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Mahina met en place la première aire marine éducative de Tahiti



Répartition des coraux vivants et des coraux morts sur le lagon de Mahina (issue de l'étude Progem/Ifrecor).  L'aire marine protégée, de 50 hectares se trouve sur la partie droite du lagon.
Répartition des coraux vivants et des coraux morts sur le lagon de Mahina (issue de l'étude Progem/Ifrecor). L'aire marine protégée, de 50 hectares se trouve sur la partie droite du lagon.
MAHINA, le 14 avril 2015. Hotu Ora, le projet d'aire marine de la commune de Mahina arrive petit à petit à son accomplissement. Un arrêté ministériel interdit, dans une zone de 50 hectares, la pêche de toutes espèces sur la partie droite du récif de la Pointe Vénus. Il s'agit avant tout d'une démarche pédagogique.
Dès la fin 2012, un projet de classement du lagon de la Pointe Vénus était envisagé par la municipalité de Mahina. Près de trois ans plus tard, le premier acte réglementaire vient d'être publié, ce début avril au journal officiel du Pays : cet arrêté ministériel pose les limites d'une zone de pêche réglementée (ZPR) sur la moitié droite du lagon de Mahina (*). Cette zone nommée Hotu Ora (les ressources vivantes) est désormais interdite à "toute pêche, de toute espèce". Toutefois la matérialisation de cette ZPR par des bouées de couleur jaune n'est pas encore effective.

Si la pêche est complètement interdite sur la moitié droite du lagon de Mahina (sauf la pêche à la ligne depuis le rivage, à partir du quai), elle reste autorisée à gauche. A terme la comparaison des deux zones, l'une protégée, l'autre pas, permettra de jauger de l'intérêt de cette ZPR sur l'état des ressources. "Il y a eu plusieurs réunions avec les pêcheurs de la commune. La volonté de créer cette aire marine protégée à vocation éducative est née d'un besoin de protéger le récif. On s'est aperçu aussi qu'il y avait un problème de surpêche avec du poisson de moins en moins nombreux et de plus en plus petit" indique Bran Quinquis, 4e adjoint au maire en charge de l'environnement.

Les réunions d'explication en direction des pêcheurs entre 2013 et 2014 ont rassemblé parfois plusieurs dizaines de personnes. "On a beaucoup discuté, surtout après la publication de l'état des lieux du récif réalisé par un cabinet spécialisé. Le constat effectué a montré qu'il y avait bien des raisons de s'inquiéter de la santé du lagon" poursuit Bran Quinquis (voir en encadré ci-dessous). Même si des pêcheurs ont manifesté leur désapprobation à cette interdiction de pêche, l'adjoint en charge de l'environnement à Mahina compte beaucoup sur le suivi scientifique pour leur démontrer, qu'au final, ils y gagnent. "Avec une moitié de lagon protégée les poissons vont pouvoir de nouveau se reproduire. Leur présence renforcée sur la partie droite du lagon aura forcément un impact positif sur la partie gauche où la pêche reste autorisée". Les premiers résultats de ce suivi scientifique seront livrés dans trois ans.

D'ici là, il faudra que la nouvelle réglementation s'applique réellement. Dans un premier temps, la municipalité de Mahina veillera surtout à informer et rappeler les règles pour que ces interdictions entrent dans les mœurs. La municipalité n'a pas les moyens de dresser en direct les éventuels procès verbaux mais une surveillance depuis la terre sera mise en place.

(*) Les limites de la ZPR de Mahina sont celles-ci : point A : 235602 E / 8063830 S ; point B : 235255 E / 8063987 S ; point C : 235153 E / 8064611 S ; point D : 235980 E / 8064322 S. La zone de 50 hectares protège le lagon de la Pointe Vénus, au droit de la route qui y mène.

Hotu Ora deviendra une aire marine éducative

D'abord la ZPR (zone de pêche réglementée) puis l'AME (aire marine éducative). A Mahina, cette zone lagonaire protégée va devenir la première aire marine éducative de Tahiti. Sur la principale île de Polynésie française, il n'existait jusqu'à présent pas réellement de zone protégée, sauf à la Presqu'île où une zone de Rahui (avec protection des ressources halieutiques) a été installée en avril 2014 à Taiarapu Ouest, au Fenua Aihere sur plus de 700 hectares.
Mais pour créer l'AME, il faut d'abord mettre en place, d'ici quelques mois, le comité de gestion d'Hotu Ora avec la participation des écoles, des élus, des responsables de la société civile et des pêcheurs.

Le principe de ces AME est que ce sont les enfants, via leurs écoles, qui deviennent responsables de leur propre aire marine protégée. A Mahina, le petit motu Ana-Ana, situé à 200 mètres des côtes serait affecté aux écoles pour des classes découvertes. Les projets pédagogiques intègreront non seulement des actions sur l'écosystème mais également sur la culture polynésienne. Aux Marquises, où ce label d'aire marine éducative est né en 2013 sur l'île de Tahuata, avec l'école primaire de Vaitahu, pas moins de six AME sont en création.

Une interdiction de pêche qui rapporte aux pêcheurs

Une étude réalisée en 2013 sur l'état des récifs coralliens par le cabinet Progem montrait que "les résultats laissent apparaître une zone relativement dégradée et un faible taux d'habitabilité". Le rapport recommandait une orientation vers une ZPR (zone de pêche réglementée). Avec des résultats positifs attendus pour les pêcheurs eux-mêmes : "l’intérêt des Aires Marines Protégées ou Zone de Pêche Réglementée se situe principalement aux bordures de la zone classée. Dans ce périmètre, ouvert à la pêche, la biomasse des poissons augmente significativement. Des modélisations de l’IRD (Institut de recherche et développement) ont montré un phénomène de migration des poissons qui représente environ 20 % de la biomasse de la zone réglementée, les aires marines protégées ont un impact positif en termes d’activités de pêche et de rendements".

Rédigé par Mireille Loubet le Mardi 14 Avril 2015 à 16:24 | Lu 1908 fois







1.Posté par Lyna le 15/04/2015 09:11 | Alerter
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Bravo Mahina. Exemple à suivre. Et pourquoi pas une continuité avec des zones protégées aussi à Arue et Pirae pour créer des aires marines éducatives ? Les enfants de ces communes vivent en zone urbaine, dans les vallées ou à flanc de coteaux. Ils ne connaissent pas, pour la plupart, la mer, le lagon, les espèces qui y vivent, les liens entre mer, terre et rivières. Pour leur avenir ils doivent avoir conscience de leur environnement de façon globale : si on jette des déchets, de l'eau polluée dans les rivières ou dans la terre, c'est la mer qui reçoit tout finalement. : allez les tavana et les conseils municipaux... vous aurez les fruits à la génération suivante, celle de vos enfants, mootua et hina

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