie Ceccarelli le Dimanche 26 Juin 2022 à 15:49 | Lu 12331 fois