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Matari'i i ni'a, fête de l'abondance



PAPEETE, le 19 novembre 2014. L'association Haururu célèbre jeudi soir, à partir de 17 heures, Matari'i i ni'a. Chants, danses, 'orero et cérémonie du 'ava sont au programme pour fêter l'entrée dans la saison de l'abondance.




« Matari'i i ni'a, c'est un peu le Nouvel An polynésien »,
résume Yves Doudoute, président de l'association culturelle Haururu. « C'est ce jour-là qu'on règle le calendrier polynésien pour le cycle des lunes notamment. Cela a une importance quasi capitale dans le fonctionnement de la société polynésienne. Comme dans toutes les civilisations primaires, l'organisation sociale, politique et économique était liée au cycle du temps. »

Ce jeudi soir, à partir de 17 heures, le public est invité à célébrer Matari'i i ni'a à l'embouchure de la rivière de la vallée de Papenoo. Des chants, 'orero et danses sont prévus jusqu'à 19 heures. Ce qui va alors se produire vers 19 heures n'arrive qu'une fois par an. Les Pléiades seront alignées avec le soleil couchant et la ligne d'horizon. Ce phénomène se produit tous les 20 novembre (le 21 pour les années bissextiles). Suivant l'éclairage, on pourra le voir plus ou moins bien à l’œil nu. C'est aussi cette nuit-là que les Pléiades restent le plus longtemps dans le ciel.
Ce phénomène astronomique marque le début de la saison d'abondance (tau auhuneraa, saison où apparaissent les fruits de l'arbre à pain).


« On lève les rahui »


Une cérémonie du 'ava est également prévue. « Tous les symboles de la progression vers l'abondance » seront réunis. « A l'époque, on levait les rahui (les interdits, NDLR), tout le monde faisait la paix», explique Yves Doudoute.

Célébrer Matari'i i ni'a c'est aussi se remettre en phase avec la nature. « Il y a une dizaine d'années après des recherches, on a constaté qu'on avait bien un calendrier polynésien mais qu'on faisait tout à l'inverse, il faut qu'on remette tout en place », raconte Yves Doudoute. Le président de l'association cite une anecdote pour montrer la nécessité de se réapproprier les cycles de la nature. « Un jour, j'ai entendu une institutrice parler du solstice d'été et dire qu'on était en été. On était à contre-temps total», regrette-t-il.


Période du 'uru et des bonites


Matari'i i nia marque la fin de matari'i i raro, du rahui, période où les plantes poussent beaucoup moins. Logique, rappelle Yves Doudoute puisqu'il « y a moins d'eau et que la durée d'ensoleillement est moins importante ». « Quand on est dans cette période, il faut intégrer cela », souligne-t-il. Ainsi, les grands repas polynésiens avaient traditionnellement lieu pendant la période d'abondance. Pendant celle-ci, sur terre, l'arbre à pain, alimentation de base à l'époque, produit de nombreux fruits. En mer, c'est la période pour pêcher les bonites.

Matari'i nia se prépare depuis plusieurs jours. Le week-end dernier, c'était Tuhitiraa unu au Fare Hape, dans la vallée de Papenoo : les unu, les planches de bois, qui représentent les animaux protecteurs ont été remis sur les marae. « Avant les 'arioi, qui étaient notamment des spécialistes de l'organisation de toutes ces fêtes, effectuaient un grand nettoyage pour que tout soit propre pour l'arrivée des ancêtres », raconte Yves Doudoute. « Pour Matari'i i ni'a,on invite les ancêtres, les dieux, à venir pendant six mois. »
Un grand repas aura lieu ce jeudi soir, après 19 heures. Tout le public y est convié et est invité à venir avec un plat local.


Lexique

Matari'i : nom de la constellation des Pléiades aux îles de la Société et aux îles Australes.
Mata signifie œil et rii : petit, donc Matarii signifierait les petits yeux.

Cette constellation est connue et utilisée comme marqueur de temps dans tout le Pacifique. Les Polynésiens lui prêtaient des liens secrets avec la vie, le cycle d'abondance et la fertilité.


Tau 'auhune : L'année polynésienne se divisait en deux principales saisons ou périodes royales (tau ari'i), marquées par deux dates : Matarii i ni'a vers le 20 novembre où commence la saison de l'abondance (tau 'auhune).

Tau o'e : Vers le 20 mai, commence Matari'i i raro, avec la disparition des Pléiades et le début de la saison de la disette (tau o'e). Le passage d'une période à une autre était un moment clef de la vie ancienne et était marqué par d'importants rites et rituels

Rédigé par Mélanie Thomas le Mercredi 19 Novembre 2014 à 15:55 | Lu 1416 fois







1.Posté par SM le 20/11/2014 19:24 | Alerter
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« Un jour, j'ai entendu une institutrice parler du solstice d'été et dire qu'on était en été. On était à contre-temps total».
Pourquoi était-on à contre-temps? La notion d'été austral est aussi une notion astronomique. L'été austral débute le 21 Décembre, lorsque le soleil passe au zénith (à la verticale) du tropique Sud (Capricorne), il termine sa descente apparente vers le sud et commence sa remontée apparente vers le Nord. C'est le jour du solstice d'été austral.
L'été austral se termine le 21 Mars, lorsque le soleil passe au zénith de l'équateur (équinoxe), il continue ensuite sa course apparente vers le Nord et nous entrons dans l'automne austral. Etc... Je ne vois pas en quoi cette institutrice faisait erreur puisqu'elle s'appuyait sur des données astronomiques reconnues internationalement.
SM

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